Saviez-vous qu’un proche aidant peut bénéficier d’allocations et de congés rémunérés ? Être aidant familial, c’est s’occuper à temps plein ou à temps partiel d’un proche qui ne peut pas s’occuper de lui-même : un enfant handicapé ou un parent en perte d’autonomie par exemple. En France, 8 à 11 millions de proches aidants(1) soutiennent un proche (parent, enfant ou conjoint) en situation de handicap ou en perte d'autonomie. C'est pour reconnaitre le rôle majeur des aidants familiaux, que le Ministre des Solidarités et de la Santé a décidé d’attribuer automatiquement des droits à la retraite aux personnes qui posent un congé de proche aidant(2).
- Congé de proche aidant familial : en quoi consiste cette aide ?
- Quelle est la durée du congé de proche aidant ?
- A quelle rémunération donne droit le congé de proche aidant ?
- Impacts sur la retraite : quel est le rôle de l'Assurance Vieillesse des Aidants (AVA) ?
- Qui peut faire une demande de congé de proche aidant ?
- Allocation journalière du proche aidant (AJPA) : les conditions liées à la personne aidée
- Quel est le montant de l’allocation journalière du proche aidant (AJPA) ?
- Existe-t-il un congé spécifique "fin de vie" ?
- En bref : le congé de proche aidant en 6 questions/réponses
Congé de proche aidant familial : en quoi consiste cette aide ?
Le congé de proche aidant (CPA) a été créé le 1er janvier 2017. Il venait remplacer le congé de soutien familial en élargissant son champ d'application. Là où le congé de soutien familial permettait à l'aidant de s'occuper seulement d'un membre de sa famille, le congé de proche aidant étend cette possibilité d'aide à toute personne handicapée ou âgée "avec laquelle il réside ou entretient des liens étroits et stables et à laquelle il vient en aide de manière régulière et fréquente à titre non professionnel pour accomplir tout ou partie des actes ou des activités de la vie quotidienne"(3).
Dans sa version initiale, le congé de proche aidant n'était pas rémunéré. Puis, évolution notable,
depuis le 1er octobre 2020, il est possible de poser un congé rémunéré, ou plus exactement "indemnisé", pour s’occuper d’un proche qui présente un handicap ou une perte d’autonomie d’une gravité particulière sans impacter sa retraite,.
Il s'agit d'une interruption temporaire de l'activité professionnelle sans rupture du contrat de travail.
Ce congé concerne tous les salariés du secteur privé, les agents du secteur public, les indépendants ainsi que les demandeurs d’emploi.
Quelle est la durée du congé de proche aidant ?
La durée maximale du congé est de 3 mois, renouvelable sans pouvoir toutefois excéder 1 an sur l’ensemble de la carrière professionnelle, à défaut d'accord collectif d'entreprise ou d'accord de branche étendu plus favorables.
Le congé de proche aidant peut être pris en continu, de manière fractionnée ou en période d’activité à temps partiel.
A quelle rémunération donne droit le congé de proche aidant ?
A proprement parler, ce congé ne donne pas droit à une rémunération (laquelle serait payée de l'employeur) mais à une indemnisation.
Pendant 66 jours maximum (soit 3 mois sur la totalité de la carrière professionnelle), l'aidant perçoit l’allocation journalière du proche aidant (AJPA). Il a droit à un maximum de 22 jours d’AJPA par mois. L’indemnité peut être versée à la demi-journée, sauf pour les demandeurs d’emploi.
A noter que depuis le 1er janvier 2025, sur l’ensemble de la carrière, l'aidant peut accompagner jusqu'à 4 proches. Il pourra ainsi percevoir l'AJPA dans la limite de 264 jours d’accompagnement de proches (soit 66 jours x 4 proches aidés).
Impacts sur la retraite : quel est le rôle de l'Assurance Vieillesse des Aidants (AVA) ?
Depuis la réforme des retraites entrée en vigueur le 1er septembre 2023, les personnes ayant posé un congé de proche aidant sont affiliées automatiquement à l’Assurance vieillesse des Aidants (AVA), si l’aidant bénéficie de l’allocation journalière de proche aidant (AJPA) ou de l’allocation journalière de présence parentale (AJPP).
