Le montant de votre pension sera bloqué durant la première année
Un des pièges de la retraite progressive est que le montant de votre pension reste constant pendant un an à compter du moment où vous entrez en retraite progressive, même si vous déclarez une réduction de vos heures de travail à la caisse de retraite dont vous dépendez (CARSAT).
Cette réglementation vous sera donc défavorable si vous réduisez votre temps de travail durant la première année, car vos caisses de retraite ne prendront pas en compte cette nouvelle baisse de salaire. En effet, le changement ne sera pris en compte qu'à partir du premier jour du mois suivant la fin de la période d'un an.
Le risque de ne pas valider quatre trimestres par année
Les pièges de la retraite progressive sont nombreux. Le risque de ne pas valider 4 trimestres par an en est un. De plus, la retraite progressive entraîne une cotisation moindre pour la retraite complémentaire.
Pour valider un trimestre au régime de retraite de base en 2026, il faut avoir perçu 150 fois le montant horaire brut du SMIC (12,02 € / h), équivalent à 1 803 € mensuel. Il est donc primordial de surveiller attentivement votre salaire pendant votre activité professionnelle réduite afin de garantir la validation des 4 trimestres annuels.
Par exemple, considérons une situation où vous êtes rémunéré au SMIC et que vous travaillez à 40 % de votre temps, soit 14 heures par semaine. Votre salaire mensuel brut s'élève alors à 673,12 €. Multiplié par trois, ce montant représente 2 019,36 €, dépassant ainsi le seuil des 1 803 € requis pour valider un trimestre.
Cependant, il est important de noter qu'une baisse de rémunération peut survenir pendant l'année, laissant votre salaire mensuel inférieur à 1 803 €. Les congés sans solde peuvent notamment faire baisser votre rémunération. Dans ces circonstances, il est possible que vous ne validiez pas quatre trimestres par année, contrairement à un salarié à temps plein.
Les heures complémentaires sont limitées
La limitation des heures complémentaires est l'un des pièges de la retraite progressive à connaître. Les heures complémentaires correspondent à du temps de travail effectué par un salarié à temps partiel au-delà de la durée normale fixée par son contrat, la retraite progressive entraîne une cotisation moindre pour la retraite complémentaire.[1] À l'inverse, une heure supplémentaire correspond à toute heure travaillée au-delà de la durée légale hebdomadaire, soit au-delà de 35 heures ou d'une durée assimilée.
Dans le cas de la retraite progressive, le nombre d'heures complémentaires autorisées est limité à 10 % du temps de travail. Par exemple, si votre contrat prévoit 20 heures hebdomadaires, vous ne pourrez pas travailler plus de deux heures par semaine en sus.
Cette restriction pourrait impacter négativement votre pouvoir d'achat. Imaginez que vous vouliez acheter une voiture dans six mois et que vous souhaitiez économiser davantage en travaillant plus d'heures par semaine. Cette règle limitant le nombre d'heures complémentaires vous sera alors défavorable.
Une possible diminution des revenus
Un des pièges les plus importants de la retraite progressive est financier. Il est important de prendre conscience que, bien souvent, la fraction de pension qui est versée dans le cas d'une telle transition ne couvre pas entièrement la baisse de revenus causée par le passage à un travail à temps partiel.
Pour aborder sereinement votre transition vers la retraite progressive sur le plan financier, il existe des solutions d'épargne pouvant compenser la baisse de revenus. C'est le cas par exemple du PER (Plan d'Épargne Retraite).
Avant de vous engager dans une démarche de retraite progressive, il est primordial d'évaluer votre situation financière. Il est recommandé de rencontrer un conseiller financier pour discuter de votre épargne-retraite, de vos investissements et de toutes autres sources potentielles de revenus.
La surcotisation est uniquement possible avec l'accord de l'employeur
La nécessité d'un accord écrit de votre employeur pour surcotiser est l'un des derniers pièges de la retraite progressive. Votre employeur peut vous autoriser par écrit à cotiser à hauteur d'un temps plein, même si vous travaillez à temps partiel. Cette mesure vous permettra d'obtenir une pension de retraite comme si vous aviez travaillé à temps plein jusqu'à votre retraite définitive.
Vous pouvez surcotiser aussi bien dans le régime de base que dans le régime complémentaire Agirc-Arrco. Toutefois, obtenir un tel accord pour le régime de base ne garantit pas automatiquement un accord semblable pour le régime complémentaire. À noter que l'inverse n'est pas possible : il n'est pas envisageable de surcotiser exclusivement dans le régime Agirc-Arrco.
Le problème est que votre employeur n'est pas obligé d'accepter votre demande. En effet, cela entraîne une augmentation de ses cotisations patronales.