Baisse de la natalité : quelles conséquences sur les retraites ? 

Mise à jour le 28/04/2026

4 min

Baisse de la natalité : quelles conséquences sur les retraites ? 

Margaux Simonnet

Baisse du nombre de naissances, hausse du solde migratoire, espérance de vie qui augmente au ralenti… Le Conseil d’orientation des retraites a décidé de tenir compte de l’évolution récente de la démographie française dans ses projections financières du système de retraites à paraître en juin.

A retenir : 

  • La France fait face à une situation inédite : pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le nombre de décès est supérieur au nombre de naissance. 
  • Cela n'est pas sans conséquences sur le système de retraite par répartition et le conseil d'orientation des retraites (COR) devra en tenir compte dans ses nouvelles projections financières
  • Comme chaque année, le COR présentera son rapport annuel en juin prochain

Baisse du taux de fécondité en France : une situation inédite

Pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, la France a enregistré en 2025 un solde naturel négatif, avec 645 000 naissances contre 651 000 décès, selon l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee)(1). En cause, une baisse de la fécondité beaucoup plus rapide que prévu dans l’Hexagone, bien qu’elle demeure supérieure à celle de la plupart des autres pays de l'Union européenne.

Cette situation inédite dans l’histoire récente du pays a été actée par le Conseil d’orientation des retraites (COR) lors de sa séance plénière du 16 avril 2026(2) : les projections financières du système de retraite qui seront contenues dans son prochain rapport annuel, à paraître en juin 2026, tiendront compte des nouvelles hypothèses démographiques de l’Insee, qui seront également publiées au mois de juin.

Les membres du COR ont choisi de retenir le scénario central de l’institut statistique rattaché au ministère de l’Économie et des Finances. Celui-ci prévoit désormais un taux de fécondité de 1,45 enfant par femme à partir de 2028, un niveau inférieur à l’hypothèse basse (1,60) des précédentes projections démographiques de l’Insee, rendues publiques en novembre 2021.

Le solde migratoire, "seul contributeur à la croissance démographique"

L’autre révision d’ampleur, par rapport aux données utilisées jusqu’à présent, porte sur la contribution des mouvements migratoires à l’augmentation de la population française : le solde migratoire « deviendrait le seul contributeur à la croissance démographique », souligne le COR. Celui-ci passerait de + 70 000 personnes par an à + 150 000 à partir de 2026. Un chiffre au-delà du scénario haut des projections de 2021. Pour 2025, le solde migratoire est estimé à + 176 000. Il résulte « principalement d’une baisse des sorties du territoire, notamment des personnes nées en France ou de nationalité française ».

Dans le même temps, l’espérance de vie continuerait de progresser, mais à un rythme plus lent qu’anticipé dans les projections de 2021. L’espérance de vie à la naissance s’établirait à 89,5 ans à l’horizon 2070 pour les femmes (soit 0,5 an de moins par rapport aux projections de 2021) et à 86,7 ans pour les hommes (soit 0,8 an de moins).

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Quelles sont les conséquences d'une baisse de la natalité sur le système des retraites ?

La révision de ces hypothèses ne sont pas sans incidence, notamment sur le système de retraites. Une mortalité plus élevée (soit une espérance de vie plus faible) réduit mécaniquement le nombre de retraités ainsi que la durée moyenne de versement des pensions, allégeant d’autant le poids des dépenses de retraite par rapport au produit intérieur brut (PIB). À l’inverse, une fécondité durablement plus basse se traduirait par un recul du nombre d’actifs et donc de cotisants. Un solde migratoire plus élevé viendrait partiellement compenser cet effet, en accroissant la population en âge de travailler par rapport à ce qui était prévu jusqu’à présent.

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Conséquence de l’actualisation de ces paramètres, le prochain rapport annuel du COR comportera « ponctuellement » un chapitre consacré aux écarts entre les projections de 2025 et celles de 2026. De même, le document prendra également en compte la suspension partielle et temporaire de la réforme des retraites de 2023, telle qu’adoptée dans le cadre de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026.

(1) Février 2026 – La baisse des naissances se poursuit − Naissances mensuelles depuis janvier 2024 | Insee

(2) « Préparation du rapport annuel de juin 2026 » du Conseil d'orientation des retraites (COR) - 16 avril 2026.

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