Dans le cas contraire, l'affiliation n'est pas automatique : les aidants doivent remplir un formulaire d’affiliation et l’envoyer à la Caisse d’allocations familiales (CAF) ou à la Mutuelle Sociale Agricole (MSA), ceci s'ajoutant à une attestation de l'employeur qui précisait les dates de congés.
La validation de trimestres retraite par la CAF pour l'aidant familial
Les périodes durant lesquelles l'aidant à accompagné un proche handicapé ou dépendant lui permettent de valider des trimestres de retraite de base. La Caisse d'Allocations Familiales (CAF) ou la Mutualité Sociale Agricole (MSA) versent directement les cotisations à sa caisse de retraite, Il est possible d'acquérir jusqu'à 4 trimestres par année d'aidance. Les trimestres ainsi validés mais non cotisés entrent ainsi dans la catégorie des trimestres dits "assimilés" (dont font également partie les trimestres validés au titre du chômage indemnisé, des congés maternité, des congés maladie, ou encore du service militaire).
A noter que ces trimestres validés comptent dans le calcul des droits à la retraite anticipée pour carrière longue.
Enfin, concernant la retraite complémentaire, les régimes Agirc-Arrco n’attribuent pas de points durant le congé de proche aidant.
Le taux plein automatique dès 65 ans au lieu de 67 ans
Le bénéficiaire de l'AVA peut obtenir une retraite au taux plein automatique à 65 ans au lieu des 67 ans normalement requis, même s'il n'a pas réuni le nombre de trimestres exigé et ce, sous certaines conditions, par exemple :
- en tant qu'aidant d’une personne handicapée, avoir interrompu son activité professionnelle pendant au moins 30 mois consécutifs, sans être employé par cette personne. Cette dernière doit avoir perçu les aides humaines de la PCH (Prestation de compensation du handicap) ou l’allocation compensatrice pour tierce personne (ACTP) ;
- en tant que parent aidant, être bénéficiaire d’un trimestre de majoration d’assurance pour son enfant handicapé au titre de ses soins, ou bien avoir apporté une aide effective à son enfant bénéficiaire des aides humaines de la PCH en tant que salarié ou aidant familial sur 30 mois consécutifs.
Ces dispositions protègent les personnes ayant réduit leur temps de travail pour aider un proche.
Qui peut faire une demande de congé de proche aidant ?
Conditions liées à la situation personnelle de l'aidant
Le proche aidant doit être :
- sans activité professionnelle,
- ou bien à temps partiel avec des revenus inférieurs à 63% du plafond de la sécurité sociale pour les aidants d'adultes en perte d'autonomie.
Les aidants peuvent cumuler l'AVA avec une activité professionnelle à temps partiel, à condition que leurs revenus ne dépassent pas 63 % du plafond de sécurité sociale.
Congé proche aidant et catégories professionnelles : secteur privé, fonction publique...
Le congé de proche aidant est accessible dans les mêmes conditions aux travailleurs de toutes les catégories professionnelles qui aident un proche en situation de handicap ou un proche âgé en perte d'autonomie : salariés du secteur privé, fonctionnaires et agents contractuels de la fonction publique, travailleurs indépendants, demandeurs d'emploi indemnisés.
Allocation journalière du proche aidant (AJPA) : les conditions liées à la personne aidée
Afin que l’aidant puisse bénéficier de l’allocation journalière du proche aidant (AJPA), la personne en situation de handicap ou en perte d’autonomie d’une particulière gravité, doit résider en France. Cette personne accompagnée doit avoir un lien de parenté avec son proche aidant (conjoint, ascendant, descendant, collatéral jusqu’au 4e degré, etc.) ou résider avec lui ou entretenir avec lui des liens étroits et stables.
Le formulaire de demande de l'AJPA (formulaire Cerfa 16108*01) est disponible sur les sites de la CAF et de la MSA.
Quel est le montant de l’allocation journalière du proche aidant (AJPA) ?
