1 - Une diminution de vos revenus plus importante que prévue
L’un des principaux risques à anticiper dans le cadre d’une retraite progressive est une diminution de vos revenus plus importante que prévue. Il est en effet important d’avoir en tête que, souvent, la fraction de pension de retraite versée ne compense pas la totalité de la diminution de revenu liée à un passage à temps partiel.
Selon votre niveau de rémunération, vos primes ou encore le montant de votre future pension de retraite, la perte de revenus peut être plus importante que vous ne l'imaginez.
Avant toute demande, il est recommandé de réaliser une simulation afin d'évaluer précisément votre éventuel revenu mensuel.
2 - Une pension provisoire bloquée pendant une année
Le montant de la pension de retraite progressive qui vous est versée reste constant pendant un an, et ce, même si vous diminuez encore votre temps de travail. Cette réduction ne sera pas prise en compte immédiatement dans le calcul de votre pension de retraite, mais seulement à partir du premier jour du mois suivant la fin de la période d'un an.
3 - Le risque de ne pas valider vos trimestres retraite
Comme tout passage à temps partiel, la réduction de votre temps de travail dans le cadre d’une retraite progressive peut avoir un impact important sur votre future retraite. En effet, pour valider un trimestre au régime de retraite de base en 2026, il faut avoir perçu 150 fois le montant horaire brut du SMIC (12,02 € / h en 2026), équivalent à 1 803 € brut mensuel. Si votre temps partiel ne vous permet pas d’atteindre ce montant, vous ne validerez pas vos 4 trimestres annuels pour votre retraite.
Au-delà de la durée d'assurance, un autre impact concerne le calcul de votre retraite de base. Le salaire annuel moyen étant calculé sur les 25 meilleures années de votre carrière, si vos années à temps partiel figurent parmi celles-ci, elles peuvent abaisser la moyenne de vos revenus annuels et donc réduire le montant final de votre pension du régime de base. Cette diminution du salaire de référence s'ajoute à la perte immédiate de revenus liée au passage à temps partiel.
4 – Une diminution de vos droits à la retraite complémentaire
En exerçant une activité professionnelle à temps partiel, vous cotisez moins. Et cette diminution des cotisations peut avoir pour conséquence une acquisition moins importante de points auprès de votre régime de retraite complémentaire, par exemple l’Agirc-Arrco pour les salariés du secteur du privé.
Ainsi, même si vos droits à la retraite de base continuent d'évoluer, il est important d’évaluer également l'impact sur votre retraite complémentaire.
5 – Les heures complémentaires limitées
La limitation des heures complémentaires est également l’un des éléments à prendre à compte.
Les heures complémentaires correspondent au temps de travail effectué par un salarié à temps partiel au-delà de la durée fixée par son contrat. Les heures supplémentaires elles, correspondent aux heures travaillées au-delà de la durée légale hebdomadaire (35 heures ou une durée assimilée).
Dans le cas de la retraite progressive, le nombre d'heures complémentaires autorisées est limité à 10 % du temps de travail. Par exemple, si votre contrat prévoit 20 heures hebdomadaires, vous ne pourrez pas travailler plus de deux heures par semaine en sus. Votre convention collective peut toutefois porter cette limite jusqu'à un tiers de votre durée de travail contractuelle.
Si vous souhaitez augmenter temporairement votre activité pour améliorer vos revenus, cette limitation peut donc devenir contraignante.
6 – La surcotisation dépend de votre employeur
Dans le cadre d’une retraite progressive, il est parfois possible, sous certaines conditions, de continuer à cotiser comme si vous travailliez à temps plein. Une surcotisation qui permet de préserver davantage vos droits à la retraite mais qui n’est, toutefois, pas automatique.
Elle nécessite en effet un accord écrit de votre employeur, qui reste libre d'accepter ou non cette demande.
7 – Le passage à temps partiel peut être refusé
Si votre employeur considère que votre passage à temps partiel est incompatible avec les besoins de l’entreprise, il a la possibilité de vous le refuser, même dans le cadre du dispositif de retraite progressive. Il est conseillé d’échanger en amont avec son employeur afin d’anticiper l’organisation de sa fin de carrière.