Au décès de votre époux(se) ou ex-époux(se) vous pouvez toucher, sous certaines contions, une partie de sa pension de retraite. C’est ce qu’on appelle la réversion ou pension de droits dérivés. Une nouvelle loi, qui devait réformer ce système, avait été annoncée pour 2026, mais qu’en est-il vraiment ? Des changements sont-ils prévus ? Qui sera impacté ?
A retenir :
- La pension de réversion permet de percevoir une partie de la pension de retraite de son conjoint après son décès. Elle est versée selon certaines conditions, qui diffèrent en fonction des régimes de base et complémentaires.
- Si une réforme de la pension de réversion a été envisagée, cette nouvelle loi n’a, pour l'heure, pas abouti. Pour 2026, aucun changement majeur ne devrait intervenir.
- En revanche, le Conseil d'orientation des retraites (COR) a remis au gouvernement, en novembre 2025, un certain nombre de préconisations.
Retraite : y aura-t-il une nouvelle loi sur la pension de réversion en 2026 ?
Il ne devrait pas y avoir de changements majeurs concernant la pension de réversion en 2026. En effet, malgré les préconisations du Conseil d'orientation sur les retraites (COR) dans un rapport publié en novembre 2025(1), il ne devrait pas y avoir de nouvelle loi en 2026, et aucune grande réforme ne devrait avoir lieu dans les prochains mois. En revanche, ces dernières années, plusieurs évolutions ont été enregistrées.
En 2026, pas de grande réforme attendue de la pension de réversion, mais des préconisations
La réforme de la pension de réversion, dont l’objectif annoncé était d'harmoniser le droit à la pension de réversion, commun à tous les régimes de retraite, n'est pas entrée en vigueur.
A la suite de la saisine du gouvernement en 2023, le Conseil d'orientation des retraites (COR) avait cependant remis, en novembre 2025, un rapport sur les droits familiaux et conjugaux. Constatant "la nécessité d'une adaptation des droits familiaux au regard des évolutions constatées en termes d'emploi des femmes et des écarts de rémunération entre hommes et femmes", le COR préconisait, notamment, des modifications concernant la pension de réversion avec :
- une harmonisation des règles entre les différents régimes de retraite avec un taux unique
- une généralisation des conditions de ressources
- une nouvelle formule de calcul de la pension de réversion, plafonnée au strict maintien du niveau de vie
Montant de la pension totale de réversion (si positif, sinon zéro) = (2/3 de la pension du défunt) - (1/3 de la pension du conjoint survivant)(1)
- des pensions de réversion ouvertes à tous les concubins survivants (mariage, Pacs ou union libre).
Quelques évolutions depuis 2023
Quelques changements ont cependant eu lieu ces dernières années avec, notamment :
- l’extension aux orphelins de la pension de réversion du régime général et de l’Agirc-Arrco, sous certaines conditions (jusqu’en 2023, seuls les orphelins dont les parents dépendaient du régime de la fonction publique pouvaient percevoir cette pension)
- une meilleure prise en compte de certaines situations particulières (polypensionnés, personnes en situation de handicap…)
- une simplification des démarches administratives : les informations sont désormais centralisées et, depuis mars 2026, il est possible de réaliser, via le site de Service Public, une seule et unique demande de pension de réversion auprès de tous les régimes de retraite.
- Des évolutions pourraient encore avoir lieu dans les années à venir (la réforme des retraites de 2023 est suspendue jusqu'au 1er janvier 2028), notamment concernant une harmonisation des règles afin de simplifier le système.
Comment fonctionne la pension de réversion ?
En France, dans l’ensemble des régimes de retraite, le décès d'un époux ouvre au conjoint survivant un droit de percevoir un partie de la retraite que le défunt touchait ou aurait pu toucher de son vivant : ce dispositif s'appelle la pension de réversion. Pour en bénéficier, le conjoint survivant doit impérativement avoir été marié au défunt.
Aujourd’hui, en l’absence d’harmonisation, chaque régime de retraite de base ou complémentaire verse cette pension de réversion en fixant ses propres règles.
Quelles sont les conditions pour toucher une pension de réversion ?
