6 500 milliards d'euros d'épargne : où les Français placent-ils leur argent ?

Mise à jour le 12/05/2026

4 min

6 500 milliards d'euros d'épargne : où les Français placent-ils leur argent ?

Mathilde Royer

Face à un contexte géopolitiques tendues et à une situation économique incertaine, les Français mettent de plus en plus d’argent de côté. Combien épargnent-ils ? Où placent-ils leur argent ?...

A retenir :

  • D’après le ministère de l’Economie et des Finances(1), le patrimoine financier des ménages français représentait, en 2025, 6 596 milliards d’euros. Le taux d’épargne moyen a atteint 18 %. Un record qui fait de la France un des pays d’Europe où l’on épargne le plus.
  • Face à des tensions géopolitiques et une situation économique incertaine, la majorité des épargnants sont prudents et privilégient des placements sécurisés, avec des taux d’intérêt faibles. 
  • Cependant, on assiste actuellement à une évolution des comportements avec l’arrivée de nouvelles générations, plus disposées à accepter un part de risque.

Quel est le montant moyen de l'épargne des Français ?

Taux d'épargne à 18 % en France, un niveau record

Sommes-nous les champions de l’épargne ? La France fait, en tout cas, partie des pays d’Europe où le taux d’épargne global – qui a atteint la moyenne historique de 18 % du revenu disponible brut au cours des trois premiers trimestres de 2025 - est le plus élevé, selon un rapport de la Banque de France(2). Concrètement, et d’après le ministère de l’Economie et des Finances(1), le patrimoine financier des ménages français atteint 6 596 milliards d’euros en 2025 : un niveau inédit

Le saviez-vous ? Selon un sondage Odoxa pour Groupama publié le 12 février 2026(3), 75 % des Français épargnent chaque mois et 38 % envisagent d'épargner davantage dans les prochains mois.

A noter

La part de ménages qui épargne est distincte du taux d’épargne, lequel mesure la proportion du revenu mise de côté par les ménages 

Combien les Français épargnent-ils chaque mois ?

Dans l’enquête Odoxa pour Groupama(3), il ressort que, parmi les 75 % de Français qui épargnent chaque mois, 30 % déclarent que leur foyer met mensuellement de côté entre 51 et 200 euros. Ils sont ensuite 20 % à épargner entre 201 et 500 € et 11 % à mettre de côté plus de 500 euros par mois. 

Quelle est l'épargne moyenne des Français en fonction de leur tranche d'âge ? De leur niveau et de leur lieu de vie ? 

Ces moyennes doivent être interprétées avec prudence, en raison d’importantes disparités en fonction des revenus, mais aussi de la tranche d’âge et du lieu de résidence des épargnants.

L'épargne selon la tranche d'âge

La capacité d’épargne augmente avec l’âge, jusqu’à 64 ans, puis tend à diminuer au moment de la retraite : c'est ce qu'on appelle la phase de désépargne. Ainsi, selon la note de conjoncture de l’Insee publiée en juin 2025(4), le taux d’épargne nette par tranche d’âge est de : 

- 4 % chez les 18 -29 ans

- 11 % chez les 30-39 ans

- 10 % chez les 40 -49 ans

- 15 % chez les 50 -64 ans

- 8 % chez les 65 ans ou plus

Selon le niveau de vie

Un rapport de l’Insee publié en novembre 2025(5) sur la consommation et l'épargne des ménages (5) met ainsi en évidence de fortes inégalités : les Français issus des classes moyennes épargnent environ 6 % de leurs revenus annuels. Ainsi, un couple avec deux enfants dont les revenus mensuels s’élèvent à 4 500 euros épargnera 3 240 euros par an. 

A l'inverse, les 20 % les plus aisés épargnent, en moyenne, 27 % de leurs revenus, soit plus de 32 000 euros pour un couple avec deux enfants dont les revenus mensuels s’élèvent à 10 000 euros.

La catégorie socioprofessionnelle et la composition du foyer joue également un rôle important dans la capacité d’épargne 

Selon territoires (zones rurales ou urbaines)

Une étude de Green-Got, une fintech française, met également en évidence des différences significatives en fonction des territoires, avec un écart de plus de 70 % entre les montants épargnés par les ménages vivants dans les métropoles de ceux vivants en zones rurales.

