Dans la mesure où le temps de travail est diminué pendant la période du temps partiel thérapeutique, cela impacte la rémunération et les cotisations. Pour un salarié du secteur privé ou un fonctionnaire, les conséquences sont différentes.
Quelles sont les conditions d'un mi-temps thérapeutique dans le secteur privé ?
Les conséquences d'un mi-temps thérapeutique sur votre rémunération ne sont pas immédiates. Pensez à anticiper l'impact de cet aménagement sur votre retraite.
Une perte de rémunération compensée par une indemnité de la Sécurité sociale
Pendant toute la durée de votre temps partiel thérapeutique, votre niveau de rémunération ne sera pas impacté. Vous serez rémunéré par votre employeur pour les heures travaillées et vous toucherez des indemnités journalières (IJ) versées par l'Assurance maladie pour les autres heures, afin de compenser la perte de revenus. Pour en savoir plus, n'hésitez pas à lire la convention collective de votre employeur.
Un aménagement pour raison médicale qui peut impacter vos droits à la retraite
Si votre rémunération n'est pas impactée sur le moment, ce n'est pas le cas de votre pension de retraite. En effet, pour obtenir une pension à taux plein, vous devez avoir atteint l'âge légal de départ à la retraite et avoir validé suffisamment de trimestres. Cependant, vous devez savoir qu'il existe trois types de trimestres.
1. Les trimestres cotisés.
Ils sont obtenus lorsque des cotisations retraite sont prélevées sur votre revenu. Pendant un mi-temps thérapeutique, seules les heures de travail réellement effectuées donnent lieu à des cotisations sociales soumises à un prélèvement pour votre retraite. Vous ne cotisez donc pas sur les indemnités journalières versées par l’assurance maladie.
La validation d’un trimestre retraite dépend des revenus que vous percevez, soumis à cotisation, sur une période donnée. Pour pouvoir valider un trimestre retraite, il faut cotiser sur la base d’un salaire au moins égal à 150 fois le SMIC horaire brut, en vigueur au 1er janvier de l’année considérée. Pour valider 4 trimestres, il faut donc avoir cotisé sur la base d’un salaire au moins égal à 600 fois le SMIC horaire brut (150 x 4 = 600).
Au titre de l'année 2026, le taux horaire brut du SMIC est de 12,02 € (150 x 12,02 € = 1 803 € ). Il est alors possible que votre salaire diminué ne vous permette pas d’acquérir un trimestre cotisé, si le revenu perçu au cours d'un trimestre est inférieur à 1803 €2. Les trimestres assimilés.
Ce sont des trimestres qui vous sont gratuitement attribués lors de vos périodes d’interruption involontaire de travail comme un arrêt maladie, un congé maternité, des périodes de chômage ou encore le service militaire. C'est le cas lorsque vous percevez des indemnités journalières dans le cadre d'un temps partiel mi-temps thérapeutique.
3. Les trimestres validés.
Ils correspondent à vos trimestres cotisés et à vos trimestres assimilés. C'est ce total qui sera retenu si vous prenez votre retraite à l'âge légal de départ à la retraite.
Votre temps partiel thérapeutique n'impacte donc pas votre âge de départ à la retraite.
En revanche, si vous avez commencé à travailler très tôt (entre 14 et 20 ans) et que vous souhaitez bénéficier de la retraite anticipée pour carrière longue, sachez que tous vos trimestres assimilés ne seront pas retenus. Sauf exception, seuls 4 trimestres seront validés.
Quelles sont les conditions d'un mi-temps thérapeutique dans la fonction publique ?
Si vous travaillez dans la fonction publique, territoriale ou hospitalière, le mi-temps thérapeutique n’a pas d'impact sur votre nombre de trimestres acquis lors de votre activité professionnelle.
En effet, vous percevrez votre traitement indiciaire en totalité durant la période de votre temps partiel. Ainsi, chaque trimestre travaillé, quel que soit le nombre d'heures effectuées, vous donnera droit à un trimestre validé.
Afin de bénéficier d'un mi-temps thérapeutique, vous devez faire la demande à votre administration. Cette dernière doit être accompagnée d'un certificat médical comportant les informations suivantes :
- Quotité de temps partiel souhaitée (50 %, 60 %, 70 %, 80 % ou 90 %)
- Durée du temps partiel (de 1 à 3 mois)
- Conditions d'exercice des fonctions à temps partiel (en continu ou en discontinu, par journées ou demi-journées non travaillées ou sous forme de réduction journalière de la durée de travail