Adoptée en mars 2023 et entrée en vigueur le 1er septembre de la même année, la réforme des retraites, dont l'une des mesures était le report progressif de l'âge légal de départ à la retraite à 64 ans, a finalement été suspendue jusqu’au 1er janvier 2028. Mais cette suspension n'est pas une abrogation et certaines mesures restent en vigueur. Explications.
- Age légal de départ et trimestres requis : ce que prévoyait la réforme des retraites de 2023 en France
- Age de départ et trimestres : ce que change le vote de la suspension de la réforme des retraites pour les générations 1964, 1965, 1966 et 1967
- Retraite progressive, surcote parentale… Les mesures qui restent en vigueur
- Loi de financement de la Sécurité sociale : quelles sont les nouvelles mesures pour les retraites en 2026 ?
- Questions fréquentes
A retenir :
- La réforme des retraites a été adoptée définitivement à l'Assemblée nationale le 20 mars 2023, puis publiée au Journal officiel du 15 avril 2023. Elle est entrée en vigueur le 1er septembre de la même année. Cette réforme prévoit un report progressif de l'âge légal de départ à la retraite à 64 ans (contre 62 ans auparavant) et un minimum de 43 annuités (soit 172 trimestres) pour bénéficier d'une retraite à taux plein.
- Le vote de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, adoptée en décembre 2025, a acté la suspension partielle de la réforme des retraites jusqu’au 1er janvier 2028, ce qui ne signifie par une abrogation de la loi.
- Cette suspension, qui entrera en vigueur le 1er septembre prochain concerne le report progressif de l’âge légal à 64 ans et de l’augmentation de la durée d'assurance pour le taux plein.
Age légal de départ et trimestres requis : ce que prévoyait la réforme des retraites de 2023 en France
Un report progressif de l’âge légal à 64 ans d'ici à 2030
Dans le cadre de la réforme des retraites issue du projet de loi de financement rectificative de la Sécurité sociale pour 2023, un relèvement de l’âge légal de départ à la retraite, d'ici à 2030, a été adopté. L'âge légal devait passer de 62 à 64 ans, à raison de 3 mois supplémentaires par génération, pour atteindre 64 ans en 2030. Ce report progressif devait concerner toutes les personnes nées à partir du 1er septembre 1961.
Une augmentation progressive du nombre de trimestres requis pour le taux plein
La réforme des retraites de 2023 a également accéléré le calendrier d’atteinte de la durée d’assurance requise pour bénéficier d’une retraite à taux plein, fixée à 43 annuités (172 trimestres). Cette durée issue de la loi Touraine de 2014 a été rendue applicable plus tôt à un plus grand nombre d’assurés et notamment les personnes nées à partir de 1965.
Age de départ et trimestres : ce que change le vote de la suspension de la réforme des retraites pour les générations 1964, 1965, 1966 et 1967
La suspension de la réforme des retraites de 2023 a été actée par le vote de la loi de financement pour la Sécurité sociale pour 2026. Elle s'applique au pensions prenant effet à compter du 1er septembre prochain. A partir de cette date, le relèvement progressif de l’âge légal de départ à la retraite et l'augmentation du nombre de trimestres requis pour bénéficier de la retraite à taux plein (50%) seront gelés, et ce, jusqu’au 31 décembre 2027, la reprise du calendrier étant prévue pour le 1er janvier 2028. Ainsi, l’âge légal de départ à la retraite à 64 ans sera appliqué aux personnes nées à partir du 1er janvier 1969 (au lieu du 1er janvier 1968), et les 43 ans de cotisation aux personnes nées à partir du 1er janvier 1966 (au lieu du 1er janvier 1965).
Quel âge de départ et combien de trimestres requis pour partir à la retraite à taux plein ?