Selon les régions

Ces disparités dans les comportements d'épargne sont également importantes en fonction des régions. Ainsi, toujours selon l'étude de Green-Got, si l’on met de côté 7 500 euros par an en moyenne en Ile-de-France, en Normandie, le montant annuel moyen atteint seulement 4 600 euros.

Pourquoi les Français épargnent-ils autant ?

Des Français inquiets… Et prudents

Alors, prévoyants les Français ? Prudents, plutôt. Et inquiets, surtout. Crainte face aux tensions politique et commerciales, peur de l’inflation et de la hausse du coût de la vie… Comme le confirme une étude Ipsos menée pour le Cercle des Epargnants(6) et publiée en février 2026, « l’état des finances publiques et de la situation économique suscite de fortes inquiétudes chez les Français, et notamment chez les plus âgés ». Ils veulent ainsi pouvoir faire face aux imprévus et sont nombreux à adapter leurs choix économiques en conséquence : 44 % des personnes interrogées expliquent épargner davantage car elles craignent pour l’avenir et 40 % disent se tourner vers des produits jugés « plus sûrs ». 

Un autre chiffre vient confirmer cette inquiétude : pour 60 % des épargnants, constituer une épargne de précaution est l'objectif prioritaire. Préférant même se restreindre sur leur consommation et amputer sur leur pouvoir d'achat. Et selon un autre sondage Odoxa(7) publiée en février 2026, 71 % des Français assurent qu’ils préfèrent un placement « sécuritaire avec un taux d’intérêt assurés faible » plutôt qu’un placement « moins sécuritaire mais avec un meilleur potentiel de rendement » (27 %). 

Achat immobilier, préparation de la retraite…

Selon la note de conjoncture de l'Insee(4), le projet de réalisation d’un achat important, notamment de biens immobiliers, est une priorité pour environ un épargnant sur cinq. Viennent ensuite, en fonction des profils, les motifs de transmission ou d’assistance à des proches (15 %) ou de constitution d’un capital en vue d’un changement professionnel (12 %).

Les motifs d’épargne sont également différents selon les profils et les tranches d’âge : les épargnants de plus de 64 ans sont prioritairement motivés par des motifs de précaution et de transmission, quand les moins de 35 ans épargnent pour la perspective d’un achat futur.

Entre histoire, culture et tradition

En France, l’épargne est « une affaire de culture, de traditions et de structures économiques », souligne une synthèse du Cercle de l’épargne (9), publiée le 13 avril 2026. Mettre de l’argent de côté fait, en quelque sorte, partie des habitudes.

L’histoire économique et institutionnelle de la France est particulière, avec un système de retraite par répartition – la préparation de la retraite arrive d’ailleurs, selon l’enquête Ipsos pour le Cercle des Epargnants(6), en 2e position des raisons pour lesquelles les Français épargnent – et un cadre réglementaire protecteur ancien (le livret A, exception française, est ainsi né en 1818).

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Concernant l’épargne financière, le ministère de l’Economie et des Finances(1) note que les Français privilégient deux critères pour placer leur argent :

  • La sécurité avec un capital garanti par l’Etat, en évitant la volatilité
  • La liquidité en gardant de l’argent disponible en cas de besoin

Placements sécurisés et épargnes réglementées sont donc les supports privilégiés par les ménages. 

Les livrets, les contrats d'assurance vie en fonds euros et les Plans épargne logement (PEL) ou Comptes épargne logement (CEL) restent aujourd’hui les produits privilégiés par les Français selon l’étude du Cercle des épargnants(6) : 86 % des Français détiennent un livret A ou un livret d’épargne populaire (LEP) et 37 % un contrat d'assurance vie. Dans son étude de février 2026 sur l’épargne des ménages, la Fédération française bancaire(9) note par ailleurs que, à la fin du 3e trimestre 2025, l'épargne règlementée des ménages atteint 952,1 milliards d'euros, soit 15 % du patrimoine financier des Français.

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Vers un déclin du Livret A ?

Le livret A est souvent cité comme le support d’épargne par excellence, une valeur « refuge », appréciée des Français. Mais cela va-t-il durer ? 

