En France, le burn-out, ou « syndrome d’épuisement professionnel », touche de nombreux travailleurs avec, parfois, des conséquences importantes sur leur santé. Il peut aussi avoir un impact sur leurs revenus, que ce soit à court ou moyen terme, ou bien à plus long terme, au moment de la retraite.
- Qu’est-ce qu’un burn-out ? Qui est concerné ?
- Le burn-out peut-il être un motif d’arrêt maladie ?
- Quels sont vos droits en cas d'arrêt de travail pour burn-out ?
- Comment se passe le retour au travail en cas de burn-out ? Quel est le rôle du médecin du travail ?
- Quelles sont les conséquences d’un arrêt pour burn-out pour votre retraite ?
- Questions fréquentes
A retenir :
- Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS)(1), le burn-out, ou syndrome d’épuisement professionnel, se caractérise, notamment, par un sentiment de fatigue intense, de perte de contrôle et d’incapacité à aboutir à des résultats concrets au travail. Il recouvre cependant une grande diversité de situations et est, par conséquent, difficile à définir avec précision.
- En France, 22 % des actifs, soit 6 millions de travailleurs, sont en mauvaise santé mentale (2) et, selon un sondage OpinionWay paru en mai 2025, un salarié sur dix, serait en burn-out sévère (3).
- La prise en charge d’un burn-out peut engendrer un arrêt de travail. Celui-ci peut entraîner des conséquences sur la carrière professionnelle, mais également financières à moyen et long terme, notamment au moment de la retraite.
Qu’est-ce qu’un burn-out ? Qui est concerné ?
La Haute Autorité de Santé (HAS)(4), sur son site, reprend la définition de "Schaufeli WB and Greenglass ER"(5) et indique ainsi que "le burn-out se traduit par un épuisement physique, émotionnel et mental qui résulte d’un investissement prolongé dans des situations de travail exigeantes sur le plan émotionnel". Quant à l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS)(6), il décrit le syndrome d’épuisement professionnel comme un ensemble de réactions consécutives à des situations de stress professionnel chronique.
Cependant, comme le note le rapport de la mission de l’Assemblée nationale(6) sur le sujet, l'épuisement professionnel est « un syndrome aux contours mal définis » qui recouvre une grande diversité de situations vécues par les travailleurs.
Combien de personnes sont-elles concernées par le burn-out ?
Faute de définition précise, il est difficile de savoir quel est le nombre de personnes souffrant d’un burn-out en France. En mai 2025, une étude publiée par OpinionWay(3) avançait le chiffre de 1 salarié sur 10 qui serait en burn-out sévère. Mais, ces données sont variables en fonction des sources et de la définition prise en compte.
Une chose est sûre cependant, le syndrome d'épuisement professionnel est une réalité reconnue et vécue par de nombreux travailleurs.
Quels sont les symptômes du burn-out ?
Les symptômes du burn-out peuvent varier d’une personne à l’autre. Ses manifestations peuvent, selon la Haute Autorité de Santé(4), être d'ordres :
- émotionnel : anxiété, tensions musculaires, tristesse, manque d'entrain, irritabilité, hypersensibilité, absence d'émotion...
- cognitif : troubles de la mémoire, de l'attention, difficulté de concentration
- comportemental : repli sur soi, isolement, comportement agressif, diminution de l'empathie, ressentiment et hostilité, comportements addictifs...
- motivationnel : désengagement progressif, perte de motivation et baisse de moral, effritement des valeurs associées au travail, dévalorisation
- physique : asthénie, troubles du sommeil, douleurs musculaires, mal de dos, crampes, céphalées, vertiges, troubles gastro-intestinaux
Le burn-out peut-il être un motif d’arrêt maladie ?
Quel médecin peut prescrire un arrêt maladie pour burn-out ?
Si vous avez un ou plusieurs symptômes d’épuisement professionnel, il est nécessaire de consulter un médecin. Cela peut être votre médecin traitant, un psychiatre mais également le médecin du travail, dont l’une des missions est de faire le diagnostic du lien entre état de santé et travail.
Arrêt maladie, médicament… Quelle prise en charge ?
Dans la plupart des cas, la prise en charge du burn-out passe par un arrêt maladie, délivré par votre médecin traitant ou un psychiatre. Dans certains cas, un traitement médicamenteux est également nécessaire.
La durée de l’arrêt maladie pour burn-out est variable et fixée par le médecin qui l’a prescrit. Celui-ci peut décider d'une prolongation d'arrêt, s'il juge cela nécessaire pour la santé du travailleur.
En cas d’arrêt de travail de plus de trois mois, un rendez-vous avec le médecin du travail, dans le cadre d'une visite de pré-reprise, est obligatoire et peut permettre d’anticiper le retour du salarié.
Le burn-out est-il une maladie professionnelle ?
Aujourd’hui, le burn-out ne fait pas partie des maladies prises en charge au titre des affections professionnelles mais, comme le rappelle le ministère du Travail, « il peut néanmoins faire l’objet d’une reconnaissance en tant que maladie professionnelle lorsqu’il est établi que cette affection est essentiellement et directement causée par le travail habituel de la victime et qu’elle entraîne le décès de celle-ci ou une incapacité permanente » d’un taux supérieur à 25 % (Article L.461-1 du Code de la sécurité sociale).
