Que pensent les Français de leur système de retraite ? Sont-ils satisfaits de la suspension temporaire de la réforme de 2023 ? Comment envisagent-ils l’avenir et comment le préparent-ils ? Des sondages, dont le 5e baromètre Odoxa – Groupama(1), donne des éléments de réponse.
- Quel avenir pour le système de retraite ? Des Français inquiets, selon des sondages Odoxa et Ipsos
- Système par capitalisation, âge légal… Que préfèrent les Français pour leur retraite ?
- Sondage Ifop : les Français favorables à une baisse des pensions de retraites ?
- Comment les Français préparent-ils leur retraite ?
- Vos questions, nos réponses
A retenir :
- Un sondage Odoxa pour Groupama(1), ainsi qu’une étude du Cercle des Epargnants, menée par l’institut de sondage Ipsos(2), mettent en évidence une inquiétude des Français vis-à-vis de leur retraite ainsi qu’une défiance par rapport au système actuel et face à d’éventuelles réformes.
- Si la majorité des Français a accueilli avec satisfaction la suspension temporaire de la réforme des retraites de 2023, nombreux sont ceux qui estiment qu’une refonte du système actuel est cependant nécessaire. Un sondage Ifop pour l'association les Actifs anonymes(3), paru mi-avril, montre même que la moitié des Français, et 52 % des retraités, ne seraient pas opposés à une baisse des pensions de retraites.
- Les débats autour de la réforme des retraites de 2023, puis de sa suspension temporaire, ont notamment eu, pour beaucoup de Français, un effet « accélérateur » sur la préparation de leur retraite
Quel avenir pour le système de retraite ? Des Français inquiets, selon des sondages Odoxa et Ipsos
La réforme des retraites de 2023 toujours rejetée
Manifestations, journées de grève, débats houleux… L’année 2022-2023 a été marquée par une importante mobilisation contre la réforme des retraites. Avant son entrée en vigueur, en septembre 2023, nombreux sont ceux qui avait fait entendre leur désaccord.
Deux ans après, ils étaient encore une majorité à la rejeter. Selon le sondage Odoxa réalisé pour Groupama entre le 27 août et le 18 septembre 2025(1), soit quelques semaines avant l’annonce de sa suspension temporaire, 60 % des personnes interrogées se disaient ainsi opposées à la réforme des retraites. Un chiffre qui atteignait même les 67 % chez les non-retraités.
Dans ce contexte, la proposition du Premier ministre Sébastien Lecornu, lors de sa déclaration de politique générale à l’Assemblée nationale le 14 octobre 2025(4), de suspendre cette réforme des retraites a été accueillie avec satisfaction par la majorité (61 %) des personnes interrogées par Odoxa(1), dans le cadre d’une seconde enquête « express » menée du 21 au 22 octobre 2025.
Une défiance en hausse
Le rejet massif de la réforme des retraites de 2023 vient notamment du fait que, pour la majorité des Français, celle-ci « ne servira à rien ». Toujours selon l’enquête Odoxa pour Groupama, ils sont ainsi 83 % à estimer que d’autres réformes suivront, qui repousseront encore l’âge légal de départ. Et 69 % pensent que « cela ne sera pas efficace pour rendre pérenne notre système de retraite sur le plan financier ». D’ailleurs, 67 % des personnes interrogées ne « pensent pas » que les caisses de retraite pourront leur verser une pension à la hauteur de leurs attentes. C’est 4 points de plus que l’an dernier.
Une étude du Cercle des Epargnants, menée par l’institut de sondage Ipsos(2), confirme cette défiance et nous apprend que 80 % des Français sont inquiets pour l’avenir du système de retraite, soit une hausse de 4 % par rapport à 2025. Chez les moins de 35 ans, ce sont près de 3 sur 4 (72 %) qui disent ne pas avoir confiance dans le système français pour leur permettre d’avoir une retraite correcte, une proportion en très forte hausse (+12 %) par rapport à l’an dernier.
Système par capitalisation, âge légal… Que préfèrent les Français pour leur retraite ?
