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Le système retraite français est complexe : système par répartition, différents régimes, les trimestres, etc.
 

La retraite à taux plein : définition, conditions, décote et surcote → Podcast "Et si on parlait retraite ?"

Publié le 24/11/2021

Et si on parlait retraite ? Oui, mais de la retraite à taux plein s'il vous plaît ! Si vous préparez votre retraite ou que vous vous intéressez à ce sujet, vous avez sûrement entendu parler du fameux "taux plein". Ça veut dire quoi exactement ? Dans le monde de la retraite, on se heurte parfois à des termes un peu obscurs. Pourtant, bien les comprendre reste la meilleure manière de bien se préparer. C'est pourquoi, on fait le point pour vous. On reviendra sur la définition d'une retraite à taux plein, ses conditions et les conséquences qui en découlent.

Et si on parlait retraite, avec Valérie Batigne - Qu'est-ce que le taux plein ?

Comprendre la retraite à taux plein

Le taux plein, c'est le taux maximum qui sert au calcul de votre pension de retraite de base. Autrement dit, l'expression "avoir le taux plein" signifie que vous percevrez 100 % du montant de votre pension au moment de liquider vos droits à la retraite, sans minoration ou sans décote. Le taux plein varie en fonction du régime auquel vous êtes affilié. Précisément, il est fixé à :

  • 50 % du salaire annuel moyen brut (SAM), sur les 25 meilleures années, pour les salariés du secteur privé, travailleurs indépendants et salariés agricoles.
  • 75 % du dernier traitement indiciaire brut, détenu pendant au moins 6 mois à la date de cessation de ses fonctions, pour les agents de la fonction publique.

Il existe des similitudes dans le mécanisme d'obtention du taux plein, que l'on soit agent du secteur public ou salarié du privé. Néanmoins, on choisira pour la suite de cet article de traiter le cas des salariés du privé. Si le cas des agents de la fonction publique vous intéresse, nous vous conseillons de vous reporter à l'article : Comment fonctionne la retraite des fonctionnaires ?

L’intérêt du taux plein pour le calcul de sa retraite de base

Avec un taux plein fixé à 50 % pour les salariés du privé, le montant de la pension de retraite de base correspondra donc à la moitié du revenu annuel moyen sur vos 25 meilleures années. Ainsi, bien que votre pension soit calculée sur la base d'un taux plein, vous observerez une baisse de votre revenu à la retraite. C'est pourquoi, il est intéressant pour les futurs retraités de viser le taux plein afin d'éviter une baisse supplémentaire sur leurs revenus.

Quand atteint-on le taux plein ?

Vous pouvez bénéficier du taux plein si vous remplissez au moins l'une des deux conditions suivantes :

  • Vous avez atteint l’âge légal de départ, soit 62 ans (sauf si vous pouvez bénéficier d’un dispositif de départ anticipé) et justifiez de la durée d'assurance requise (nombre de trimestres minimum validés),
  • Ou vous avez atteint l'âge du taux plein automatique

Quel est le nombre de trimestres requis pour partir à la retraite à taux plein ?

Le nombre de trimestres requis pour bénéficier d’une pension de retraite optimale est défini par la loi et dépend de votre année de naissance. En effet, pour faire valoir une carrière complète et percevoir une retraite à taux plein, le nombre de trimestres nécessaires fluctue entre 167 pour les personnes nées à partir de 1959 et 172 pour celles nées à partir de 1973. Sachant que toute année travaillée à temps complet donne droit à 4 trimestres retraite, cela revient à une carrière qui varie entre 41 et 43 ans.

Lire aussi : Quel est le nombre de trimestres nécessaire pour la retraite ?
Quel est le montant minimum de revenu pour valider un trimestre retraite ?

La validation d’un trimestre retraite dépend des revenus perçus, soumis à cotisation, sur une période donnée. Depuis 2014, pour valider un trimestre de cotisation, il faut cotiser sur la base d’un salaire au moins égal à 150 fois le Smic horaire brut, en vigueur au 1er janvier de l’année considérée. Pour valider 4 trimestres, il faut donc avoir cotisé sur la base d’un salaire au moins égal à 600 fois le Smic horaire brut (150 x 4 = 600).

Par exemple, si au cours de l’année 2021 vous avez perçu un revenu au moins égal à 6 150 € (150 x 4 x 10,25 €*), vous validerez vos 4 trimestres pour cette année. Cela équivaut à un salaire mensuel brut de 512,5 € pour l’année 2021.

