La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 adoptée définitivement le 16 décembre dernier par l’Assemblée nationale, instaure plusieurs modifications en matière de retraites en 2026, mais aussi en 2027. Voici ce qui va changer date par date.
Quels changements au 1er janvier 2026 ?
Revalorisation des retraites de base de 0,9%
Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026 prévoyait, au départ, un gel des retraites de base au 1er janvier, puis une sous-indexation en 2027, 2028 et 2029, afin de dégager des économies en vue de réduire le déficit public. Les députés ont rejeté cette mesure.
Résultat : c’est la formule d’indexation sur l’inflation inscrite dans le Code de la Sécurité sociale qui s’applique. L’Insee ayant prévu une hausse des prix de 0,9 % en 2025, les retraites de base sont revalorisées à ce taux au 1er janvier 2026, afin que les retraités ne perdent pas en pouvoir d’achat.
Un mode de calcul plus favorable de la retraite de base pour les mères
Pour les retraites liquidées à compter du 1er janvier 2026, les pensions de base des femmes ayant un enfant seront calculées sur les 24 meilleures années de rémunération et sur les 23 meilleures années pour les femmes ayant deux enfants et plus. Dans le secteur privé, les retraites de base sont calculées normalement sur les 25 meilleures années de carrière.
Le nouveau mode de calcul des pensions de base des mères de famille devrait améliorer la retraite de la moitié des nouvelles retraitées, d’après les estimations du gouvernement.
Quels changements au 1er juillet 2026 ?
La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a créé un congé parental supplémentaire, qui s’ajoute au congé de maternité et au congé de paternité : le congé de naissance. Instauré pour les enfants nés ou adoptés, à partir du 1er janvier 2026 ainsi que pour ceux nés avant cette date dont la naissance était censée intervenir à compter de cette. Il peut être pris par chacun des deux parents en même temps ou séparément.
Le congé de naissance dure, au choix du parent, un ou deux mois (soit un total possible de 4 mois à partager entre les deux parents). Il devrait être indemnisé à hauteur de 70% du salaire net le premier mois et à 60% le second mois (le décret n’est pas encore paru).
Le congé de naissance peut donner droit à la validation d’un trimestre « assimilé » (attribué sans cotisations), si la période de congé donne lieu à indemnisation journalière (IJ) et atteint le seuil requis pour valider un trimestre (90 jours indemnisés).
Quels changements au 1er septembre 2026 ?
Gel temporaire de l’augmentation de l’âge légal et de la durée de cotisation
Instauré par la réforme des retraites de 2023, l’allongement de l’âge légal (l’âge minimum de départ à la retraite) et de la durée de cotisation (le nombre de trimestres requis pour toucher une retraite sans décote) est mis en pause temporairement à compter du 1er septembre 2026 jusqu’au 1er janvier 2028.
Plus précisément :
- Les personnes nées en 1964 pourront partir à 62 ans et 9 mois et non à 63 ans, et justifier de 170 trimestres de cotisation au lieu de 171 trimestres pour percevoir une retraite à taux plein.
- Celles nées du 1er janvier au 31 mars 1965 pourront également liquider leurs droits à 62 ans et 9 mois (versus 63 ans et 3 mois) avec 170 trimestres (vs 172 trimestres).
- Les personnes nées du 1er avril 1965 au le 31 décembre 1965 pourront partir à la retraite à l’âge de 63 ans (versus 63 ans et 3 mois) et justifier de 171 trimestres (au lieu de 172 trimestres).
Ainsi, l’âge légal devrait - sauf nouvelle suspension ou en cas d’abrogation de la réforme de 2023 - atteindre 64 ans pour les générations nées à compter du 1er janvier 1969 (au lieu du 1er janvier 1968). Les 172 trimestres (43 ans de cotisation) seront exigés à compter de la génération née à partir du 1er janvier 1966 (au lieu du 1er janvier 1965).
Prise en compte de la maternité pour les carrières longues
La retraite anticipée pour carrière longue (RACL) est un dispositif, qui permet aux actifs qui ont débuté jeune dans la vie professionnelle et qui ont validé tous leurs trimestres, de partir plus tôt à la retraite. Jusqu’à présent, les trimestres octroyés au titre de la maternité, de l’adoption et de l’éducation des enfants n’étaient pas comptabilisés dans la RACL.
Pour les retraites anticipées liquidées à compter du 1er septembre 2026, deux trimestres par enfant seront pris en compte. Cette mesure vise à faciliter l’accès à la RACL pour les mères de famille.
Quels changements au 1er janvier 2027 ?
À partir du 1er janvier 2027, les règles du cumul emploi-retraite (CER) vont évoluer. Ce dispositif, qui permet aux retraités de percevoir à la fois leur pension de vieillesse et un revenu d’activité, repose aujourd’hui sur le nombre de trimestres validés. Le cumul est intégral si le retraité dispose de sa durée de cotisation. Sinon, il est plafonné selon l’ancien statut professionnel du pensionné. En cas de dépassement du plafond, la retraite de base est diminuée d’autant.
Pour les retraites liquidées à compter de 2027, l’âge de départ deviendra le critère déterminant. Les retraités partis avant 64 ans verront leur pension de base réduite du montant de leur nouveau revenu d’activité. Entre 64 et 67 ans, un cumul partiel sera possible, dans la limite d’un plafond fixé par décret (qui devrait être autour de 7 000 euros par an), quel que soit le parcours professionnel. En cas de dépassement de ce seuil, votre pension de retraite pourra être diminuée de 50 % du montant dépassé. Au-delà de 67 ans, le cumul intégral sera de nouveau autorisé.
En clair, ces nouvelles modalités rendent globalement le CER moins intéressant. Seul point positif : le délai de carence de six mois en cas de reprise d’activité chez le même employeur sera supprimé.