Le 22 avril 2026, la Caisse des dépôts(10) communiquait, au titre du mois de mars 2026, une collecte négative avec -0,41 milliard d’euros pour l’ensemble des réseaux. Concrètement, cela signifie que les Français ont retiré plus d'argent qu’ils n’en ont déposé sur leurs livrets d'épargne réglementée (Livrets A et LDDS). 

Une évolution qui s’explique en partie par les deux baisses successives du taux de rémunération, passé de 3 % à 1,7 % en 2025, puis à 1,5 % au 1er février 2026.

A noter cependant que, selon les chiffres de la Caisse des dépôts(10), l’argent déposé sur les quelque 58 millions de Livrets A reste cependant important, à 446,5 milliards d’euros.

Toujours selon les données de la Caisse des dépôts(10), pour le livret d’épargne populaire, la collecte nette demeure positive en décembre (+0,46 milliards d'euros), mais reste négative en cumul sur l’année (-0,84 milliards d'euros), pénalisé par un taux de rémunération passé de 4% à 2,7 % en 2025, puis 2,5% au 1er février 2026.

L’Assurance vie en hausse

Selon les chiffres publiés le 30 avril 2026 par France Assureurs(11), en mars 2026, les cotisations en assurance vie s’élèvent à 18,3 milliards d’euros, en hausse de 17 % par rapport à mars 2025. La collecte nette de mars 2026 s’établit donc à + 6,0 milliards d’euros, en hausse de +2,2 milliards d’euros par rapport au même mois de 2025. Elle atteint ainsi son plus haut niveau depuis 2010 pour un mois de mars.

L’encours des contrats d’assurance vie atteint 2 115 milliards d’euros à fin mars 2026, en hausse de +4,6 % sur un an (+94 milliards d’euros).

Pour Paul Esmein, le directeur général de France Assureurs(11), cette progression confirme la place de l’assurance vie comme « produits d’épargne de référence pour les Français, ce qui est une bonne nouvelle pour le financement et la croissance de l’économie ».

Quid du Plan Epargne Retraite ?

Toujours selon les données de France Assureurs(11) au 30 avril 2026, les cotisations (hors transferts) sur les PER assurantiels s’élèvent à 3,3 milliards d’euros pour 240 600 nouveaux PER souscrits, soit une hausse de 9% par rapport à l’an dernier. La collecte nette atteint, elle, +2,1 milliards d’euros au premier trimestre 2026, soit 3% de plus par rapport au premier trimestre 2025. Le directeur général de France Assureurs, Paul Esmein, y voit le témoignage « de l’intérêt grandissant des épargnants pour la préparation de leur retraite ». 

Une analyse que confirme l’étude Ipsos pour le Cercle des Epargnants(6), dans laquelle 67 % des non-retraités interrogés disent épargner en vue de financer leur retraite. Mettant en avant sa flexibilité et les avantages fiscaux, les Français sont 36 % à estimer que le PER est le meilleur produit d’épargne pour la retraite.

A quoi sert l’épargne des Français ?

Quel que soit le support d'épargne choisit, les fonds sont, comme le souligne le ministère de l’Economie et des Finances(1) « systématiquement » réinvestit par les intermédiaires financiers (banques assureurs, fonds d’investissement) « pour financer les besoins en capitaux des entreprises, des ménages et des administrations publiques. 

Ainsi, l’argent mis de côté chaque mois et placé sur un livret A sert au financement du logement social et autres infrastructures en France. Quant à l’argent placé sur un contrat d’assurance vie en fonds euros, il finance en partie la dette de l’Etat et de ses administrations.

Selon une étude de la Direction générale du Trésor(12), la moitié de l’épargne des Français est investie dans les prêts et crédits et l’autre moitié essentiellement dans le capital des entreprises. Ainsi, sur 10 euros de patrimoine financier des ménages : 

  • 4 € correspondent à de la détention d'entreprises
  • 3 € sont investis dans des obligations, dont 1 € en obligations des administrations publiques
  • 2 € génèrent des prêts

Les Français épargnent-ils mal ?

Un déficit d’éducation financière ?

