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Un récent sondage réalisé en novembre 2025 par ODOXA pour Groupama (1) révèle une inquiétude grandissante des Français à l'approche de la retraite. Ce baromètre publié en octobre 2025 a été réalisé auprès d'un échantillon représentatif de 5 000 Français âgé de plus de 18 ans. On fait le point.
Ce baromètre met en lumière les préoccupations des Français vis-à-vis de leur retraite. En premier lieu, on relève que près de la moitié (60 %) des non-retraités interrogés n'ont pas confiance dans le système des retraites actuel. Néanmoins, cette défiance globale baisse chez les retraités interrogés en passant à 32 %. En somme, sur l'ensemble des Français interrogés (retraités ou non), 52 % déclarent ne pas avoir confiance dans le système des retraites, soit une personne sur deux.
Un autre chiffre révélateur sur la préoccupation des Français face à la retraite est celui de l'accès à l'information. En effet, 62 % des interrogés considèrent ne pas être bien informés sur les démarches à effectuer pour préparer leur retraite
Concernant la préparation de leur retraite, ce baromètre soulève un ratio relativement élevé des Français qui s'y attèlent. En effet, 50 % des actifs disent avoir déjà commencé à préparer leur retraite ou commencé à se renseigner. A contrario, 50 % assurent ne pas avoir commencé. En revanche, si l'on s'intéresse plus en détails aux solutions d'épargne des Français, on remarque qu'ils s'y préparent davantage qu'ils ne le pensent, puisque 65 % des non-retraités interrogés ont effectivement déjà mis en place l'une des options suivantes pour financer leur retraite :
Ensuite, sur les 50 % qui affirment préparer leur retraite, on estime une moyenne élevée du budget mensuel consacré à cet effet, avec 260 euros mis de côté chaque mois. Ces Français ont d'ailleurs commencé à épargner jeune, avant l'âge de 30 ans pour près de la moitié d'entre eux (55 %). Entre ceux qui s'y préparent consciemment et relativement tôt (65 %) et ceux qui disent ne pas avoir commencé la préparation financière de leur retraite (35 %), on remarque une certaine fracture.
Enfin, 51 % des personnes interrogées ont l'intention de continuer à travailler au moment de la retraite afin de compléter leurs ressources financières. Ce chiffre est symptomatique d'une certaine inquiétude partagée par près de la moitié des futurs retraités concernant la baisse du niveau de vie rencontrée à la retraite.
La question de l'âge de départ à la retraite est une question centrale chez les futurs retraités en France. Le baromètre ODOXA(1) le montre bien car 54% des salariés ont déjà effectué une simulation pour savoir à quel âge ils partiront à la retraite.
Dans le cadre de cette étude, les Français pense plutôt prendre leur retraite aux alentours des 64 ans.
Dans le cadre de la réforme de la retraite 2023, l'institut ODOXA s'est renseigné auprès des Français pour connaître leur avis sur le report de l'âge légal de départ à la retraite à 64 ans. Ainsi, même après la réforme, 67 % des personnes interrogées s'y opposent toujours. Plus de 7 Français sur 10 disent avoir une vision « moins claire » de leur future retraite depuis la promulgation de la réforme. 51 % des non-retraités se préparent à travailler pendant leur retraite.
Dans les solutions privilégiées pour compléter leurs revenus, nous retrouvons en première position avec 59 % celle d'épargner davantage à titre individuel. Puis le cumul emploi-retraite en seconde position (26 %), suivi de près par l'aménagement de la fin de carrière avec le dispositif de la retraite progressive (22 %). En 4ème position, arrive l’emploi sur une durée plus longue à temps plein.
Si l’on se réfère à l’étude annuelle réalisée par la DREES (2), dont la dernière édition a été publiée en Juillet 2025, on constate que les femmes en France perçoivent une pension de droit direct inférieure de 37,5 % à celle des hommes.. Par ailleurs, les femmes partent en moyenne 9 mois plus tard à la retraite que les hommes : à 63 ans et 1 mois contre 62 ans et 4 mois pour leurs homologues masculins.
Les inégalités femmes-hommes sur le montant des pensions et les âges de départ à la retraite sont le résultat d'une propension plus importante chez les femmes à connaître une carrière en dent de scie : cessation d’activité, congé parental, activité non salariée, monoparentalité, passage à temps partiel pour aider ses enfants ou ses aînés (aidant familial), etc. Ce sont autant de situations qui impactent l'acquisition des droits à la retraite au cours d'une carrière. Le baromètre ODOXA réalisé en 2023 (3), montre bien cela en révélant que près d’une femme sur deux (45 %) en France a connu l’une de ces situations de fragilité face à l’emploi durant sa carrière.
En effet, toujours dans le cadre de ce sondage, on peut rapporter quelques chiffres révélateurs sur les carrières hachées ou précaires connues par nombreuses d'entre elles, tels que :
Ce sondage (3) révèle que les Français interrogés plébiscitent la mise en place d'une réforme visant à réduire les inégalités femmes-hommes en France. Plus précisément, les femmes et les hommes se sont montrés largement favorables aux trois mesures suivantes :
Ces trois principales mesures présentées et largement approuvées visent en effet à faire progresser les égalités femmes-hommes face à la retraite, telles que les écarts entre les montants de pensions et les âges de départ constatés.
L’attribution de points de retraite complémentaire pour toute interruption de travail liée à l'éducation des enfants ou au soutien des ainés (cas des aidants familiaux) permettrait de relever le niveau de pension de retraite des assurées qui connaissent ces situations au cours de leurs carrières.
Ensuite, la possibilité de transférer des droits à la retraite entre conjoints permettrait de compenser la perte de droits à la retraite connu par l’un des membres du foyer en raison d’un changement ou d’un bouleversement familial : l’arrivée d’un enfant, l’aide d’un proche en situation de dépendance ou de handicap, etc.
Enfin, la création d’un PER (Plan d’Epargne Retraite) spécifique « interruption de carrière » permettrait à celles ou ceux qui ont été contraints de mettre leur carrière entre parenthèse pour des raisons familiales d’anticiper la perte de droits et d’améliorer leurs niveaux de vie une fois à la retraite. D’après le sondage ODOXA (3), le PER commence à acquérir de la notoriété auprès des Français puisque 62 % des non-retraités connaissent ce contrat d’épargne retraite spécialement dédié à la préparation financière de la retraite. On observe, là encore, un écart entre les femmes et les hommes parmi les détenteurs car 24 % des hommes interrogés ont déjà souscrit un PER contre 17 % des femmes.
(1) Baromètre retraites Odoxa pour Groupama 2025 - Vague 5 - 5 novembre 2025
(2) DREES 2025, Panoramas de la DREES – Social, Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques, Les retraités et les retraites – Édition 2025, pages 13 et 142.
(3) Baromètre Retraites Odoxa pour Groupama - Vague 3 - 3 octobre 2023
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