Cette reconnaissance peut être établie après le passage devant un Comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles (CRRMP).
Quels sont vos droits en cas d'arrêt de travail pour burn-out ?
Est-ce que mon salaire est compensé lors d'un arrêt pour burn-out ?
Ensuite, comme pour n’importe quel arrêt de travail, en tant que salarié du privé, l’arrêt de travail pour burn-out vous donne droit, sous certaines conditions et après un délai de carence de trois jours, à des indemnités journalières versées par la Sécurité sociale et représentant environ 50 % de votre salaire journalier de base (dans la limite d’un plafond légal). Les indemnités de l’Assurance Maladie peuvent vous être versées pendant 360 jours, sur une période de 3 ans. Cette durée est de 3 ans en cas d'ALD (affection de longue durée).
- Vous pouvez également percevoir, sous certaines conditions, des indemnités compensatoires versées par votre employeur et dont la durée de versement varie en fonction de votre ancienneté (7), mais aussi des conventions collectives.
A noter que si, en tant que salarié du privé, votre situation de burn-out est reconnue d’origine professionnelle, aucun délai de carence ne sera appliqué et la Sécurité Sociale vous versera des indemnités journalières majorées, et ce, jusqu’à la fin de votre arrêt de travail(8).
Mon employeur peut-il lancer une procédure de licenciement pendant mon arrêt maladie pour burn-out ?
"Un salarié ne peut pas être licencié parce qu'il est malade. C'est une discrimination liée à l'état de santé", souligne le ministère du Travail.
Votre employeur ne peut donc pas vous licencier pendant votre arrêt de travail pour burn-out, sauf dans certaines conditions spécifiques :
- si votre absence perturbe le fonctionnement de l'entreprise
- en cas de difficultés économiques
- pour motif disciplinaire
- pour inaptitude
Comment se passe le retour au travail en cas de burn-out ? Quel est le rôle du médecin du travail ?
La Haute Autorité de Santé préconise, en cas d’arrêt de travail pour burn-out, que le retour dans l’entreprise soit précédé d’une pré-visite de reprise avec le médecin du travail. Cette pré-visite est d’ailleurs obligatoire pour tous les salariés dont l’arrêt est supérieur à trois mois. Elle permet, toujours selon la HAS, de « préparer » et « d’accompagner » le retour dans un cadre sécurisant et de proposer, si cela est possible et nécessaire, des aménagements de poste par l'employeur, par exemple.
Votre médecin, généraliste ou psychiatre, peut également estimer que la mise en place d’un temps partiel thérapeutique est nécessaire à l’amélioration de votre état de santé.
La Fondation pour la recherche médicale(9), elle, estime qu’en cas de burn-out, il est essentiel de mener, avec l'employeur, « une réflexion globale de l’organisation du travail, du mangement et du collectif » afin d’éviter les rechutes.
- Dans certains cas, une réorientation professionnelle peut être envisager avec, notamment, le suivi d’un bilan de compétence ou d’une formation.
Quelles sont les conséquences d’un arrêt pour burn-out pour votre retraite ?
Quel impact sur la durée d’assurance ?
Si vous dépendez du régime général de la Sécurité sociale, vous ne cotisez pas pour la retraite de base si vous cessez votre activité, que ce soit pour cause de maladie, d'accident du travail ou de maladie professionnelle.
En revanche, vous bénéficiez d'un trimestre retraite tous les 60 jours d'indemnisation par votre Caisse Primaire d'Assurance Maladie (CPAM), dans la limite de 4 trimestres par année civile. Ces trimestres sont reportés automatiquement sur votre relevé de carrière (10).
Quel est impact sur votre taux de retraite ?
Si votre burn-out est reconnu comme étant une maladie professionnelle, vous pouvez bénéficier de conditions plus avantageuses pour le calcul de votre taux de retraite.
Vous êtes en arrêt maladie
Votre arrêt n'a généralement pas d'impact sur votre durée d'assurance (à condition qu’il dure moins d’un an). Vous devez obtenir le même nombre de trimestres pour bénéficier d'une retraite à taux plein que si vous aviez continué à travailler normalement.
Vous obtenez le taux plein, à savoir une retraite à 50 %, si :
- vous avez cumulé assez de trimestres pour avoir le taux plein et vous avez atteint l’âge légal de départ à la retraite (entre 62 et 64 ans selon l’année de naissance)
- ou vous partez à la retraite à 67 ans (âge du taux plein automatique), quel que soit le nombre de trimestres obtenus.
En revanche, si vous partez à la retraite avant 67 ans sans avoir obtenu assez de trimestres pour bénéficier du taux plein, une décote de 0,625 % s'applique sur le taux de 50 % par trimestre manquant, dans la limite totale de 20 trimestres.
