Les solutions pour faire un don à quelqu’un sans lien de parenté
Explorez les solutions pour faire une donation à une personne sans liens de parenté de manière sûre et avantageuse. Tout ce que vous devez savoir pour une donation réussie.
La transmission de patrimoine consiste à organiser, de son vivant ou pour le jour de son décès, la répartition de ses biens afin de protéger ses proches, d’anticiper sa succession et d’optimiser, sous certaines conditions, la fiscalité applicable. Donation, testament, contrat d'assurance-vie figurent parmi les principaux outils permettant de préparer efficacement cette transmission de votre patrimoine.
La transmission de patrimoine consiste à organiser de son vivant la répartition de ses biens, ou à prévoir les modalités de leur transmission au moment de son décès. Le patrimoine rassemble les biens immobiliers, les placements financiers, les livrets d’épargne, les objets et bijoux de valeur, les comptes bancaires…
Anticiper cette transmission permet de protéger ses proches, de préparer sa succession, de limiter les conflits entre héritiers et, dans certains cas, de réduire la fiscalité applicable grâce aux dispositifs prévus par la loi, tels que la donation ou le contrat d'assurance-vie.
Avant de choisir les outils adaptés à votre situation, il est utile de comprendre les règles successorales qui s'appliqueront automatiquement si vous ne prenez aucune disposition particulière.
En France, en l'absence de dispositions particulières, la succession est répartie selon les règles fixées par le Code civil. Les héritiers sont appelés selon un ordre de priorité qui dépend notamment de l'existence d'un conjoint survivant, d'enfants ou d'autres membres de la famille : c’est la dévolution légale(1).
L’époux survivant a une place particulière puisqu’il bénéficie de droits successoraux prévus par la loi. L'étendue de ses droits varie selon la composition de la famille et la situation matrimoniale du couple (présence d’enfant, contrat de mariage…).
Hormis les droits particuliers reconnus au conjoint survivant, les héritiers sont classés dans l'ordre suivant :
A noter : Lorsque les héritiers sont de troisième ou de quatrième ordre, la succession est en principe répartie par moitié entre les branches maternelles et paternelles du défunt.
Afin d’organiser au mieux votre succession et la transmission de votre patrimoine, il est important de prendre le temps de la réflexion. Vous pouvez ainsi, dans un premier temps, évaluer la valeur de l’ensemble de vos biens (immobiliers, mobiliers, comptes bancaires, objets de valeurs, livrets d’épargne…)
Une fois cette étape effectuée, vous pouvez évaluer la fiscalité de votre future succession en vous renseignant, notamment, sur d’éventuelles exonérations et/ou abattement pour le calcul des droits de succession. Vous pourrez ainsi choisir des solutions adaptées.
Si vous le souhaitez, il est possible de désigner un exécuteur testamentaire chargé de veiller à la bonne exécution de vos dernières volontés.
Le visionnage de cette vidéo est susceptible d'entraîner un dépôt de cookies de la part de l'opérateur de la plate-forme vidéo vers laquelle vous serez dirigé(e). Si vous refusez le dépôt de cookies, afin de respecter votre choix, nous bloquons la lecture de ces vidéos. Si vous souhaitez continuer et lire les vidéos, vous devez nous donner votre accord en cliquant sur le bouton "Paramètres des cookies" en bas à gauche de votre écran.
La rédaction d’un testament permet d'organiser la transmission d'une partie de votre patrimoine dans le respect des règles successorales, notamment de la réserve héréditaire. Alors, comment transmettre son patrimoine grâce à un testament en fonction de votre situation ?
En droit français, la réserve héréditaire est la part du patrimoine du défunt qui est légalement réservée aux enfants du défunt ou, le cas échéant, à leurs descendants par représentation.
Elle garantit à ces héritiers une part minimale de la succession et limite la liberté de disposer de son patrimoine. Ce mécanisme protège les enfants ou petits-enfants du défunt qui, même en présence d'un testament, ne peuvent pas être totalement déshérités.
La quotité disponible correspond à la part du patrimoine dont une personne peut librement disposer, notamment via un testament ou une donation.
Elle peut être attribuée à une ou plusieurs personnes qu'elles aient, ou non, un lien de parenté avec le défunt, sans porter atteinte aux droits des héritiers réservataires.
La réserve héréditaire ne représente jamais la totalité de l’héritage. Sa valeur dépend de la valeur du patrimoine du défunt et du nombre d’héritiers réservataires. Elle est calculée le jour du décès. La réserve héréditaire représente la moitié du patrimoine si le défunt a un enfant, les deux tiers s’il a deux enfants, les trois quarts s’il a trois enfants ou plus.
La valeur de la quotité disponible, elle, représente la part restante.
