Par amendement, il a été proposé d’ajouter une 4e tranche d’âge pour que les actifs qui ont commencé à travailler entre 20 et 21 ans puissent partir à 63 ans et un plancher de 43 annuités de cotisations a été intégré. Toutefois, au regard des conditions cumulatives à respecter, certaines personnes qui peuvent prétendre à un départ anticipé pour carrière longue devraient cotiser plus de 43 ans. Le Gouvernement doit encore préciser ces règles dans des décrets.
Aménagement du dispositif de départ anticipé pour les personnes invalides, en inaptitude et en situation de handicap
Si vous êtes en situation d'invalidité ou d'inaptitude, la réforme des retraites 2023 vous permettra de continuer de partir à 62 ans au taux plein en créant un âge de départ anticipé spécifique.
Si vous êtes travailleur handicapé, vous pourrez toujours partir à compter de vos 55 ans, mais avec des conditions plus souples. En effet, aujourd'hui, pour prétendre à un départ anticipé pour handicap, il faut remplir une condition de durée d'assurance, ainsi que d'une durée d'assurance effectivement cotisée. La réforme va supprimer cette condition cumulative en ne conservant que la condition d'avoir cotisé un nombre minimal de trimestres. La reconnaissance de la période de travail en situation de handicap lors du départ à la retraite sera également allégée.
De même, si vous avez subi un accident du travail ou une maladie professionnelle (AT-MP), les conditions seront aussi assouplies et vous pourrez partir à la retraite 2 ans avant l’âge légal. Par exemple, si un accident du travail ou une maladie professionnelle a entrainé une incapacité d’au moins 10 %, vous pourrez partir deux ans avant l’âge légal, si cette incapacité est liée à une exposition à des facteurs de pénibilité. Vous n'aurez à justifier que d'une durée d'au moins 5 ans d'exposition durant votre carrière au lieu de 17 ans, actuellement.
Les travailleurs exposés à l'amiante pourront toujours bénéficier d'un départ à 50 ans comme aujourd'hui.
La reconnaissance et la prévention de la pénibilité au travail facilitées
L’objectif de cette réforme dans la prévention de l’usure professionnelle est d’assurer le maintien dans l’emploi et d'éviter l’exposition aux risques professionnels, tels que les troubles musculo-squelettiques qui touchent particulièrement les personnes qui exercent des métiers physiques ou répétitifs (port de charges lourdes, postures pénibles, vibrations mécaniques, etc.). Ainsi, davantage de salariés pourront bénéficier du compte professionnel de prévention (C2P) grâce à un abaissement des seuils des principaux facteurs d'exposition aux risques professionnels. Il s'agit notamment des travailleurs de nuit ou ceux exposés à plusieurs risques professionnels (températures extrêmes, équipes successives alternantes, travail répétitif, le bruit, etc.). Aussi, ils se verront octroyer plus de points, plus rapidement, leur permettant d’augmenter les possibilités d’utilisation du C2P. Si vous êtes dans ce cas, ce compte professionnel de prévention vous permettra par exemple de financer un congé de reconversion afin de changer de métier plus facilement ou de passer à temps partiel.
Par ailleurs, vous bénéficierez d'un suivi médical renforcé pour adapter votre poste de travail ou changer d'emploi en fonction de l'avis de la médecine du travail.
En revanche, le Conseil constitutionnel a censuré la création d'un fonds d'investissement dans la prévention de l'usure professionnelle. Il devait être instauré dans le but, entre autres, de soutenir financièrement les employeurs dans leurs actions de sensibilisation, de prévention et de reconversion.