Vous êtes en arrêt pour maladie professionnelle
Vous pouvez partir à la retraite avant l'âge légal si vous êtes atteint d'une incapacité permanente consécutive d'une maladie professionnelle, tel qu'un burn-out par exemple. Vous pouvez ainsi bénéficier d’une retraite anticipée :
- deux ans avant l'âge légal de départ à la retraite (sous conditions), soit entre 62 et 64 ans selon votre année de naissance, si votre taux d'incapacité permanente est compris entre 10 et 19 % ;
- à partir de 60 ans si votre taux d'incapacité permanente est au moins égal à 20 % (sous conditions).
Dès lors que votre taux d'incapacité permanente est d’au moins 20 %, vous bénéficiez automatiquement d'une retraite de base anticipée pour pénibilité à taux plein, quel que soit votre nombre de trimestres d'assurance retraite.
Quel impact sur votre pension retraite ?
Au régime général, la retraite de base est calculée sur la base de votre Salaire annuel moyen (SAM). Il correspond à la moyenne de vos salaires bruts cotisés durant les 25 années les plus avantageuses de votre carrière.
Les périodes d’arrêt maladie aux cours desquelles vous avez perçu des indemnités journalières de la Sécurité sociale sont considérées comme des trimestres d’assurance. En revanche, ces indemnités ne sont pas prises en compte pour le calcul de votre revenu annuel moyen : ce sont en effet des trimestres sans salaire qui sont reportés sur votre relevé de carrière. C’est le cas pour un arrêt maladie comme pour un arrêt pour maladie professionnelle.
Les interruptions d’activité pour burn-out peuvent donc réduire le montant de votre pension de retraite de base, tout particulièrement si :
- votre arrêt maladie intervient à la fin de votre carrière car c’est le moment où votre revenu annuel est théoriquement le plus élevé : vous perdez donc une année qui aurait dû compter parmi les 25 meilleures années de votre carrière ;
- vos arrêts ne sont plus indemnisés par la Sécurité sociale ;
- vos arrêts sont répétés dans le temps ;
- vos arrêts sont de longue durée.
Quel impact sur votre retraite complémentaire ?
Si vous êtes salarié du privé, durant votre arrêt maladie, vous ne cotisez pas pour la retraite complémentaire du régime de l'Agirc-Arrco, et ce, que votre burn-out soit reconnu ou non comme une maladie professionnelle.
Malgré tout, vous pouvezbénéficier de points de retraite complémentaire durant vos périodes d'arrêt. Pour cela, trois conditions sont à respecter :
- être affilié à une caisse de retraite complémentaire ;
- avoir une incapacité de travail supérieure à 60 jours consécutifs ;
- bénéficier d'indemnités journalières durant votre arrêt ou d'une autre prestation (rente accident du travail, etc.) ;
- fournir les preuves de cette indemnisation.
Vos points de retraite complémentaire sont calculés sur la base des points cumulés durant l'année qui précède l'arrêt de travail pour burn-out. L’attribution de points prend fin lorsque vous n’êtes plus indemnisé par la Sécurité sociale : elle peut donc durer plus longtemps si vous êtes en arrêt pour maladie professionnelle.
(1) Burn-out an "occupational phenomenon": International Classification of Diseases – Organisation Mondiale de la Santé (OMS), publication du 28 mai 2019.
(2) Baromètre Qualisocial x IPSOS-BVA, Santé mentale & QVCT 2026 « La santé mentale des travailleurs en 2026 : état des lieux et enjeux », 3e édition, Janvier 2026
(3) Sondage OpinionWay pour Inclusiv’Day – publié le 14 mai 2025 – page 7
(4) Repérage et prise en charge cliniques du syndrome d’épuisement professionnel ou burnout – Haute Autorité de Santé (HAS) – publication mise à jour le 1er décembre 2025
(5) Schaufeli WB and Greenglass ER. Introduction to special issue on burnout and health. Psychol Health 2001;16(5):501-10.
(6) Rapport d’information de l’Assemblée nationale , en conclusion des travaux de la mission relative au syndrome d’épuisement professionnel (ou burn-out)
(7) Arrêt maladie : indemnités journalières versées au salarié – Service public
(8) Maladie professionnelle : indemnités journalières pendant l'arrêt de travail – Service public
(9) Burn-out : définition, symptômes, causes et traitements | Fondation pour la Recherche Médicale (FRM)
Questions fréquentes
La durée d'un arrêt de travail dans une situation de burn-out est variable. Elle est définie par le médecin (votre médecin traitant, par exemple) qui vous fera une prescription en fonction de la gravité de votre état de santé. Celui-ci peut également décider d'une prolongation de la période d'arrêt s'il estime que votre état n'est pas compatible avec la reprise d'une activité professionnelle. En cas d’arrêt maladie de plus de trois mois, une visite de pré-reprise avec le médecin du travail est obligatoire et peut permettre d’anticiper votre retour.
Le burn-out, ou syndrome d'épuisement professionnel, n'est pas reconnu comme un accident du travail ou une maladie professionnelle et n'est dont pas pris en charge au titre des affections professionnelles. Cependant, le Code de la Sécurité sociale prévoit qu'une maladie non inscrite puisse être reconnue comme maladie professionnelle, sous certaines conditions précises. Dans le cas du burn-out, cette reconnaissance est notamment établie par un Comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles.