Trimestres et majorations enfants : des garanties supplémentaires pour les mères et un dispositif étendu aux avocats et professions libérales
Avant la réforme, pour les salariés du privé, un enfant donnait droit à 8 trimestres dits de « majoration » ; 4 trimestres au titre de la maternité ou l’adoption et 4 trimestres au titre de l’éducation.(3) Pour une mère dans la fonction publique, 2 trimestres étaient comptabilisés pour la naissance d’un enfant. Ces trimestres validés à un autre titre que l’emploi sont appelés « trimestres assimilés ».
Les droits acquis ne donnent pas automatiquement lieu à une augmentation du montant de la retraite.
Depuis la réforme des retraites de 2023, il est garanti aux femmes du secteur privé, un minimum de 2 trimestres de majoration liée à l’éducation ou à l’adoption d’un enfant en plus des 4 trimestres automatiquement attribués à la mère au titre de la maternité. Pour les mères dans la fonction publique, il n'y a pas de changement à la suite de la réforme des retraites 2023.
Par ailleurs, si vous êtes avocate ou que vous exercez une profession libérale, vous pouvez bénéficier d'une majoration de pension de retraite de 10 % pour trois enfants à charge ou plus, pour vous ou votre conjoint.
Revalorisation du minimum de retraite
Selon la DREES 2024, plus d’un bénéficiaire du minimum de retraite sur deux est une femme seule.
Les dispositifs de minimum de retraite varient selon l’activité que vous exercez. En 2024, la retraite minimale sera revalorisée à 1 37,51 euros bruts par mois (5) pour les assurés qui ont cotisé une carrière complète à temps plein au SMIC, en indexant le minimum contributif (MICO)(4) majoré sur le SMIC. Si vous êtes dans ce cas, votre pension de retraite brute, une fois relevée au MICO majorée et complétée par leur retraite complémentaire, devrait atteindre au minimum 85 % du SMIC net, revalorisé chaque année.
À quel âge les femmes peuvent-elles envisager leur départ à la retraite et quel changement sur les carrières longues ?
Aujourd’hui, pour toucher sa retraite au taux plein, une femme sur cinq est contrainte de travailler jusqu’à l'âge d'annulation de la décote qui reste fixée à 67 ans. Partir à l'âge légal de départ à la retraite est tout à fait possible. Cependant, vous risquez de subir une décote sur le montant de votre pension, si vous n'avez pas cotisé assez de trimestres pour partir au taux plein.
Depuis la réforme des retraites, si vous avez obtenu au moins un trimestre de majoration de durée d’assurance au titre de la maternité, de l’adoption ou de l’éducation d’un enfant et si vous avez cotisé assez de trimestres pour obtenir le taux plein à 63 ans, vous avez le droit à une surcote jusqu’à 5 %, dès 63 ans pour ne pas avoir à attendre vos 64 ans.
Par ailleurs, quatre trimestres validés au titre de l’assurance vieillesse pour les parents au foyer (AVPF) et de l’assurance vieillesse des aidants (AVA) sont pris en compte comme ayant été cotisés dans le cadre du dispositif de départ anticipé pour carrière longue. Ainsi, cela permet aux mères d'un enfant en situation de handicap par exemple ou certaines populations d'aidantes, d'augmenter leur durée d'assurance requise pour bénéficier d'un départ à la retraite à taux plein.