La part que vous pouvez transmettre librement dépend du nombre de vos enfants.
| Nombre d'enfants | Réserve héréditaire | Quotité disponible | |
|---|---|---|---|
| Aucun enfant | Défunt marié | un quart (conjoint) | trois quarts |
| Défunt non marié | Aucune | Tout | |
| 1 | moitié | moitié | |
| 2 | deux tiers | un tiers | |
| 3 ou plus | trois quarts | un quart | |
Faire une donation de votre vivant vous permet d’anticiper la transmission de votre patrimoine, d’aider vos proches de votre vivant et, dans certaines limites, de bénéficier d’abattements fiscaux
Avec une donation simple, vous transmettez gratuitement, de votre vivant, tout ou partie de votre patrimoine à la personne de votre choix, appelée le donataire.
La donation-partage, elle, vous permet de donner et de répartir, de votre vivant, tout ou partie de votre patrimoine entre vos descendants et, dans certains cas prévus par la loi, à d'autres membres de votre famille. Elle permet ainsi d'organiser à l'avance la répartition de vos biens, sans attendre votre décès et, donc, votre succession.
Les principales différences entre la donation simple et la donation-partage sont résumées dans le tableau ci-dessous.
| Critères | Donation simple | Donation-partage |
|---|---|---|
| Définition | Transmission de votre patrimoine à un bénéficiaire de son vivant. | Transmission et répartition de votre patrimoine entre plusieurs héritiers (ou parfois un seul) dans un même acte. |
| Objectif principal | Donner tout ou partie de votre patrimoine à une personne. | Organiser à l'avance le partage du patrimoine familial. |
| Bénéficiaires | Toute personne pouvant recevoir une donation. | Principalement les héritiers présomptifs (enfants, petits-enfants, autres descendants dans certains cas). |
| Répartition des biens | Pas nécessairement organisée. | Répartition immédiate et définie entre les bénéficiaires. |
| Valeur des biens retenue pour la succession | Réévaluée au jour du décès du donateur (sauf exceptions). | Valeur figée au jour de la donation-partage, sous certaines conditions. |
| Rapport à la succession | Le bien donné est en principe rapporté à la succession pour vérifier l'égalité entre héritiers. | Le rapport se fait généralement sur la valeur fixée lors de la donation-partage. |
| Coût | Frais de donation classiques. | Actes notariés pouvant entraîner des frais souvent un supérieurs à ceux de certaines donations simples selon les biens transmis et les opérations réalisées. |
| Souplesse | Plus simple à mettre en place. | Plus adaptée à une stratégie patrimoniale familiale. |
| Protection de l'équité entre les enfants | Moins sécurisée. | Très sécurisée car chacun reçoit sa part déterminée à l'avance. |
A lire aussi >> Pourquoi faire une donation immobilière de son vivant ? Fonctionnement, avantages et limites
Pour faire une donation, vous devez nécessairement remplir les conditions suivantes(2) :
Par ailleurs, le donataire (c’est-à-dire la personne à qui vous faites la donation simple) ou l’un des héritiers désignés (dans le cadre d’une donation-partage) doit l’accepter. Dès son acceptation, la donation produit ses effets et les droits donnés qui son en principe immédiatement transférés au bénéficiaire.
Vous pouvez faire une donation simple de votre vivant à la personne de votre choix(3) :
Vous avez également la possibilité de faire une donation à certaines associations.
Vous pouvez faire une donation-partage à(4) :
Une donation est en principe irrévocable. Sa révocation ne peut intervenir que dans certains cas, prévus par la loi :
Par ailleurs, une donation qui ne respecte pas les conditions de forme prévues par la loi peut être frappée de nullité. Le donateur, le donataire, un héritier ou un créancier peut demander l’annulation en justice dans un délai de 5 ans.
Si vous êtes marié, il est possible de faire une donation à votre conjoint : on parle alors de donation au dernier vivant (ou donation entre époux). Ce dispositif permet d’augmenter les droits successoraux de votre conjoint survivant mais, contrairement à la donation entre vifs, il ne produit effet qu’au moment de votre décès.
Une donation au dernier vivant peut être révoquée à tout moment par l'époux qui l'a consentie, sauf si lorsqu'elle est contenue dans un contrat de mariage. En cas de divorce, la donation au dernier vivant devient caduque automatiquement annulée.
Rappel : la part de votre patrimoine que vous pouvez transmettre dans le cadre d’une donation entre époux dépend de la présence d’enfants, communs ou non (lire plus haut).
Lors d’une donation, le donataire doit payer des droits de donation. Selon la situation, il peut cependant bénéficier d’un ou plusieurs abattements fiscaux dont le montant dépend, notamment, du lien de parenté avec le donateur. Les droits de donation sont calculés sur le montant restant après déduction des abattements applicables (somme nette taxable).