À savoir : À partir du 1er janvier 2022 et au regard de l’augmentation du Smic (qui est passé à 10,48 € brut/h**), pour valider un trimestre de retraite vous devrez cotiser sur la base d’un salaire au moins égal à 150 X 10,48 € = 1 572 € et pour valider 4 trimestres, il vous faudra donc avoir cotisé sur la base d’un salaire annuel au moins égal à 150 x 4 x 10,48 € = 6 288 €

Finalement, lorsqu’on travaille à temps complet, c’est très simple car chaque année travaillée permet de valider ses 4 trimestres retraite. En revanche, pour certains travailleurs à temps partiel, d’étudiants salariés ou chefs d’entreprise, il est important de vérifier que son activité professionnelle assure la continuité de son assurance retraite.

*Depuis le 1er janvier 2021, le Smic horaire brut s’élève à 10,25 euros.

**Suite à une revalorisation de 2,2 % au 1er octobre 2021, le Smic horaire brut s’élève à 10,48 euros.

Lire aussi : Temps partiel, quel impact sur ma retraite ?

Quel est l’âge du taux plein automatique ?

À partir d'un certain âge, le "taux plein" s'applique automatiquement sans condition de trimestres requis. C'est l'âge du taux plein automatique, aussi appelé "âge du taux maximum" ou encore "âge d'annulation de la décote". L’âge du taux plein automatique est fixé à 67 ans (pour les générations nées à partir du 1er janvier 1955) dans tous les régimes de retraite. D’après le ministère du Travail, de l'Emploi et de l'Insertion, 20 % des femmes doivent attendre d'avoir atteint 67 ans pour pouvoir partir à la retraite, faute d'avoir acquis tous leurs trimestres, contre 10 % des hommes.

Des conditions spécifiques ouvrent également droit au taux plein automatique dès 65 ans. Vous pouvez y prétendre si :

  • Vous êtes titulaire de l'allocation des travailleurs de l'amiante (ATA) ;
  • Vous êtes né avant 1956, vous avez eu au moins 3 enfants et vous avez réduit ou cessé votre activité pour élever un de ces enfants. Vous devrez, notamment dans ce cas-ci, justifier d'un nombre minimum de trimestres validés avant cette interruption ou réduction ;
  • Vous avez interrompu votre activité pendant au moins 30 mois pour être aidant familial ;
  • Vous avez validé au moins un trimestre au titre de la majoration de durée d'assurance pour enfant handicapé ;
  • Vous avez apporté une aide effective en tant qu'aidant familial, pendant au moins 30 mois à votre enfant bénéficiaire de la prestation de compensation du handicap (PCH)
Lire aussi : Âge de départ à la retraite : comment le connaître et le calculer ? → Podcast "Et si on parlait retraite ?"

La décote : impact et solutions

Lorsqu'on n'a pas validé le nombre de trimestres requis, fixé par génération (en fonction de son année de naissance), et que l'on souhaite partir à la retraite avant l'âge du taux plein automatique, nos pensions de retraite de base et complémentaire subissent une décote. Voyons dans quelle mesure la décote est impactante et quelles sont les solutions pour pallier un éventuel manque à gagner.

La décote, quel impact sur le montant de sa pension de retraite au régime de base ?

Concernant la décote sur la pension de retraite de base, il s'agit d'une pénalité viagère, soit une minoration définitive, appliquée tout au long de votre retraite.

Dans cette situation, le calcul de votre pension de retraite se fera sur la base d'un "taux minoré" qui se situe entre 37,5 % et 50 % pour les salariés du privé. Ainsi, le taux servant au calcul de votre pension ne pourra être en deçà de 37,5 %. Le coefficient de minoration appliqué au taux plein (50 %), est de 1,25 % par trimestre manquant. Par conséquent, le taux de 50 % diminue de 0,625 à chaque trimestre manquant : (50/100 * 1,25/100 = 0,625).

Par exemple : s’il vous manque 4 trimestres au moment de liquider vos droits à la retraite, vous subirez une décote définitive sur votre pension car elle sera, in fine, calculée sur la base d'un taux à 47,5 %.

Pour mieux vous y retrouver, voici un tableau récapitulatif*** :

Coefficient de minoration pour les personnes nées après 1952
Trimestres manquants Taux de la retraite      
1 49,375 %      
2 48,750 %      
3 48,125 %      
4 47,500 %      
5 46,875 %      
6 46,250 %      
7 45,625 %      
8 45,000 %      
9 44,375 %      
10 43,750 %      
11 43, 125 %      
12 42,500 %      
13 41,875 %      
14 41,250 %      
15 40,625 %      
16 40,000 %      
17 39,375 %      
18 38,750 %      
19 38,125 %      
20 et + 37,500 %      

***source : tableau issu du site réglementaire de la retraite du régime général, legislation.cnav.fr

Sachez qu’il existe deux manières de connaître le nombre de trimestres manquants pour déterminer le coefficient de minoration :

  • Calculer la différence entre le nombre de trimestres validés et le nombre de trimestres requis
  • Calculer le nombre de trimestres qui vous séparent de l’âge du taux plein automatique (fixé à 67 ans)

Le nombre de trimestres à prendre en compte pour le calcul de votre décote retraite sera le résultat qui vous est le plus favorable, soit le plus petit nombre de trimestres à acquérir. Autrement dit, le nombre de trimestres obtenu, au cours de votre carrière, est arrondi au chiffre supérieur.

Lire aussi : Qu'est-ce que la décote retraite et comment la calculer ?

Trimestres manquants, les solutions en cas de décote

Vous avez déterminé la date à laquelle vous souhaitez liquider vos droits à la retraite, mais il vous manque des trimestres pour bénéficier d'une pension de retraite optimale ? Soit, vous le faites en toute connaissance de cause. Soit, plusieurs options s'offrent à vous pour optimiser au mieux le montant de votre pension de retraite, telles que :

  • Valider des trimestres manquants grâce à la retraite progressive ou au rachat de trimestres ;
  • Pallier le manque à gagner avec la solution du cumul emploi-retraite.
Valider des trimestres manquants avec la retraite progressive

La retraite progressive est un dispositif pour aménager sa fin de carrière. Elle vous permet de commencer à toucher votre pension de retraite dès votre 60e anniversaire, tout en travaillant moins.

Pour bénéficier de la retraite progressive vous devez remplir au préalable deux conditions :

  • Vous réunissez au moins 150 trimestres (tous régimes obligatoires de retraite confondus) et,
  • Vous exercez une ou plusieurs activités à temps partiel comprises entre 40 % et 80 % de la durée légale de travail à temps complet (fixée à 35 heures).

Ce dispositif présente deux avantages principaux :

  • Vous touchez une pension de retraite qui compense la baisse de votre salaire, du fait d’un passage à temps partiel ;
  • Vous continuez à cotiser jusqu’à atteindre l’âge légal de départ et le nombre de trimestres requis pour votre génération ou jusqu’à remplir les conditions d’une retraite à taux plein

Au moment de votre départ définitif à la retraite, votre pension sera recalculée sur la base d’un nouveau taux, qui prendra en compte les nouveaux trimestres acquis.

Lire aussi : Le petit cours vidéo : que signifie un départ en retraite progressive ?
Racheter des trimestres manquants

Lorsqu’il vous est difficile de valider la totalité des trimestres requis fixés en fonction de votre génération, et donc d’atteindre le taux plein ; le rachat de trimestres de retraite peut être une solution.

Vous avez le choix entre deux options de rachat :

  • le rachat au titre du taux seul qui vous permettra seulement d'améliorer le taux servant au calcul de votre pension de retraite ;
  • ou le rachat au titre du taux et de la durée d'assurance retraite qui s'applique à la fois sur la décote et la durée d'assurance. Comptez pour cette deuxième option, un coût supérieur au "rachat au titre du taux seul".

Vous pouvez racheter jusqu’à 12 trimestres maximum, ce qui correspond à 3 années d’assurance retraite. Ce dispositif est possible notamment pour les situations suivantes :

  • Rachat de ses années d’études supérieures
  • Rachat des années de cotisations incomplètes
  • Rachat de certaines périodes d’apprentissage
  • Rachat des périodes d’activité en tant qu’assistant(e) maternel(le)
  • Rachat des périodes passées dans les camps militaires de transit et d’hébergement si vous êtes enfants d’anciens harkis, moghaznis et personnels des diverses formations supplétives ayant servi en Algérie et venus s'installer en France.

Toutefois, il est conseillé de bien étudier la question du rachat de trimestres, car selon votre âge, votre niveau de revenu au moment du rachat ainsi que l’option de rachat que vous choisirez en fonction de votre régime de retraite, l’opération pourrait s’avérer infructueuse.

Lire aussi : Racheter des trimestres : est-ce forcément une bonne idée ?
Pallier le manque à gagner grâce au cumul emploi-retraite

Le cumul emploi retraite est une solution qui permet aux retraités de reprendre une activité professionnelle et de cumuler les revenus de cette activité avec ses pensions de retraites. Le cumul emploi-retraite peut être total ou partiel en fonction de votre situation au moment de liquider vos droits à la retraite. Le cumul emploi-retraite intégral est possible pour tout retraité qui remplit les conditions ouvrant droit à la retraite à taux plein. Il consiste à cumuler intégralement ses pensions de retraites avec le revenu de sa nouvelle activité professionnelle. Le cumul emploi-retraite partiel est destiné aux retraités qui ne remplissent pas les conditions d’une retraite à taux plein. Dans ce cas-ci, le revenu de votre nouvelle activité professionnelle ne devra pas dépasser un certain plafond. Si vous le dépassez, votre pension de retraite sera réduite.