De nombreux économistes estiment que l'aversion au risque fait des Français de « mauvais épargnants ». Pour Gaël Sliman, président d’Odoxa(7), elle a notamment « des conséquences ‘’macro’’ et ‘’micro’’ importantes s’agissant des retraites car cette propension à ne pas investir sur des placements dynamiques se retrouve aussi sur les placements en vue de la retraite ». Cela pourrait être dû à une mauvaise éducation financière : dans les enquêtes de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) sur le sujet, citées dans l’étude du Cercle de l'épargne(8), la France enregistre ainsi des résultats moyens (12,45/20). 

Le Cercle de l’épargne apporte cependant une vision plus nuancée, selon laquelle la préférence pour les placements sûrs ne constitue « ni une singularité français, ni nécessairement le signe d’une mauvaise compréhension des mécanismes financiers »., mais plutôt une prudence « forgée par l’histoire économique et par l’organisation du système de protection sociale »

Un changement de comportement qui se dessine

Le Cercle de l’Epargne note par ailleurs « une évolution récente des comportements d’investissement » et une transformation progressive du rapport des Français à l’épargne et au risque » avec une montée en puissance des placements boursiers, l’essor des EFT (fonds indiciels) et l’arrivée d’une nouvelle génération d’investisseurs.

Ainsi, si selon l’enquête Ipsos pour le Cercle des Epargnants, ce sont les profils jeunes et les plus aisés qui sont le plus enclins à privilégier des produits très rémunérateurs, à prendre des risques ou à immobiliser leurs fonds, le sondage Odoxa montre que 57 % des épargnants se disant, a priori, réticents à l’égard des placements dynamiques, « seraient prêts à changer d’avis et à investir dans de tels placements si des professionnels de l’épargne en qui ils ont confiance le leur conseillaient ». 

(1)   « Que finance l’épargne des Français ? » - publication du Ministère de l’Economie et des Finances du 15 janvier 2026

(2)   « L’Epargne des ménages – 2025 – Q3 » - rapport de la Banque de France mis en ligne le 13 février 2026

(3) "Le baromètre de l’épargne, de la retraite et des placements" - Odoxa-Groupama pour Capital et BFM - Février 2026

(4) L’épargne des ménages au sommet - note de conjoncture de l'Insee - juin 2025

(5) Consommation et épargne des ménages − France, portrait social | Insee - Novembre 2025

(6) « Les Français, l’épargne et la retraite », Etude Ipsos pour le Cercle des épargnants publiée en février 2026

(7)   « La culture économique et financière en France et en Europe » - Etude internationale Odoxa pour abeille Assurances et Challenges – publiée le 19 février 2026

(8)   « Les Français : des épargnants aguerris mais en mal d’éducation financière » - Etude du Cercle de l’Epargne publié le 13 avril 2026

(9)   « L’épargne des ménages : un canal de financement de l’économie » - Fédération bancaire française – Février 2026

(10)   « Epargne réglementée : collecte mensuelle en mars 2026 du Livret A et du LDDS ainsi que du LEP » - Communiqué de la Caisse des Dépôts - 22 avril 2026

(11)   France Assureurs publication du 30 avril 2026 

(12) "Que finance l'épargne financière des ménages français ?" - Etude de la Direction générale du Trésor - Janvier 2026

Questions fréquentes sur l’Epargne :

Le livret A fait partie des supports privilégiés par de nombreux Français. Il permet, en effet, de mettre de l'argent de côté chaque mois et, ainsi, de se constituer une épargne de précaution, sans risque. Le taux est réglementé, le capital est garanti et votre argent est disponible à tout moment. Il n'est, par ailleurs, soumis à aucune fiscalité. En revanche, le livret A est un produit d'épargne peu rémunérateur - avec un taux fixé à 1,5 % au 1er février 2026 - et plafonné à 22 950 € (hors capitalisation des intérêts).

En France, le droit à la propriété est encadré légalement. Et, à moins que vous n'ayez une dette envers l'Etat, celui-ci ne peut pas se servir directement dans votre épargne et ce, même en cas de crise. Des mécanismes indirects existent cependant pour permettre à l'Etat de récupérer des fonds, comme la fiscalité (augmentation des impôts sur les revenus de l'épargne, suppression des avantages) ou la modification des taux d'intérêts.

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