Aujourd’hui, les pensions de réversion répondent à des règles différentes, selon les régimes de retraite auxquels vous cotisez. Elles portent sur :
- l’âge auquel vous pouvez recevoir la pension de réversion ;
- votre situation maritale (remariage, divorce, veuvage);
- les conditions de ressources ;
- le non-remariage selon les régimes ;
- Le taux de la pension de réversion s'élève à(2):
- - 54 % des droits de retraite du défunt pour la majorité des régimes de retraite de base (Assurance retraite, MSA, CNAVPL), à l’exception du régime de base des avocats (50%)
- - 60 % des droits de retraite du défunt pour le régime Agirc-Arrco et pour certains régimes complémentaires des professions libérale
- - 50 % des droits de retraite du défunt pour les fonctionnaires et les contractuels de la fonction publique
Plafond de ressources, montant : comment est calculée la pension de réversion en 2026 ?
Le montant de la pension de réversion dépend, lui aussi, du régime de retraite. Il est égale à :
- 54 % des droits de retraite du défunt pour la majorité des régimes de base (Assurance retraite, MSA, CNAVPL), à l’exception du régime de base des avocats (50%) et sans les majorations éventuelles.
- 60 % des droits de retraite du défunt pour le régime Agirc-Arrco et pour certains régimes complémentaires des professions libérales.
Cependant la pension de réversion, qui est soumise à prélèvements, peut être réduite dans certaines situations :
- Si votre époux ou ex-époux a été marié plusieurs fois : la pension de réversion est répartie entre les ex-conjoints survivants, proportionnellement à la durée de chaque mariage.
- Selon les ressources dont vous disposez, certains régimes de retraite peuvent conditionner l'accès à la pension de réversion. Ainsi, pour bénéficier des droits de réversion de l’Assurance retraite en tant que salarié, vos ressources annuelles brutes ne doivent pas dépasser, en 2026 :
- - 25 001,60 euros pour une personne seule
- - 40 002,56 euros pour un couple (marié, partenaire de Pacs ou concubin)
Le montant minimum de la pension de réversion pour le régime général en 2026 est de 334,92 € par mois (soit 4 019,13 € par an) si le défunt totalisait au moins 60 trimestres (sinon minimum proratisé). La majoration forfaitaire "enfant à charge" est de 113,59 € par mois et par enfant.
A noter que si vous avez 55 ans ou plus et que vous travaillez, en tant que conjoint survivant, vos ressources annuelles sont calculées en prenant en compte seulement 70 % de vos revenus d'activité.
Salariés, fonctionnaires, agriculteurs… Des spécificités pour chaque régime
Pour les salariés du privé (Assurance retraite, Agirc-Arrco, Ircantec)
| Conditions | L'Assurance retraite (Régime de base) | Agirc-Arrco / Ircantec (Régimes complémentaires) |
| Age | 55 ans | 55 ans |
| Mariage | OUI | OUI |
| Remariage possible | OUI | NON |
| Plafond de ressources en 2026 (montant annuel brut | Célibataire : | Pas de condition de ressources |
| 25 001,60 € | ||
| En couple : | ||
| 40 002,56 € | ||
| Montant | 54% | 60% pour l’Agirc-Arcco 50 % pour l’Ircantec |
Pour les fonctionnaires d’Etat, fonctionnaires territoriaux ou hospitaliers (Service des retraites de l'Etat, Caisse nationale des retraites des agents des collectivités locales et Retraite additionnelle de la fonction publique)
| Conditions / Régimes | SRE / CNRACL (Régime de base) | RAFP (Régimes complémentaires) |
| Age | Pas de conditions | Pas de conditions |
| Mariage | OUI (sans condition de durée si un enfant est né de l’union. Sinon le mariage doit avoir duré au moins 4 ans ou avoir été contracté au moins 2 ans avant la cessation des services accomplis par le fonctionnaire et valables pour la retraite ; ou avoir précédé l'événement ayant conduit à la mise à la retraite du fonctionnaire dans le cadre d'une invalidité reconnue.) | OUI |
| Remariage possible | NON, y compris Pacs et concubinage | NON, y compris Pacs et concubinage |
| Plafond de ressources | NON | NON |
| Montant | 50% | 50% |