Ces abattements s’appliquent aux donations consenties par un même donateur à un même bénéficiaire renouvelables tous les 15 ans.
| Part taxable après abattement | Barème d'imposition |
|---|---|
| Jusqu'à 8 072 € | 5 % |
| De 8 073 € à 12 109 € | 10 % |
| De 12 110 € à 15 932 € | 15 % |
| De 15 933 € à 552 324 € | 20 % |
| De 552 325 € à 902 838 € | 30 % |
| De 902 839 € à 1 805 677 € | 40 % |
| Plus de 1 805 677 € | 45 % |
Ce barème est progressif : chaque tranche de la part taxable est imposée au taux correspondant, et non la totalité de la donation au taux de la tranche la plus élevée atteinte.
L’époux ou partenaire de Pacs bénéficie d’un abattement de 80 724 euros sur les droits de donation.
| Part taxable après abattement | Barème d'imposition |
|---|---|
| Jusqu'à 8 072 € | 5 % |
| De 8 073 € à 15 932 € | 10 % |
| De 15 933 € à 31 865 € | 15 % |
| De 31 866 € à 552 324 € | 20 % |
| De 552 325 € à 902 838 € | 30 % |
| De 902 839 € à 1 805 677 € | 40 % |
| Plus de 1 805 677 € | 45 % |
Comme pour les donations en ligne directe, ce barème est progressif : chaque tranche de la part taxable est soumise au taux correspondant.
Les frères et sœurs bénéficient d’un abattement de 15 932 euros sur les droits de donation.
| Part taxable après abattement | Barème d'imposition |
|---|---|
| Jusqu'à 24 430 € | 35 % |
| Plus de 24 430 € | 45 % |
| Situation où les montants sont taxables après abattement | Barème d'imposition |
|---|---|
| Donation entre parents jusqu'au 4e degré inclus, dont neveux et nièces | 55 % |
| Donation entre parents au-delà du 4edegré ou entre personnes non parentes | 60 % |
Sources : « Quels sont les droits à payer sur une donation selon le lien avec le donateur » - Service Public – mai 2026
A savoir : Si le donataire est en situation de handicap, et que ce handicap le rend incapable de travailler dans des conditions normales ou d’acquérir une formation professionnelle normale, il peut bénéficier d’un abattement spécifique supplémentaire de 159 325 euros.
Le saviez vous ? Une nouvelle exonération a été instaurée par la loi de finances N° 2025-127 (Article 790 A bis du Code général des impôts) : jusqu’au 31 décembre 2026, les dons d’argent effectués dans un cadre familial pour l’acquisition d’un logement ou des travaux de rénovation énergétique sont, sous conditions, exonérés jusqu’à 100 000 euros par donateur et donataire, sans pouvoir excéder 300 000 euros par donataire.
Le don familial de somme d’argent peut être exonéré de droits de donation, dans la limite de 31 865 € (renouvelables tous les 15 ans) et sous certaines conditions(5) :
Dans le cas d’une donation immobilière, il est possible de transmettre uniquement la nue- propriété d’un bien tout en conservant l’usufruit. Ce mécanisme, appelé donation avec réserve d’usufruit, signifie que vous pouvez occuper le bien ou percevoir les revenus qui en sont issus (en cas de location par exemple). Le nu-propriétaire, lui, est propriétaire du bien. En revanche, la vente de la pleine propriété du bien nécessite l’accord conjoint du nu-propriétaire et de l'usufruitier.
Prenons l’exemple de Marie, 68 ans, qui souhaite transmettre un appartement à sa fille tout en continuant à l'occuper. Elle peut réaliser une donation de la nue-propriété et conserver l'usufruit. À son décès, sa fille deviendra pleine propriétaire du logement sans qu’une nouvelle donation ne soit nécessaire.
Un contrat d’assurance-vie est un outil privilégié pour préparer votre succession et transmettre votre patrimoine. On vous explique pourquoi :
Lors de la souscription de votre contrat d’assurance-vie, vous êtes libre de désigner un ou plusieurs bénéficiaires de votre choix. Ces derniers peuvent être, ou non, des membres de votre famille.
Les capitaux versés au bénéficiaire désigné sont, en principe, transmis hors succession, sous réserve notamment de l'absence de primes manifestement exagérées et des règles propres aux contrats d'assurance-vie.