Contrairement aux solutions présentées précédemment, le cumul emploi-retraite ne permet pas d’acquérir des trimestres de retraite supplémentaires. Néanmoins, ce dispositif vous permettra d’augmenter votre niveau de ressource en cumulant vos pensions de retraite et votre revenu professionnel.

Lire aussi : Le petit cours vidéo : le cumul emploi-retraite ou comment travailler à la retraite ?

La décote, quel impact sur sa pension de retraite complémentaire ?

Si vous n’avez pas validé suffisamment de trimestres pour toucher une retraite à taux plein (ou que vous partez avant l’âge du taux plein automatique), le système de décote s’appliquera aussi sur votre retraite complémentaire. Dans ce cas-là, votre pension de retraite complémentaire sera calculée sur la base d’un taux réduit. Sur le même principe que la retraite de base, le coefficient de minoration appliqué dépendra du nombre de trimestres manquants pour faire valoir une carrière complète, ou du nombre de trimestres manquants pour partir à l’âge du taux plein automatique. Ce coefficient retiendra le nombre de trimestres qui vous est le plus favorable.

D’autre part, votre pension de retraite complémentaire est principalement calculée sur la base d’un nombre de points acquis durant votre carrière via le versement de cotisations sociales par vous et votre employeur. Le nombre de points acquis à un impact direct sur le montant de votre pension de retraite complémentaire. Moins vous aurez de points, moins votre pension de retraite complémentaire sera élevée.

La surcote : les atouts sur votre retraite de base et complémentaire

Contrairement à la décote qui s’applique sur la retraite de base et complémentaire, la surcote s’applique seulement à votre pension de retraite du régime de base. En revanche, sans parler de « surcote » il est tout de même possible d’augmenter le montant de sa pension de retraite complémentaire.

Trimestres supplémentaires : l’avantage de la surcote sur sa pension de retraite de base

La surcote, c'est l'inverse de la décote. Il s'agit d'un bonus définitif appliqué dans le calcul de votre pension de retraite de base. Pour en bénéficier, vous devez être en mesure de percevoir votre retraite à taux plein et continuer à travailler pour valider des trimestres supplémentaires. Il y a donc 3 conditions à remplir :

  • Avoir atteint l'âge légal de départ en retraite, fixé à 62 ans pour les personnes nées après 1955,
  • Avoir validé le nombre de trimestres requis fixé par sa génération,
  • Continuer à travailler pour valider des trimestres supplémentaires.

Dans le cadre d’une surcote, le taux qui sert au calcul de votre pension sera majoré à hauteur de 1,25 % par trimestre supplémentaire validé.

Ainsi, si vous travaillez 1 trimestre supplémentaire, votre pension sera calculée sur la base d’un taux majoré à 1,25 % par rapport au taux plein fixé à 50 %. Donc, avec un trimestre supplémentaire, votre pension est calculée sur la base d’un nouveau taux : 50 % + (50 % * 1,25 %) = 50 % + 0,625 = 50,625 %

Lire aussi : Surcote retraite : comment est-elle calculée et quand commence-t-elle ?

Le principe de la surcote s’applique-t-il à votre retraite complémentaire ?

Le principe de la surcote, avec un taux de majoration définitif, tel qu’on l’a vu pour le calcul de la pension de retraite sur le régime de base n’est pas applicable à votre retraite complémentaire. Néanmoins, votre pension de retraite complémentaire est calculée sur la base d’un nombre points acquis tout au long de votre carrière. Ils sont le fruit de vos cotisations sociales versées par vous et votre employeur. Par conséquent, plus vous travaillez longtemps et plus vous obtenez de points de retraite supplémentaires. Donc, bien que le principe de la surcote ne s’applique pas aux régimes complémentaires, on admet que plus vous travaillez longtemps, plus votre pension de retraite complémentaire sera élevée.

Comment éviter le malus Agirc-Arrco sur la retraite complémentaire ?

On attire l’attention des salariés du secteur privé sur la décote temporaire du régime complémentaire Agirc-Arrco appelée « malus » ou « coefficient de solidarité ». Cette décote est appliquée sur votre pension du régime complémentaire, si vous ne travaillez pas un an de plus par rapport à la date d’obtention de votre taux plein. Votre pension de retraite complémentaire sera minorée de 10 % pendant 3 ans jusqu’à l’âge d’annulation de la décote, soit jusqu’à 67 ans maximum.

A contrario, si vous travaillez encore au moins deux ans après la date d’obtention du taux plein au régime de base, vous bénéficierez d’une bonification de votre retraite complémentaire Agirc-Arrco durant un an, pour vous inciter à travailler quelques années de plus : 10 % si vous travaillez encore deux années supplémentaires, 20 % si vous travaillez encore 3 ans et 30 % si vous travaillez encore 4 ans ou plus.

Lire aussi : Système bonus/malus Agirc-Arrco : subir le malus ou reporter son départ à la retraite ?