Chômage partiel et cotisations retraite : quelles conséquences ?
Évaluez les impacts du chômage partiel sur vos cotisations retraite et anticipez les conséquences sur votre future pension.
Dans la vie de tout collaborateur, le licenciement et le chômage sont des événements inattendus, mais qui peuvent survenir durant une carrière. Comment le chômage impacte-t-il votre retraite ? Est-ce que les trimestres d’une période de chômage ou d’activité partielle sont pris en compte ? Comment faire la transition entre le chômage et la retraite ? Quelles sont les solutions pour les seniors ?
Avant les années 80, les périodes de chômage étaient toutes assimilées à des périodes d’assurance et donc comptabilisées pour le calcul de la retraite qu’elles aient été indemnisées ou non.
Un trimestre était validé pour chaque période de 50 jours dans la limite maximum de quatre trimestres par année civile.
Cependant, durant ces périodes de chômage, aucune somme n’était comptabilisée pour calculer vos droits et vous ne cotisiez pas pour votre retraite.
Depuis 1980, les périodes de chômage indemnisé sont comptabilisées pour la validation des trimestres d'assurance retraite et des points de retraite (retraite complémentaire). Pour les périodes de chômage non indemnisé, les règles de calcul varient selon qu'elles succèdent ou non à une période de chômage indemnisé.
Les règles pour le calcul des droits à la retraite sont les mêmes en ce qui concerne les périodes indemnisées. En voici la formule :
50 jours de chômage indemnisés = un trimestre retraite (quatre par an maximum).
Pour les périodes non indemnisées par l’assurance chômage, il se présente deux cas de figure. Le premier cas de figure concerne les périodes de chômage non indemnisé succédant à une période d’indemnisation. Le deuxième cas de figure concerne les assurés n’ayant jamais été indemnisés avant cette période.
Lorsque la période de chômage non indemnisé succède à une période d’indemnisation, elle est prise en compte dans la limite d'un an. Cette durée peut atteindre cinq ans à condition de remplir les critères suivants :
Lorsque l'assuré sans activité professionnelle n’a pas bénéficié de l’assurance chômage auparavant, les règles sont les suivantes :
Les périodes de chômage indemnisé ouvrent droit à l'attribution de points par les régimes de retraite complémentaire. Pour en bénéficier, il faut avoir cotisé auprès d'un organisme complémentaire avant la rupture du contrat de travail.
Si vous avez cotisé auprès d’un organisme complémentaire avant la rupture du contrat de travail, les allocations chômage vous donnent droit à des points pour la retraite complémentaire. Vos points de retraite complémentaire seront calculés sur la base du salaire de référence, c'est-à-dire celui de la dernière année travaillée et non pas selon l’allocation perçue pendant cette période de chômage.
Les informations sont directement transmises à la CNAV (Caisse nationale d'assurance vieillesse) par Pôle emploi (France Travail à partir de janvier 2024). Vous recevrez donc autant de points que si vous aviez continué à percevoir l’intégralité de votre salaire.
Dans le cadre d’une activité partielle, il est possible d'acquérir des points gratuits si la période de chômage partiel dépasse 60 heures sur l’année. Il y a donc une perte de points par rapport à ces 60 premières heures de chômage partiel. Les périodes d’activité partielle (également appelées périodes de chômage partiel) sont prises en compte pour votre retraite : si vous avez été en activité partielle à partir du 1er mars 2020, les périodes indemnisées sont validées en trimestres assimilés.
Un total des heures indemnisées est réalisé sur une année. Vous validez pour votre retraite autant de trimestres assimilés que vous réunissez de fois 220 heures indemnisées. Exemple : vous avez été en activité partielle (chômage partiel) sur une période totalisant 800 heures indemnisées : 800 h ÷ 220 h = 3,6 soit trois trimestres assimilés validés pour l’année 2020. Pour rappel, vous ne pouvez pas valider plus de quatre trimestres par année civile, tous types de trimestres confondus (cotisés grâce à un revenu d’activité et assimilés).
Le chômage partiel ou activité partielle est un dispositif de prévention des licenciements économiques. Il est destiné à l'employeur contraint de réduire son activité pour cause de conjoncture économique, restructuration, difficultés d'approvisionnement, etc.
Ce dispositif permet de faire prendre en charge tout ou partie du coût de la rémunération des salariés par l'État. Les salariés concernés perçoivent ainsi de leur employeur une indemnité d’activité partielle en lieu et place de leur salaire pour la période durant laquelle ils sont placés en activité partielle. L’employeur, de son côté, perçoit de l’État une allocation équivalente à une part de rémunération horaire du salarié placé en activité partielle.
Ce dispositif a été très largement utilisé par un grand nombre d’entreprises, ainsi que leurs salariés durant la crise sanitaire de la Covid-19, suite aux aménagements apportés à ce régime à compter du 1er juillet 2020 [1] (dispositif spécifique dénommé "activité partielle de longue durée").
Ainsi, dans le cadre de l’activité partielle, appelée aussi « chômage partiel », vous n’avez pas à justifier de durée minimum de travail au préalable, ni d’une perte involontaire d’emploi. À la différence de l’allocation chômage, ce n’est pas Pôle emploi (prochainement France Travail) qui vous verse l’indemnité, mais votre employeur, qui est ensuite remboursé. Au niveau pratique, vous n’avez aucune démarche à accomplir pour bénéficier de l’indemnité d’activité partielle (pas d’inscription, ni d’actualisation). Contrairement au chômage "classique", dans le cas de l’activité partielle, le contrat de travail n’est pas rompu, mais seulement suspendu.