Selon le président d’Odoxa(1), Gaël Sliman, la réforme de 2023 a eu un impact « spectaculaire » sur le rapport des Français à la retraite. Et, bien qu’ils y soient en majorité opposés, les trois-quarts des Français (74 %) ne pensent pas qu’il soit possible de « ne rien faire » et de « ne pas toucher au système actuel »
Répartition, capitalisation et fonds de pension
Alors qu’il y a un an, les Français privilégiaient le système actuel de retraite par répartition (60 % vs 40 %), le baromètre Odoxa pour Groupama(1) montre une modification des comportements. « Les Français sont désormais majoritairement (57 %) demandeurs d’un système mixte mêlant répartition et capitalisation », explique ainsi Gaël Sliman. Et d’ajouter : « Pour la première fois, ceux qui disent préférer un système pur par capitalisation sont plus nombreux que ceux qui préfèrent le système actuel par répartition » (22% vs 20%).
Un « retournement » confirmé par l’étude Ipsos pour le Cercle des Epargnants(2), selon laquelle la majorité des Français (60 %) estime que le développement des fonds de pension est l’option la plus acceptable pour assurer la viabilité du système de retraite. Pour autant, moins d’un futur retraité sur deux (47 %) se dit prêt à souscrire à un fonds de pension.
Report de l’âge légal ou hausse de la durée de cotisation ?
Parmi les 80 % de Français qui estiment que d’autres réformes auront lieu, 58 % pensent que l’âge légal de départ sera repoussé au-delà de 66 ans. Pourtant, l’enquête Odoxa pour Groupama(1) met en évidence que, pour la majorité, le report de l’âge légal est « un mauvais choix » et 51 % des personnes interrogées dans le cadre de l’étude pour le Cercle des Epargnants(2) sont contre le recul de l’âge de départ à la retraite.
Cependant, s’il faut travailler plus longtemps pour bénéficier d’une retraite à taux plein, 68 % des personnes interrogées (70 % des non-retraités) par Odoxa(1), préfèrent une augmentation de la durée de cotisation.
Travailler plus ou épargner ?
Par ailleurs, toujours selon le 5e baromètre « Les Français et la retraite » Odoxa pour Groupama(1), ils sont cette année 59 % (+13 pts en un an) à préférer « épargner plus à titre individuel ou au sein de leur entreprise plutôt que travailler plus » (contre 46% l’an dernier).
Sondage Ifop : les Français favorables à une baisse des pensions de retraites ?
Publiée le 13 avril 2026, l'enquête sur les Français et les idées libérales, réalisée par l'Ifop pour l'association d'obédience libérale Les Actifs Anonymes(3), pointe un basculement de l'opinion de la population sur les retraites. En effet, un Français sur deux pensent qu'il est impossible réduire le déficit public sans baisser les pensions de retraites. Une position partagée par 52 % des retraités.
Par ailleurs, 76 % des personnes interrogées sont favorables à un alignement des régimes spéciaux sur le régime général et 66 % d'entre elles approuvent l'idée d'un plafond maximal pour les pensions de retraites des salariés et agents du secteur public.
Comment les Français préparent-ils leur retraite ?
La réforme des retraites de 2023 et les débats qui l’ont entourée ont eu « un rôle accélérateur » sur la préparation des Français à ce moment de la vie, indique le président d’Odoxa(1) : un non-retraité sur deux – et 44 % des 25-49 ans - dit ainsi avoir commencé à préparer sa retraite. Selon l’étude Ipsos pour le Cercle des Epargnants(2), 67 % des non-retraités épargnent en vue de financer leur retraite.
Âge de départ, montant de la pension… Comment se préparer ?
Les Français sont de plus en plus nombreux à se renseigner pour savoir à quel âge ils pourront partir à la retraite et ce à quoi ils auront droit au moment de leur départ : 54 % des salariés ont ainsi déjà effectuer une simulation, selon l’enquête Odoxa pour Groupama(1).
Celle-ci met également en évidence que les Français sont conscients que, sans préparation, le passage à la retraite sera synonyme d’une baisse de leurs revenus : 9 personnes sur 10 savent que leur pension de retraite se situera « entre 50 et 80 % de leur derniers revenus » (32 % anticipent même une pension inférieure à 50 % de leurs derniers revenus).
