Maladie professionnelle, accident du travail, invalidité : quels sont vos droits pour la retraite en cas d’arrêt ?
Découvrez quels sont vos droits pour la retraite en cas d'arrêt pour maladie professionnelle, accident du travail ou invalidité
La Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé (RQTH) peut permettre, sous certaines conditions, un départ anticipé à la retraite. Mais, pour partir à la retraite à 55 ans avec une RQTH, il faut également justifier d'un taux d'incapacité permanente d'au moins 50 % et du nombre de trimestres cotisés exigé en fonction de son année de naissance. Retrouvez ci-dessous les conditions et démarches pour optimiser vos droits à la retraite avec une RQTH.
La Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé (RQTH) est une décision administrative qui « accorde aux personnes en situation de handicap une qualité leur permettant de bénéficier d’aides spécifiques », explique le ministère du Travail sur son site internet. Cette reconnaissance s'adresse aux personnes dont l'état de santé (capacités physiques ou mentales) limitent les possibilités d'exercer une activité professionnelle.
La demande de RQTH est effectuée auprès de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH), au sein de laquelle siège la Commission des droits et de l’autonomie des personnes âgées (CDAPH). C’est cette instance qui est en charge de la reconnaissance du handicap, mais aussi de la prise de décision relative aux droits des usagers. Un dossier médical détaillé doit accompagner la requête, documentant précisément les limitations professionnelles.
Valable pour une durée de 1 à 10 ans renouvelable, la RQTH donne accès à des aménagements spécifiques dans le monde professionnel. Elle peut également ouvrir des droits à la retraite anticipée, sous réserve de remplir certaines conditions de taux d'incapacité et de trimestres cotisés.
A noter : La RQTH n'est pas obligatoire, mais elle vous permet de faciliter votre vie professionnelle (aménagement des horaires de travail, adaptation du poste de travail...).
La quasi-totalité des régimes de retraite de base permettent aux travailleurs handicapés de partir à la retraite avant l'âge légal (fixé entre 62 ans et 64 ans selon l'année de naissance), entre 55 et 59 ans. Il s'agit des régimes suivants :
Le dispositif de retraite anticipée reste toutefois accessible sous certaines conditions. Si vous êtes travailleur handicapé, vous devez :
Jusqu’au 31 décembre 2015, il fallait disposer uniquement de la Reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH) pour avoir accès à la retraite anticipée pour handicap.
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Depuis le 1er janvier 2016, vous devez justifier d'un taux d'incapacité permanente d'au moins 50 % durant toute la période minimum de cotisation, (ou pour les périodes antérieures au 31 décembre 2015, avoir exercé votre activité professionnelle en étant reconnu travailleur handicapé) ou être en situation de handicap comparable au taux d'incapacité de 50 % pour prétendre au départ à la retraite anticipée au titre du handicap. Vous devez faire reconnaître cet état d'incapacité par la MDPH.
Cette reconnaissance est essentielle pour justifier de votre situation de handicap tout au long de votre carrière et ouvrir vos droits au départ anticipé, potentiellement dès votre 55e anniversaire sous réserve de remplir l’ensemble des conditions requises.
En tant que travailleur en situation de handicap, vous devez par ailleurs justifier d'un nombre de trimestres validés et cotisés spécifiques en fonction :
Les trimestres pris en compte sont calculés tous régimes confondus, dans la limite de 4 trimestres par an. Ils correspondent aux durées d'assurance ayant donné lieu à un versement de cotisations à titre obligatoire, volontaire, à la suite du rachat (sauf rachat Fillon) ou de la régularisation de cotisations arriérées. Toutes les périodes de cotisations à un régime de retraite français ou de la zone d'application des règlements européens sont retenues.
Voici un tableau récapitulatif pour mieux vous y retrouver :
| Année de naissance | Départ anticipé à partir de | Nombre minimum de trimestres exigés |
|---|---|---|
| Avant le 1er septembre 1961 | 59 ans | 88 dont 68 cotisés |
| Entre le 1er septembre 1961 et le 31 décembre 1962 | 59 ans | 68 trimestres cotisés |
| 1963 | 59 ans | 68 trimestres cotisés |
| En 1964 | 58 ans | 79 trimestres cotisés |
| 59 ans | 69 trimestres cotisés | |
| En 1965 | 57 ans | 89 trimestres cotisés |
| 58 ans | 79 trimestres cotisés | |
| 59 ans | 69 trimestres cotisés | |
| En 1966 | 56 ans | 99 trimestres cotisés |
| 57 ans | 89 trimestres cotisés | |
| 58 ans | 79 trimestres cotisés | |
| 59 ans | 69 trimestres cotisés | |
| Entre 1967 et 1969 | 55 ans | 110 trimestres cotisés |
| 56 ans | 100 trimestres cotisés | |
| 57 ans | 90 trimestres cotisés | |
| 58 ans | 80 trimestres cotisés | |
| 59 ans | 70 trimestres cotisés | |
| Entre 1970 et 1972 | 55 ans | 111 trimestres cotisés |
| 56 ans | 101 trimestres cotisés | |
| 57 ans | 91 trimestres cotisés | |
| 58 ans | 81 trimestres cotisés | |
| 59 ans | 71 trimestres cotisés | |
| À partir de 1973 | 55 ans | 112 trimestres cotisés |
| 56 ans | 102 trimestres cotisés | |
| 57 ans | 92 trimestres cotisés | |
| 58 ans | 82 trimestres cotisés | |
| 59 ans | 72 trimestres cotisés |
Si vous partez en retraite anticipée en tant que travailleur handicapé, votre pension est calculée au taux plein de 50 %, même si vous n'avez pas atteint le nombre de trimestres normalement requis. Ce droit à une retraite à taux plein s'applique dès lors que vous remplissez les conditions d'incapacité et de durée de cotisation.