| Date de naissance | Âge légal avant la suspension de la réforme | Âge légal requis à partir du 1er septembre 2026 | Durée d’assurance avant la suspension de la réforme | Durée d’assurance après la suspension de la réforme |
| Du 1er janvier au 31 décembre 1964 | 63 ans | 62 ans et 9 mois | 171 trimestres | 170 trimestres |
| Du 1er janvier au 31 mars 1965 | 63 ans et 3 mois | 62 ans et 9 mois | 172 trimestres | 170 trimestres |
| Du 1er avril au 31 décembre 1965 | 63 ans et 3 mois | 63 ans | 172 trimestres | 171 trimestres |
| Du 1er janvier au 31 décembre 1966 | 63 ans et 6 mois | 63 ans et 3 mois | 172 trimestres | 172 trimestres |
| Du 1er janvier au 31 décembre 1967 | 63 ans et 9 mois | 63 ans et 6 mois | 172 trimestres | 172 trimestres |
| Du 1er janvier au 31 décembre 1968 | 64 ans | 63 ans et 9 mois | 172 trimestres | 172 trimestres |
| Du 1er janvier au 31 décembre 1969 | 64 ans | 64 ans | 172 trimestres | 172 trimestres |
Sur le dispositif de départ pour carrière longue
Cette mise en pause temporaire a également des conséquences pour les personnes nées entre 1964 et 1968 pouvant bénéficier d’un dispositif de départ anticipé à la retraite pour carrière longue, celui-ci étant en effet provisoirement assoupli du fait du gel du calendrier la réforme
Au total, selon les projections de l’Assurance retraite(1), ce sont 2,2 millions de personnes qui seront impactées par cette suspension.
Retraite progressive, surcote parentale… Les mesures qui restent en vigueur
La suspension de la réforme des retraites ne signifie pas une abrogation de la loi. Ainsi, la réforme produit ses effets et plusieurs mesures, déjà en vigueur continuent de s'appliquer, notamment la retraite progressive ou la mise en place de la surcote parentale.
La retraite progressive dès 60 ans
Depuis le 1er septembre 2025, il est possible de bénéficier d’une retraite progressive dès 60 ans (et non plus 62 ans), et ce, quelle que soit votre année de naissance. De plus, ce dispositif a été élargi aux fonctionnaires.
Plusieurs conditions sont cependant nécessaires :
- Vous devez réunir au moins 150 trimestres tous régimes confondus
- Votre activité à temps partiel doit être comprise entre 40 et 80 % d’un temps complet. Si vous êtes au forfait jours, vous devez justifier de 87 à 174 jours travaillés sur la base annuelle de 218 jours.
La surcote parentale
La surcote parentale est une mesure de compensation pour les parents, notamment pour les femmes, au moment de la retraite. Mise en place par la réforme des retraites de 2023, elle leur permet, en effet, d’augmenter le montant de leur retraite de 1,25 % pour chaque trimestre supplémentaire cotisé après l'obtention du taux plein (50 %) lorsque ces trimestres sont réalisés au cours de l’année précédant l’âge légal de départ à la retraite. Cette majoration est plafonnée à 5 %. Pour en bénéficier, il faut :
- être né à partir de 1964 ;
- avoir acquis au moins un trimestre de majoration pour enfant (maternité, éducation, adoption, enfant handicapé, congé parental)
Le maintien de l'âge d'annulation de la décote (ou âge du taux plein automatique)
L'âge d'annulation de la décote, aussi appelé âge du taux plein automatique, est celui à partir duquel vous pouvez partir à la retraite à taux plein, même si vous n'avez pas acquis le nombre de trimestres requis fixé pour votre année de naissance. Il est aujourd'hui fixé à 67 ans et n'a pas été modifié par la réforme des retraites de 2023. La suspension de la réforme ne le remet pas en cause non plus.
Loi de financement de la Sécurité sociale : quelles sont les nouvelles mesures pour les retraites en 2026 ?
Carrière longue : une prise en compte des enfants
Jusqu'à présent, les trimestres supplémentaires accordés au titre des enfants (naissance, adoption et/ou liés à l’éducation) n’étaient pas pris en compte comme trimestres cotisés pour l'accès à un départ à la retraite anticipé pour carrière longue. Désormais, pour les retraites qui débuteront à partir du 1er septembre 2026, jusqu'à deux trimestres au titre des enfants pourront être retenus dans le cadre de ce dispositif. Un dispositif plus favorable, notamment pour les femmes, qui sont plus impactées par les trimestres pour enfants.
Retraite des mères : un calcul plus favorable
Le montant de la pension de base des femmes ayant eu un ou plusieurs enfants sera désormais calculé en prenant en compte le salaire annuel moyen (SAM) des 23 (pour les mères ayant eu deux enfants ou plus) ou des 24 meilleurs années (pour les mères ayant eu un enfant), au lieu des 25 meilleures années prises en compte actuellement.