L’allocation journalière du proche aidant est versée par la caisse d’allocation familiale (Caf) ou la mutualité sociale agricole (MSA). Le montant de l'AJPA est de 66,64 € au 1er janvier 2026. L’AJPA peut être versée pour des demi-journées de réduction d’activité professionnelle et son montant est alors de 33,32 € par demi-journée.
Existe-t-il un congé spécifique "fin de vie" ?
Il s'agit effectivement du congé de solidarité familiale, un dispositif assez proche du congé de proche aidant dans sa philosophie générale (permettre à une personne d'interrompre son activité professionnelle pour aider un proche) et qui est un congé spécifique pour accompagner un proche en fin de vie. L'état de santé du proche aidé doit correspondre à la phase avancée ou terminale d'une affection grave et incurable. Ce proche peut être un membre de la famille ou non (par exemple, une personne partageant le domicile de l'aidant ou ayant désigné l'aidant comme personne de confiance).
Ce congé n'est pas rémunéré. Il peut donner droit, sous conditions, à une indemnisation : l'allocation journalière d'accompagnement d'une personne en fin de vie (AJAP).
En bref : le congé de proche aidant en 6 questions/réponses
Retrouvez ci-dessous 6 questions/réponses autour du congé proche aidant.
Pour un salarié, en informant son employeur par lettre recommandée AR de sa volonté de suspendre son contrat de travail pour bénéficier du congé de proche aidant et ce, au moins 1 mois avant le début du congé.
Pour un travailleur indépendant, en déclarant à l’organisme débiteur des prestations familiales le nombre de journées ou de demi-journées prises au cours du mois considéré.
Pour un demandeur d’emploi, en informant Pôle emploi du nombre de jours pris pour apporter une aide régulière à son proche handicapé ou dépendant au cours du mois considéré.
Les fonctionnaires et agents contractuels des fonctions publiques d'Etat, territoriale ou hospitalière, doivent adresser à leur administration employeur une demande écrite, au moins 1 mois avant le début du congé, indiquant les dates prévisionnelles de congé et le mode d'utilisation (continue, fractionnée ou sous forme de temps partiel).
Ce congé n'est pas "rémunéré" au sens où il le serait payé par l'employeur mais il est indemnisé, via la CAF ou la MSA, par l'allocation journalière du proche aidant (AJPA) dont le montant est au 1er janvier 2026 de 66,64 € par jour ou de 33,32 € par demi-journée.
La personne demandant à bénéficier d'un congé de proche aidant doit fournir les documents suivants :
- Déclaration sur l'honneur de l'existence du lien entre aidant et aidé.
- Attestation sur l'honneur précisant que l'aidant n'a pas eu précédemment recours, au long de sa carrière, à un congé de proche aidant ou bien précisant la durée pendant laquelle il en a bénéficié ;
- Copie de la décision d'attribution de l’APA (allocation personnalisée d'autonomie) au proche âgé ;
- Copie de la décision justifiant d'un taux d'incapacité permanente au moins égal à 80 % (si la personne aidée est un adulte handicapé) ;
- Copies des décisions d’attribution des diverses prestations dont bénéficie la personne aidée.
Le GIR (Groupe Iso-Ressources) concerne l'état de santé de la personne aidée. L'obtention du congé de proche aidant est donc conditionnée par le versement de l'APA à la personne aidée. L'APA est elle même conditionnée par le degré de perte d'autonomie mesuré par la grille Aggir qui comporte 6 niveaux. Du GIR 1 au GIR 4, la personne âgée peut obtenir l’APA. Le GIR 4 correspond au niveau de perte d'autonomie le plus faible de la grille ; la personne requiert une aide ponctuelle pour certaines activités de la vie quotidienne.
À la fin de son congé de proche aidant, le salarié retrouve son emploi ou un emploi similaire. Sa rémunération ne peut être inférieure à ce qu'elle était avant son congé. Il peut bénéficier d'un entretien professionnel avec son employeur.
Sources :
(1) Ministère du Travail et des Solidarités 22/08/2025.
(2) Décret n° 2020-1208 du 1er octobre 2020 publié au JO (Journal Officiel) le 2 octobre 2020.
(3) Code du travail art. L 3142-22 modifié.