Pour votre retraite complémentaire, le régime Agirc-Arrco accorde également un départ sans minoration. Vous bénéficiez donc du versement de cotisations acquises sans coefficient de réduction, contrairement aux départs anticipés pour d'autres motifs.
Cependant, si votre pension majorée reste inférieure au minimum contributif (le montant minimum garanti pour les retraités ayant cotisé sur de faibles revenus), c'est ce minimum qui vous est versé automatiquement.
Si vous ne réunissez pas la durée d'assurance maximale au régime général, une majoration spécifique est appliquée pour compenser cette situation. Son calcul repose sur une formule précise :
(Nombre de trimestres cotisés en situation de handicap ÷ durée d'assurance totale) × 1/3
Cette majoration vient augmenter le montant de votre pension de base pour que celui-ci se rapproche d'une retraite à taux plein. Elle est accordée automatiquement par votre caisse de retraite, sans démarche supplémentaire de votre part.
Voici les étapes à suivre pour demander une retraite anticipée avec une RQTH
1/ Demander une attestation de départ anticipé auprès de votre caisse de retraite (CARSAT, MSA, etc.).
2/ Fournir les justificatifs :
3/ Respecter les délais : il est conseillé de commencer les démarches au moins 6 mois avant la date de départ souhaitée.
À savoir : Si vous n'avez pas fait reconnaître votre incapacité à temps, la CDAPH peut procéder à une validation rétroactive de vos périodes de handicap. Cette validation rétroactive ne peut toutefois pas dépasser 30 % de la durée d'assurance cotisée exigée pour bénéficier de la retraite anticipée pour handicap.
Trois situations distinctes peuvent vous permettre de bénéficier d'aménagements spécifiques au moment de votre départ à la retraite : la RQTH (Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé), l'inaptitude au travail et l'invalidité. Des notions souvent confondues qui qui n’ouvrent pas les mêmes droits.
La RQTH et le handicap relèvent de la compétence de la MDPH, l'invalidité est constatée par le médecin-conseil de la CPAM, tandis que l'inaptitude au travail est reconnue par le médecin-conseil de votre caisse de retraite. Voici un tableau pour mieux comprendre ces trois dispositifs et leur impact sur votre retraite.
| Dispositif | Conditions | Âge de départ | Avantages |
|---|---|---|---|
| RQTH et retraite anticipée | Taux d’incapacité ≥ 50 %, durée de handicap, trimestres cotisés | À partir de 55 ans, pour les personnes nées au plus tôt à partir de 1967 et sous réserve du nombre de trimestres cotisés | Départ anticipé sans décote |
| Retraite pour inaptitude | Inaptitude médicale au travail | Dès 62 ans | Retraite à taux plein même sans tous les trimestres |
| Retraite pour invalidité | Pension d’invalidité (cat. 2 ou 3) | À partir de 62 ans | Fin de la pension d’invalidité et passage automatique à la retraite. |
Depuis le 1er janvier 2017, les personnes en situation de handicap qui atteignent l'âge légal de départ à la retraite peuvent continuer à percevoir l'AAH de manière réduite en complément de leur retraite de base sans avoir besoin de basculer dans le dispositif ASPA (Allocation de solidarité aux personnes âgées). Ces règles de cumul entre AAH et droit à une retraite sont définies au niveau national, notamment par la commission nationale compétente.
Mais attention, cela ne vous concerne que si vous bénéficiez déjà de l'AAH et que :
En revanche, vous ne pourrez plus bénéficier du versement de l'AAH à partir de l'âge légal de départ à la retraite si votre taux d'incapacité est compris entre 50 % et 79 %. Vous devrez alors demander à bénéficier de l'Allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA).
À noter également que pour bénéficier de l'AAH, vous devez avoir plus de 20 ans et ne pas avoir de revenus supérieurs à un certain plafond qui diffère selon votre situation familiale (seul, en couple, avec ou sans enfant).
Les fonctionnaires titulaires des trois versants de la fonction publique (État, territoriale, hospitalière) peuvent bénéficier du dispositif de retraite anticipée pour handicap dans les mêmes conditions que les salariés du secteur privé.
Leur retraite de base est servie par le Service des retraites de l'État (SRE) pour les fonctionnaires civils d'État ainsi que les militaires et les magistrats, ou par la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales (CNRACL) pour les fonctionnaires territoriaux et hospitaliers.
Depuis l'entrée en vigueur de la réforme des retraites de 2023, les critères pour bénéficier d'un départ anticipé à la retraite en tant que travailleur handicapé ont été allégés. Désormais, un taux d'incapacité d'au moins 50 % suffit pour que la commission compétente puisse valider les trimestres liés au handicap. Par ailleurs, la condition liée à la durée d'assurance validée a été supprimée. Seule la durée d’assurance cotisée est prise en compte.
Ces évolutions s'inscrivent dans une dynamique plus large d'amélioration des droits des travailleurs handicapés. Les caisses de retraite continuent d'adapter leurs modalités d'instruction des dossiers pour tenir compte de ces simplifications, notamment en cas d'inaptitude au travail reconnue.
En conclusion, si la RQTH et la retraite sont liées, la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé ne suffit pas à elle seule pour bénéficier d'un départ à la retraite anticipé. Pour partir dès 55 ans, il est également indispensable de justifier d'un taux d'incapacité permanente d'au moins 50 % et du nombre de trimestres cotisés nécessaire en fonction de son année de naissance. Il est recommandé de vérifier votre relevé de carrière et, si besoin, de solliciter votre caisse de retraite afin de connaître l'ensemble de vos droits.
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