La prise en compte du nouveau congé de naissance pour la retraite
Le congé supplémentaire de naissance, créé par la Loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, permettra, à partir du 1er juillet 2026, à chaque parent de bénéficier d’un ou deux mois de congé supplémentaires après un congé maternité, paternité, d’accueil de l’enfant ou d’adoption, qui sera pris en compte pour la retraite. Ce nouveau congé de naissance pourra générer jusqu'à un trimestre de retraite assimilé, selon sa durée et les règles de validation habituelles.
Les nouvelles règles du cumul emploi-retraite
Les règles du cumul emploi-retraite, dispositif qui permet de reprendre une activité professionnelle après avoir liquidé ses droits à la retraite, ont été modifiées par le texte de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026. Ces modifications, qui entreront en vigueur le 1er janvier 2027, prévoit :
- en cas de départ à la retraite avant l'âge légal, si vous reprenez une activité professionnelle, le montant de votre pension sera réduite de votre nouveau revenu.
- en cas de départ entre l'âge légal et 67 ans, vous pouvez cumuler un emploi avec vos retraite mais vos revenus ne devront pas dépasser un certain seuil, fixé par décret et qui pourrait être de 7000 euros par an. Si ce seuil est dépassé, votre pension de retraite sera réduite de 50 % du montant dépassé.
- en cas de départ à partir de 67 ans, vous pouvez cumuler, sans condition, un emploi et votre retraite. Cette activité professionnelle pourra vous donner droit à une seconde retraite
Pour toutes les retraites prises avant le 1er janvier 2027, ce sont les règles en vigueur depuis le 1er septembre 2023 qui s'appliquent, à savoir :
- le cumul emploi-retraite intégral, qui vous permet de percevoir la totalité de votre pension de retraite de base et de vos revenus professionnels à condition de bénéficier d'une retraite à taux plein ou si vous exercez certaines activités librement cumulables (dont la liste est disponible sur le site du gouvernement)
- le cumul emploi-retraite plafonné, qui vous permet, si vous ne bénéficiez pas d'une retraite à taux plein, de cumuler votre pension avec un revenu d'activité professionnelle, à condition que la somme des deux ne dépasse pas un certain montant égal à 160 % du Smic au 1er janvier de l'année calculé sur la base de 1820 heures par an (soit 2 926,85 euros brut par mois) ou, en fonction de ce qui est le plus avantageux pour vous, à votre dernier salaire d'activité mensuel brut avant votre départ à la retraite.
Lire aussi :
Retraite 2026 : les changements prévus par date(1) Selon les chiffres de l'Assurance retraite publiés le 9 février 2026
Questions fréquentes
La suspension de la réforme des retraites a été adoptée par le vote de la loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) pour 2026, promulguée le 30 décembre 2025, mais elle n'est pas encore entrée en vigueur. Les nouvelles dispositions (gel temporaire du report de l'âge légal et de l'allongement de la durée d'assurance) doivent s'appliquer pour les retraites liquidées à compter du 1er septembre 2026.
La suspension de la réforme des retraites concerne, selon les chiffres publiés par l'Assurance retraite en février 2026, 2,2 millions de personnes, nées entre 1964 et 1968. Ce sont ces générations qui bénéficient de la mise en pause temporaire de la réforme des retraites jusqu'au 1er janvier 2028 et, donc, du gel du report progressif de l'âge légal et de l'allongement de la durée d'assurance. Elles pourront en effet partir à la retraite plus tôt que ce qui était prévu avec la réforme.
La suspension de la réforme des retraites a eu pour effet de geler l’âge légal de départ ainsi que l’allongement de la durée d’assurance pour les personnes nées entre 1964 et 1968. Ainsi, le nombre de trimestres requis dépend de votre année de naissance et varie entre 170 et 172 pour bénéficier d’une retraite à le taux plein avant 67 ans . Le taux plein automatique reste acquis à 67 ans quel que soit le nombre de trimestres. A partir du 1er septembre 2026, l'âge légal de départ sera de :
- 62 ans et 9 mois si vous êtes né entre le 1er janvier 1964 et le 31 mars 1965,
- 63 ans si vous êtes né entre le 1er avril et le 31 décembre 1965
- 63 ans et 3 mois si vous êtes né en 1966
- 63 ans et 6 mois si vous êtes né en 1967
- 63 ans et 9 mois si vous êtes né en 1968
- 64 ans si vous êtes né en 1969 ou après