Pour les travailleurs indépendants (Sécurité sociale des indépendants et retraite complémentaire des indépendants)
| Conditions / Régimes | SSI (Régime de base) | RCI (Régime complémentaire) |
| Age | 55 ans | 55 ans |
| Mariage | OUI | OUI |
| Pacs | NON | NON |
| Remariage possible | OUI | OUI |
| Plafond de ressources en 2026 (montant annuel brut) | Célibataire : 25 001,60 € | 81 048 € |
| En couple : 40 002,56 € | minorée si supérieure | |
| Montant | 54% | 60% |
Source : « Travailleurs indépendants : la retraite de réversion » L’Assurance retraite
Pour les salariés ou exploitants agricoles (Mutualité sociale agricole)
| Conditions / Régimes | MSA (Régime de base) | MSA (Régimes complémentaires) |
| Age | 55 ans | 55 ans (sauf si invalidité ou au moins 2 enfants à charge) |
| Mariage | OUI | OUI 2 ans (sauf si enfant(s)) |
| Pacs | NON | NON |
| Remariage possible | OUI | NON |
| Plafond de ressources en 2026 (montant annuel brut) | Célibataire : 25 001,60 € | NON |
| En couple : 40 002,56 € | ||
| Montant | 54% | 54% |
Et vous, quel serait le montant de votre pension de réversion ?
Dans un premier temps, il faut déterminer le montant de votre future pension de retraite. Pour cela, nous vous invitons tester notre simulateur retraite en ligne.
Dans un second temps, vous pouvez utiliser notre simulateur pension de réversion afin de calculer le montant de la pension de réversion auquel vous pourriez prétendre.
Est-ce que la pension de réversion est automatique ? Comment en faire la demande ?
La réversion n'est pas versée automatiquement, il faut en faire la demande.
Désormais, il est possible, via un service en ligne disponible sur le site Info Retraite, d’effectuer une seule et unique demande de pension de réversion auprès de tous les régimes de retraite auquel votre époux(se) ou ex-époux(se) a cotisé. Pour effectuer cette démarche, il faut :
- Se connecter avec France Connect (créer un compte si besoin) et renseignez l’identité de la personne décédée
- Les régimes de retraite susceptibles de vous verser une pension de réversion s’affichent automatiquement
- Compléter le formulaire pré-rempli et personnalisé
- Ajouter les justificatifs demandés (actes de naissance, livret de famille, certificat de mariage, carte d’identité…) en les scannant ou en les photographiant.
- Vérifier et valider les informations transmises
(1) Droits familiaux et conjugaux de retraite - Seizième rapport thématique du Conseil d'orientation des retraites – 20 novembre 2025
(2) « La retraite et les retraités – édition 22025 » - panorama de la DREES Paru le 31 juillet 2025
Vos questions, nos réponses
En cas de divorce, l’ex-conjoint(e) perçoit l’intégralité de la pension de réversion si le défunt ne s’était pas remarié. Dans le cas où le défunt s’était remarié, la pension de réversion est partagée proportionnellement à la durée de chaque mariage.
En revanche, les règles concernant le remariage du conjoint survivant sont différentes en fonction des régimes de retraite. Ainsi, si dans le régime de base de la Sécurité sociale, vous pouvez toucher une pension de réversion en cas de remariage, vous ne pourrez en revanche pas bénéficier de la pension de réversion de l’Agirc-Arrco ou de la Fonction publique. De même, si vous touchiez la pension de réversion de la retraite complémentaire avant votre remariage, elle serait définitivement supprimée.
La pension de réversion est imposable et doit être déclarée à l’administration fiscale chaque année. Les démarches ont été simplifiées et le prélèvement à la source s’applique sur la pension de réversion des régimes de base et complémentaires. Le montant perçu par le bénéficiaire est réduit des prélèvements sociaux (CSG, CRDS, Casa). Un abattement de 10 % s’applique automatiquement sur le montant de cette pension.
Oui, pour tous les régimes de retraite, seul le mariage ouvre droit à une pension de réversion. Autrement dit, vous devez obligatoirement avoir été marié au défunt pour pouvoir en bénéficier. Le Pacs et le concubinage n'ouvrent aucun droit à la réversion, quel que soit le régime concerné.