Intervieweuse : Et si on parlait retraite ?
Une retraite à taux plein, ça veut dire quoi exactement ?
Dans le monde de la retraite, on se heurte parfois à des termes un peu obscurs. Alors pour y voir plus clair, nous avons aujourd’hui à nos côtés Valérie Batigne. Valérie est la dirigeante de Sapiendo retraite, une plateforme spécialisée en conseil en matière de retraite.
Valérie, est-ce qu’avoir le taux plein, d’une certaine façon cela revient à avoir le bon nombre de trimestres ?
Valérie Batigne : Oui, c’est exactement ça. Avoir le taux plein, ça veut dire avoir le bon nombre de trimestres requis par rapport à sa génération. Parce que vous savez que le nombre de trimestres qui permet d’avoir ce fameux taux plein dépend de votre année de naissance. Pour les personnes qui sont nées en 1973 il faut avoir validé 172 trimestres soit 43 ans. En gros, plus on est jeunes plus on doit valider de trimestres. Donc si je reprends, avoir le taux plein ça veut dire avoir son bon nombre de trimestres mais s’il nous manque vraiment beaucoup de trimestres, à partir d’un certain âge qui est 67 ans, on a quand même le taux plein. Donc on a une date limite à partir de laquelle on a quand même le fameux taux plein.
Intervieweuse : Alors finalement, en quoi c’est si important d’avoir une retraite à taux plein ?
Valérie Batigne : Alors c’est important car le taux plein permet d’avoir sa retraite calculée sans minoration ou sans décote, ce sont des synonymes. Sinon une décote s’applique qui est proportionnelle au nombre de trimestres qui manquent. Et cette décote, elle est viagère. C’est-à-dire qu’elle sera définitive tout au long de la retraite. C’est pour ça que quand on prend sa retraite sans avoir le taux plein, c’est-à-dire à taux minoré, il faut bien être conscient que la décote sera prélevée tout au long de la retraite.
Intervieweuse : Alors le fait de ne pas avoir tous ces trimestres j’imagine que ça arrive, et justement quand on est dans ce cas, concrètement qu’est-ce qu’il se passe ?
Valérie Batigne : Donc on a une décote perçue tout au long de la retraite. Il faut savoir que le pourcentage de pénalité c’est au régime de base des salariés, à savoir, 1,25 % par trimestres manquants. Donc par exemple s’il manque 4 trimestres à une personne, elle aura une décote de 1,25 % x 4 c’est-à-dire 5 % de retraite en moins tout au long de sa vie. Donc la décote va s’appliquer à la fois aux régimes de base et à la fois sur les régimes de retraite complémentaire. De plus, les pourcentages de décote ne sont pas forcément identiques, mais ce qui est sûr c’est qu’il y aura une décote.
Intervieweuse : Alors j’imagine que la situation inverse existe aussi ? À savoir, qu’est-ce qu’il se passe si on continue à travailler alors qu’on a déjà ses trimestres ?
Valérie Batigne : Donc là c’est une bonne nouvelle, on a une surcote. C’est-à-dire qu’on a un pourcentage qu’on peut appeler de bonus, sur le régime de base. Donc, la condition pour bénéficier de cette surcote, c’est de travailler plusieurs trimestres supplémentaires, à la fois au-delà de l’âge légal et au-delà du nombre de trimestres requis. Ces deux conditions sont importantes. Dans ce cas-là, on a une surcote qui est appliquée sur le régime de base. Cette surcote est elle aussi proportionnelle par rapport au nombre de trimestres travaillés en plus. C’est-à-dire que si on travaille 10 trimestres de plus, on a évidemment 10 fois plus que si on travaille 1 trimestre de plus. Ça c’est pour le régime de base, et pour le régime complémentaire Agirc Arrco, il n’y a pas de surcote mais plus on travaille et plus on obtient des points, donc plus on a de retraite.
Intervieweuse : Merci Valérie Batigne pour tous ces bons conseils. Si ces questions vous intéressent, eh bien vous pouvez retrouver d’autres conseils et d’autres astuces sur le site Ma Nouvelle Vie.
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