Le Conseil d'Orientation des Retraites (COR) étudie depuis quelques années les perspectives d’évolution des taux de remplacement calculés sur plusieurs profils types d’assurés et appartenant à différentes générations (par exemple : cadre, non-cadre, à carrière continue ou interrompue par du chômage, femme avec interruption de carrière pour enfant, agent de la fonction publique, fonctionnaire, etc.). Selon son rapport de juin 2025*, le taux de remplacement diminue de génération en génération quel que soit le secteur d'activité ou le régime de rattachement. L'étude montre, néanmoins, que la diminution du taux de remplacement d'un fonctionnaire de catégorie B s’avère beaucoup plus rapide et prononcée que celle d'un salarié non-cadre du secteur privé.
Quels sont les taux de remplacement maximum pour les salariés cadres et non cadres du privé ?
Selon les dernières projections du Conseil d'Orientation des Retraites, pour le salarié non-cadre du secteur privé à carrière complète, le taux de remplacement pour la génération 1963 serait de 74,4 % en cas de départ à 61 ans et demi au taux plein (sans décote, ni surcote) et à 87,2 % en cas de départ à 67 ans. En ce qui concerne le salarié cadre du secteur privé à carrière complète, le taux de remplacement pour la génération 1963 serait de 51,5 % en cas de départ à 62 ans et 9 mois au taux plein (sans décote, ni surcote) et à 58,8 % en cas de départ 5 ans plus tard.
Quels sont les taux de remplacement pour les agents de la fonction publique ?
Le COR a retenu 7 cas types d'agents de la fonction publique pour son étude de projection des taux de remplacement :
- L'agent sédentaire de catégorie B ;
- L'agent sédentaire de catégorie A à faible taux de prime ;
- L'agent sédentaire de catégorie A+ à taux de prime élevé ;
- L’adjoint technique territorial ;
- L’attaché territorial ;
- L’aide-soignant ;
- Le policier.
Dans la fonction publique, les situations sont diverses selon les catégories d’agents et selon le taux de prime entrant dans leur rémunération. En effet, les primes ne sont pas prises en compte dans le calcul des pensions de retraite des fonctionnaires. Dès lors, plus la part de primes est importante, plus faible sera le taux de remplacement. Par exemple, pour une même génération 1963 :
- un fonctionnaire sédentaire de catégorie B (avec des primes représentant 30 % de son traitement) aura un taux de remplacement estimé à 61,9 % en cas de départ à 63 ans à taux plein et à 72,1 % en cas de départ à 67 ans, âge d’annulation de la décote.
- un professeur, agent catégorie A à faible taux de primes (15 %), aura un taux de remplacement supérieur : 72,3 % pour un départ à 64 ans et demi puis, progressivement, l’écart se creuse en sa faveur pour atteindre 81,4 % pour un départ à 67 ans.
Les policiers, eux, peuvent partir à la retraite plus tôt (52,75 ans) puisqu'ils sont fonctionnaires en catégorie active, mais leur taux de remplacement sera relativement faible du fait de la proratisation** de leurs droits. Ce n’est qu’en poursuivant leur carrière au-delà de l’âge minimal d’ouverture des droits les concernant, qu’ils peuvent atteindre des niveaux comparables aux autres cas types.
Le COR précise toutefois que ces cas types ne peuvent pas être considérés comme représentatifs de l’ensemble des assurés appartenant à une même catégorie. Pour comparer les règles des différents régimes, il faudrait raisonner à profils de carrières salariales identiques. Or les règles de retraite des salariés du secteur privé aux fonctionnaires par exemple ne sont pas identiques.