Les personnes concernées sont des salariés du droit privé titulaires d’un contrat de travail français et qui ont subi une baisse de rémunération, suite à la réduction de leur activité professionnelle ou à la fermeture temporaire de leur lieu de travail. Sont concernées également par ce dispositif les personnes en situation de vulnérabilité ou en garde d’enfants.
Jusqu’à la crise sanitaire, les périodes de chômage partiel n’ouvraient pas de droits au titre de la retraite de base. Mais, depuis la loi du 17 juin 2020, à titre exceptionnel, les périodes de perception de l'indemnité horaire d'activité partielle comprises entre le 1er mars 2020 et le 31 décembre 2020 sont comptabilisées pour le calcul de la retraite, en tant que périodes assimilées. Donc les salariés qui ont subi des périodes d’activité partielle à partir du 1er mars 2020 ne sont pas pénalisés pour la prise en compte des périodes indemnisées.
Pour le régime de base des salariés du privé et du public, en ce qui concerne le calcul, à chaque fois qu’une période de 220 heures est indemnisée au titre de l'activité partielle, cela valide un trimestre pour la retraite dans la limite de quatre trimestres par année civile.
Comme pour le chômage classique, l’allocation versée ne sera cependant pas prise en compte dans la moyenne de vos 25 meilleures années, pour déterminer votre salaire annuel moyen. Toutefois, les trimestres peuvent être pris en compte pour une retraite anticipée pour carrière longue [2].
Le chômage des seniors est une réalité. En 2024, les plus de 50 ans représentaient 21,1 % des demandeurs d’emploi [3].
Depuis le 1er février 2023, la durée d’indemnisation est réduite de 25 % (application du coefficient 0,75) pour les allocataires dont la fin de contrat de travail (ou la date d’engagement de la procédure de licenciement) intervient à compter du 1er février 2023.
Pour les demandeurs d’emploi, les durées maximales d’indemnisation chômage sont les suivantes :
En cas de conjoncture défavorable, les demandeurs d’emploi en fin de droits peuvent bénéficier d’un complément de fin de droit. Les durées maximales de ce complément sont les suivantes :
Les demandeurs d'emploi en fin de droits suivant à ce moment une formation de 6 mois ou plus, peuvent bénéficier d’un complément de fin de formation. Pour bénéficier de ce dispositif, la formation doit être qualifiante, inscrite au Projet personnalisé d'accès à l'emploi (PPAE) et afficher une durée de six mois ou plus. Le complément de formation ne peut pas excéder :
Sous certaines conditions, les demandeurs d'emploi de 53 ou 54 ans peuvent bénéficier d’un allongement de leurs droits, s’ils ont suivi une formation indemnisée au titre de l’ARE-F.
L’Allocation d’Aide au Retour à l’Emploi Formation (ARE-F) est une rémunération versée pendant la formation d’un bénéficiaire de l’allocation d’aide au retour à l’emploi sous certaine condition.
Cet allongement est plafonné à 137 jours. La durée maximale d'indemnisation est donc limitée à 822 jours (685 jours de complément de fin de droits pour seniors + 137 jours). À la fin de l'allongement, les allocataires seniors peuvent encore bénéficier du complément de fin de formation.
Pour être éligible, le demandeur d'emploi doit :
Par ailleurs, les allocations chômage peuvent être maintenues après l’épuisement de vos droits à partir de l'âge légal de départ à la retraite. Depuis la réforme des retraites, l'âge légal de départ à la retraite recule progressivement de 62 à 64 ans.
Les conditions pour bénéficier du maintien des droits jusqu’à la retraite à taux plein sont les suivantes :
Les périodes prises en compte sans limite sont les suivantes :
Les périodes prises en compte dans la limite de cinq ans sont les suivantes :
Quelques mois avant la fin de vos droits, Pôle Emploi (prochainement France Travail) adresse un questionnaire afin de vérifier l’éligibilité à ce dispositif. Si c’est le cas, aucune démarche n’est nécessaire, les droits continueront d’être versés automatiquement.
Si vous avez le nombre de trimestres nécessaires pour bénéficier du taux plein à l'âge légal de départ à la retraite, vos pensions de retraite viendront automatiquement remplacer votre allocation chômage (même si vos droits ne sont pas encore épuisés).
Un nouveau CDI, appelé "CDI à inclusion", a été mis en place par la loi du 14 décembre 2020 afin de lutter contre le chômage des seniors. Ce contrat de travail concerne les personnes âgées de 57 ans et plus. Sa durée est de trois ans. Pour être éligibles au parcours d’insertion par l’activité économique, les seniors doivent être en situation de chômage de longue durée ou rencontrer des difficultés sociales et professionnelles particulières.
Les employeurs potentiels bénéficiant de ce nouveau dispositif sont :
Ces structures d’insertion par l’activité économique (SIAE) bénéficient d’aides financières publiques. Les entreprises du secteur marchand ne sont pas concernées par la réforme.
Le Revenu de solidarité active est une allocation octoyé par la Caisse d’allocation familiale ou la Mutualité sociale agricole. Il faut noter que le RSA ne constitue pas une indemnité de chômage et n’entraîne donc aucune accumulation de trimestre de retraite.
Vous pouvez malgré tout, pour d’autres raisons, valider des trimestres de retraite. Si vous percevez le RSA en complément d’un revenu faible, qu’il soit salarial ou non salarial, ce revenu vous permet d’acquérir des trimestres de retraite.
[1] décret n° 2020-926 du 28 juillet 2020 relatif au dispositif d’Activité Partielle de Longue Durée (APLD)
[2] Circulaire CNAV 2021-24 - 10 août 2021
[3] INSEE "Chômage selon le sexe et l’âge", Données annuelles de 1975 à 2024
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