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Quelles solutions pour anticiper l’avenir ?
Partir à la retraite le plus tard possible
L’étude du Cercle des Epargnants(2) montre qu’actuellement 4 Français sur 10 envisagent de partir à la retraite « le plus tard possible » pour garder un niveau de vie correct et 60 % des non-retraités estiment qu’ils ne disposeront pas des ressources suffisantes pour vivre correctement après son passage à la retraite.
Se constituer une épargne
90 % des personnes interrogées dans le cadre de l’enquête Odoxa pour Groupama(1) savent qu’il est « utile », voire « très utile », de se constituer une épargne retraite individuelle. Et, selon l’Ipsos, 38 % des Français de 55 à 64 ans détiennent un produit d’épargne afin de préparer leur retraite.
Le rôle de l’entreprise
L’enquête Odoxa pour Groupama(1) montre par ailleurs que les Français pensent que les entreprises ont un rôle à jouer pour agir et informer leurs salariés concernant leur retraite : 8 sur 10 pensent qu’elles doivent le faire.
Ces perceptions se traduisent dans les faits : 1 salarié sur 4 et 38 % des cadres bénéficient d’un dispositif d’épargne mis en place par leur entreprise. Or, sans cet accompagnement, 57% des salariés qui bénéficient de ces dispositifs d’épargne assurent qu’ils ne seraient pas en mesure d’épargner autant pour leur retraite, voire qu’ils n’auraient pas épargné du tout.
Une « révolution » des consciences ?
Si, selon l’Ipsos(2), les incertitudes sur la situation économique du pays amènent les Français à privilégier la prudence pour leur épargne, les résultats de l’enquête Odoxa menée pour Groupama(1) montrent tout de même un changement dans la perception de l’épargne.
Ainsi, 60 % des Français estiment ainsi désormais qu’il est préférable de placer son épargne-retraite sur des placements dynamique, quitte à prendre des risques, pour disposer d’un capital plus important au moment de leur retraite. Et si, une majorité inverse ne le fait pourtant pas (53% vs 46%), soit par peur de la perte, soit par incapacité à mettre de côté, ce que le président d’Odoxa, Gaël Sliman, appelle « une révolution des consciences vis-à-vis de l’épargne » finira sans doute, selon lui, « par se traduire par un réel changement dans les comportements d’épargne ».
(1) « Les Français et la retraite » 5e vague - Baromètre Odoxa – Groupama – Novembre 2025
(2) "Les Français, l'épargne et la retraite" - Edition 2026 - Baromètre Ipsos pour Le Cercle des Epargnants
Vos questions, nos réponses
La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, adoptée en décembre 2025, entraîne plusieurs changements pour les retraités.
- Une revalorisation des pensions de retraite de base de 0,9 % depuis le 1er janvier 2026
- Depuis le 1er janvier 2026, le mode de calcul des pensions de retraite de base des mères a été modifié : il repose désormais sur les 24 meilleurs années de rémunération pour celles ayant un enfant et sur les 23 meilleures années pour celles ayant deux enfants et plus, au lieu des 25 meilleurs années habituellement retenues.
- Suspension temporaire de la réforme des retraites de 2023 : pour les pensions de retraite prenant effet à partir du 1er septembre 2026 et jusqu'au 1er janvier 2028, gel partiel du report de l'âge légal et de l'allongement de la durée de cotisation, principalement au bénéfice des générations nées entre 1964 et 1968.
- A compter du 1er septembre 2026, certains trimestres pour enfant pourront être pris en compte pour l'accès au dispositif de départ anticipé pour carrières longues.
En France, sauf conditions particulières (carrières longues, invalidité, handicap....), l'accès à la retraite à taux plein suppose d'avoir avoir atteint l'âge légal requis selon votre année de naissance (entre 62 et 64 ans) et d'avoir validé le nombre de trimestres requis (entre 170 et 172, selon votre date de naissance). Si vous partez à la retraite à 67 ans, vous bénéficierez automatiquement du taux plein, même si vous n'avez pas validé tous vos trimestres.