Dans la majorité des cas, le rachat est rentable lorsqu'il permet d'éviter une décote définitive et que le départ à la retraite est proche. À l'inverse, plus le départ est éloigné, plus l'incertitude sur la carrière et les futures réformes réduit l'intérêt de l'opération.
Pour évaluer la rentabilité d'un rachat, il faut prendre en compte :
- le coût du rachat ;
- le gain annuel sur la pension ;
- l'avantage fiscal obtenu ;
- le nombre d'années nécessaires pour amortir l'opération (coût net du rachat/gain annuel sur la pension). Plus ce délai d'amortissement est court, plus le rachat est intéressant.
Dans quels cas est-il intéressant de racheter des trimestres pour la retraite ?
Le rachat de trimestre de retraite peut s’avérer très intéressant si :
- vous êtes proche de l’âge de départ à la retraite
- vous souhaitez bénéficier du cumul emploi-retraite, pour lequel l’obtention du taux plein est obligatoire
- vous payez beaucoup d’impôts. En effet, les versements réalisés pour le rachat d’un trimestre retraite sont déductibles de vos revenus bruts imposables. Cet avantage fiscal est valable l'année du rachat, ou se déploie sur plusieurs années en cas de versements échelonnés. Cela est particulièrement intéressant pour les contribuables situés dans les taux marginaux d'imposition les plus élevés. Mais, à l’inverse, un rachat de trimestres peut, en augmentant votre revenu futur, vous faire passer dans une tranche d'imposition supérieure une fois à la retraite. Il convient de prendre en compte cette probabilité dans le calcul de la rentabilité de votre rachat de trimestres retraite.
Dans quels cas faut-il éviter un rachat de trimestres ?
Si vous avez le nombre de trimestres requis
Le rachat de trimestre retraite est inutile si vous envisagez de partir à la retraite à l’âge légal correspondant à votre année de naissance et si vous avez assez de trimestres validés pour bénéficier du taux plein. Dans votre calcul, pensez à prendre en compte vos trimestres cotisés, mais également vos trimestres assimilés et vos trimestres de majoration (si vous avez des enfants, par exemple).
A noter : sauf exception, les trimestres rachetés ne permettent pas de partir à la retraite avant l’âge légal
Si vous êtes jeune
Certes, le coût de rachat d’un trimestre est réduit lorsqu’on est jeune mais, il est important de prendre en compte les risques liés à d’éventuelles évolutions législatives et règlementaires qui pourraient, d’ici votre départ à la retraite, réformer le système actuel. Impossible alors de prédire si votre rachat sera rentable, ou non.
Autre élément à considérer : le caractère potentiellement "à fonds perdus" du rachat. En effet, le départ à la retraite peut, pour diverses raisons (évolution de carrière, aide à un proche en situation de dépendance, maternité…), avoir lieu plus tard que ce que vous aviez prévu. Or, le coût du rachat n’est pas récupérable.
Par exemple, un salarié de 64 ans à qui il manque 4 trimestres pour partir à taux plein peut envisager un rachat de trimestre retraite afin d'éviter une décote définitive sur sa pension. En revanche, un actif de 45 ans a généralement plutôt intérêt à attendre avant de racheter des trimestres, car sa carrière et les règles législatives peuvent encore évoluer d’ici son départ à la retraite.
Si vous êtes éligible à une carrière longue
Si vous pouvez bénéficier du dispositif de retraite anticipée pour carrière longue, il est, a priori, inutile d’effectuer un rachat de trimestre puisque vous avez déjà le nombre de trimestres requis pour un départ à taux plein.
Avec une nuance cependant, car, depuis la réforme des retraites de 2023, certains trimestres rachetés peuvent être pris en compte dans le calcul de ce dispositif et, donc, vous permettre de partir à la retraite plus tôt : il s’agit du rachat de trimestres au titre des périodes d’apprentissage effectuées entre le 1er juillet 1972 et le 31 décembre 2013.
Si vous avez 67 ans, ou presque
67 ans est l’âge du taux plein automatique, c’est-à-dire l’âge à partir duquel vous pouvez partir à la retraite à taux plein, quelle que soit votre durée d’assurance. Racheter des trimestres de retraite à ce moment-là est donc inutile.
Exemples de rentabilité
Jean a 63 ans. Il a atteint l'âge légal de départ et a validé 168 trimestres. Il lui manque donc quatre trimestres sur les 172 nécessaires pour bénéficier d'une retraite à taux plein. Il les rachète pour un montant de 16 000 euros. Cette opération lui permet d'éviter une décote et d'augmenter sa pension de retraite de 1 500 € par an. Le coût du rachat sera donc amorti en un peu plus 10 ans, avant la prise en compte d'une éventuelle économie d'impôts.