Age de départ, montant, conditions… Les chiffres clés de la retraite des femmes en France
L'importance des chiffres clés de la retraite des femmes en France et découvrez les réalités et les enjeux de leur situation financière lors de leur retraite.
La loi de financement de la Sécurité Sociale (LFSS) pour 2026 intègre des mesures d’amélioration de la retraite des mères de famille. L’objectif étant de réduire les inégalités persistantes entre les femmes et les hommes.
Quelles sont ces mesures ? Qui est concerné ? Qu’est-ce que cela change concrètement pour les mères de famille ?... On fait le point.
A retenir :
La loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) pour 2026, promulguée le 30 décembre 2025, prévoit, dans son article 45, deux mesures d’amélioration des droits à la retraite des mères de famille.
Pour le gouvernement, l’objectif est d’œuvrer « en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes », notamment au moment de la retraite. En effet, les écarts en la matière sont toujours significatifs.
Selon un rapport de la Direction de la recherche et des études statistiques (Dress)(1), publié en 2025, les pensions de retraite de droits directs des femmes restent ainsi inférieures de 28 % à celles des hommes (26 % si l’on prend en compte les pensions de réversion perçues en qualité de conjoint survivant).
Cet écart, qui tend tout de même à se réduire (les pensions de droits directs des femmes étaient inférieures de 50 % à celles hommes en 2003), résulte de trois phénomènes :
Or, « le législateur a récemment fixé dans la loi un objectif de suppression des inégalités entre les sexes des montants de pensions liquidées à compter de 2050, avec une étape intermédiaire de résorption de moitié à horizon 2037 », rappelle l’exposé des motifs dudit article. Par ces mesures, le gouvernement souhaite donc « améliorer le niveau de pension des femmes », et « renforcer la cohérence des droits familiaux accordés aux mères retraitées ».
La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 contient deux mesures visant à améliorer les droits à la retraite des mères de famille : un calcul de leur pension plus avantageux et un départ anticipé pour carrière longue facilité.
Dans le secteur privé, le salaire annuel moyen (SAM) qui est un des éléments pris en compte dans le calcul de la retraite de base est calculé sur la moyenne des 25 meilleures années de rémunération.
Depuis le 1er janvier 2026, le SAM est désormais calculé sur la moyenne des 24 meilleures années de carrière pour les mères d’un enfant et sur la moyenne des 23 meilleures années pour les mères de deux enfants et plus.
Cette mesure s’applique aux mères salariées, salariées agricoles, agricultrices, commerçantes, artisanes et aux dirigeantes d’entreprises non salariées. Le gouvernement réfléchit à élargir la disposition aux fonctionnaires, sachant que la retraite de base des agents de la fonction publique est calculée sur la moyenne des six derniers mois de rémunération (hors primes).
>> Pourquoi c’est avantageux ? Cette mesure permet de supprimer du calcul de la retraite les années les moins bien rémunérées, souvent liées aux congés maternité, à un temps partiel ou encore à une interruption de carrière et, ainsi, d’augmenter le montant de la pension. Selon le gouvernement, ce dispositif devrait permettre d’accroître le montant des retraites de base des mères de famille de 50 % en moyenne.
La retraite anticipée pour carrière longue permet aux actifs qui ont commencé de travailler jeune et qui disposent de tous leurs trimestres de cotisation de prendre leur retraite plus tôt.
La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 prévoit que, à partir du 1er septembre 2026, les Majorations de durée d’assurance (MDA) seront comptabilisées dans la prise en compte de la durée d'assurance, dans la limite de deux trimestres liés aux enfants, pour permettre l’ouverture des droits à la retraite anticipés pour carrière longue.
Les MDA regroupent les trimestres octroyés au titre de la naissance ou de l’adoption d’un enfant, ainsi que les trimestres octroyés au titre de l’éducation de l’enfant. Elles sont attribuées à la mère (les trimestres d’adoption et/ou d’éducation peuvent être partagés avec l’autre parent, sous conditions).
Les MDA s’élèvent à huit trimestres par enfant dans le secteur privé. Dans le secteur public, elles sont fixées à quatre trimestres par enfant pour les enfants nés ou adoptés avant le 1er janvier 2004 et à deux trimestres par enfant pour ceux nés ou adoptés à compter de cette date.
Pourquoi c’est avantageux ? Cela va permettre à des milliers de mères de partir plus tôt à la retraite, même avec des interruptions de carrière. Ainsi, l’ajout de ces deux trimestres par enfant permettrait à plus de 13 000 femmes nées à partir de 1970 de bénéficier d’un départ à la retraite anticipé(2).
La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 instaure donc deux mesures supplémentaires afin d’améliorer la retraite des mères de famille. Ces dispositifs s’ajoutent à ceux existants.
En tant que mère, vous pouvez bénéficier de trimestres supplémentaires : ce sont les majorations de durée d’assurance pour enfant, accordées au titre de la maternité, de l’adoption et/ou de l’éducation.
Au total, il est possible de cumuler jusqu’à 8 trimestres supplémentaires par enfant : 4 trimestres pour la maternité ou l’adoption et 4 trimestres pour l’éducation de l’enfant. Six trimestres sont automatiquement octroyés à la mère (4 pour la maternité ou l’adoption et 2 pour l’éducation). Les 2 trimestres restants pour l’éducation peuvent être accordés à l’autre parent, si l’enfant est né ou a été adopté avant le 1er janvier 2020 et s’il en fait la demande dans les six mois qui suivent son 4e anniversaire.
A savoir : les parents d’un enfant en situation de handicap peuvent se voir accorder, sous certaines conditions, un trimestre par enfant, père ou mère, par période d’éducation de 30 mois (consécutifs ou non) et pour un maximum de 8 trimestres par enfant handicapé.
Si, afin de vous occuper de votre enfant, vous prenez un congé parental à temps plein, il est possible d’acquérir des trimestres de retraite supplémentaires (un trimestre pour une période de 90 jours). Ceux-ci ne sont, en revanche, pas cumulables avec les trimestres supplémentaires pour enfant. Après examen de votre dossier, votre caisse de retraite vous accordera ce qui est le plus avantageux pour vous.
Si vous êtes mère de trois enfants ou plus, il est possible d’obtenir, dans certaines situations, une majoration de votre pension de retraite. Mais les conditions et les montants varient en fonction des régimes de retraite. Ainsi, par exemple :
Dans le cadre de la réforme des retraites 2023, les professions libérales affiliées à la Caisse nationale d’assurance vieillesse des professions libérales (CNAVPL) et les avocats bénéficient désormais d'une majoration de 10 % à partir de 3 enfants ou plus.
Une majoration peut être accordée si, en tant que parent (père ou mère), vous avez obtenu au moins un trimestre de majoration pour enfant et que vous avez déjà réuni dès 63 ans tous les trimestres nécessaires pour bénéficier d'une retraite à taux plein, mais que vous n’avez pas encore atteint l’âge légal de départ.
Le montant de cette surcote est de 1,25 % par trimestre supplémentaire travaillé entre 63 ans et l’âge légal de départ à la retraite. Elle est plafonnée jusqu’à 5 % de la retraite de base.
Sources :
(1) Les retraités et les retraites – Édition 2025, Panoramas de la Drees paru le 31 juillet 2025
(2) Selon les chiffre présentés dans le cadre de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026
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