En cas de décès de l’assuré, si le bénéficiaire du contrat d’assurance-vie est le conjoint survivant, le partenaire de Pacs, le frère ou la sœur (sous certaines conditions) ou encore un organisme reconnu d’utilité publique, il sera exonéré de toute fiscalité. Sinon, voilà la fiscalité qui s'applique :
| Date de souscription du contrat avant le 20 novembre 1991 | Primes versés avant le 13 octobre 1998 | Primes versés depuis le 13 octobre 1998 | ||
|---|---|---|---|---|
| Exonération | Exonération à hauteur de 152 500 € par bénéficiaire (tous contrats confondus souscrits par un même assuré) Puis prélèvement de 20 % sur la fraction de 152.501 à 852.500 € (soit sur 700.000 €) et 31,25 % sur la fraction supérieure à 852.500 € quel que soit l’âge de l’assuré au moment du versement des primes. | |||
| Date de souscription du contrat depuis le 20 novembre 1991 | Primes versés avant le 13 octobre 1998 | Primes versés depuis le 13 octobre 1998 | ||
| Avant 70 ans | Après 70 ans | Avant 70 ans | Après 70 ans | |
| Exonération | Droits de succession sur la fraction des primes qui excède 30 500 € (tous bénéficiaires (1) et contrats confondus souscrits par un même assuré). Exonération des gains | Exonération à hauteur de 152 500 € par bénéficiaire. Puis prélèvement de 20 % sur la fraction de 152.501 à 852.500 € (soit sur 700.000 €) et 31,25 % sur la fraction supérieure à 852.500 € | Droits de succession sur la fraction des primes qui excède 30 500 € (tous bénéficiaires (1) et contrats confondus souscrits par un même assuré). Exonération des gains | |
En conclusion, en anticipant la transmission de votre patrimoine vous protégez vos proches et leur faites bénéficier, dans certains cas, d’une fiscalité favorable lors de votre décès. Cela peut également permettre de réduire le risque de conflits entre vos héritiers, mais aussi d’intégrer votre partenaire de Pacs qui n'est pas héritier légal en absence de testament, par exemple, ou une personne avec laquelle vous n’avez pas forcément de lien de parenté.
Plusieurs solutions existent pour optimiser la transmission de votre patrimoine.
| Critères | Assurance-vie | Donation simple | Donation-partage | Testament |
|---|---|---|---|---|
| Moment de la transmission | Au décès (ou rachat du vivant de l'assuré) | Du vivant | Du vivant | Au décès |
| Bénéficiaires | Librement désignés dans la clause bénéficiaire | Donataire(s) choisi(s) | Les héritiers présomptifs | Toute personne désignée dans le respect de la réserve héréditaire |
| Effet immédiat | Non | Oui | Oui | Non |
| Fiscalité | Régime fiscal avantageux selon l'âge des versements et la date de souscription | Abattements possibles en fonction des liens de parenté avec le donateur | Abattements possibles en fonction des liens de parenté avec le donateur | Droits de succession classiques |
| Gel de la valeur transmise | Non | Non | Oui : la valeur est figée au jour de la donation-partage | Non |
| Égalité entre les enfants | Pas garantie | Pas garantie | Organisée dès l'origine | Peut être organisée mais contestable |
| Possibilité de transmettre à des non-héritiers | Oui, très facilement | Oui (avec fiscalité souvent lourde) | Limitée | Oui |
| Révocabilité | Clause bénéficiaire modifiable (sauf acceptation du bénéficiaire) | En principe irrévocable | En principe irrévocable | Révocable à tout moment |
| Intervention obligatoire d'un notaire | Non (sauf cas particuliers) | Oui pour les biens immobiliers | Oui | Non, pas forcément |
| Transmission d'un bien immobilier | Non directement | Oui | Oui | Oui |
| Coût de mise en place | Faible | Frais de notaire + droits éventuels | Frais de notaire + droits éventuels | Faible à modéré |
| Protection du conjoint | Très efficace | Limitée | Limitée | Possible selon les dispositions prévues |
De votre vivant, vous pouvez donc choisir celle(s) qui correspond(ent) le plus à votre profil, votre situation personnelle et familiale afin de savoir comment transmettre votre patrimoine à vos enfants, à votre conjoint, à un ami… En cas de besoin, vous pouvez également prendre le temps de solliciter un conseiller qui saura vous aiguiller.
(1) Quelles sont les règles pour hériter ? – Service public – Juin 2026
(2) Préparer sa succession – la donation – Service Public
(3) Faire une donation – Service public – décembre 2024
(4) Faire une donation-partage – Service public – janvier 2025
(5) Quels sont les droits à payer sur une donation selon le lien avec le donateur – Service public – mai 2026
Explorez les solutions pour faire une donation à une personne sans liens de parenté de manière sûre et avantageuse. Tout ce que vous devez savoir pour une donation réussie.
Préparer sa retraite à 60 ans est encore possible. Pour ce faire, découvrez nos conseils, ainsi que des solutions pour votre transmission de patrimoine.
Le démembrement de la clause bénéficiaire d’un contrat d’assurance vie permet d’effectuer une double transmission du patrimoine. Découvrez ses avantages et ses limites.