L’augmentation du nombre de retraités et, d’une manière plus générale, le vieillissement de la population n’entraîne pas seulement des conséquences économiques. Elle touche l'ensemble de la société et créé de nouveaux besoins.
Car une population de plus en plus âgée, cela signifie également une augmentation des dépenses de santé, des demandes de prises en charge plus nombreuses, une hausse du nombre de proches aidants… Mais aussi une nécessaire adaptation de l’offre de services afin qu’elle réponde aux besoins (logements, transports, numériques…)
Et, face à des seniors dont l’espérance de vie en bonne santé est également en augmentation (en 2024, selon une étude de la Drees(7), l’espérance de vie sans incapacité à 65 ans était de 10,5 ans pour les hommes et de 11,8 ans pour les femmes, soit une hausse de 1,9 mois depuis 2008), l’offre de loisirs, par exemple, doit également évoluer.
Finalement, tous de nombreux pans de la société sont ou seront impactés durablement par cette transformation démographique.
Une loi relative à l’adaptation de la société au vieillissement
La loi relative à l’adaptation de la société au vieillissement est entrée en vigueur il y a plus de dix ans, le 1er janvier 2016. Parmi les mesures mises en place, on peut noter :
- La réforme de l’Allocation personnalisé d’autonomie (APA) à domicile
- La reconnaissance et l’amélioration du statut de proche aidant
- Un soutien à la prévention de la perte d’autonomie des personnes âgées
Dans le cadre de la mise en place de sa stratégie « bien vieillir », présentée en novembre 2023, le gouvernement a également mis en avant des initiatives comme le renforcement de l’offre d’habitat intermédiaire ou encore la création de 4 000 places de Services de soins infirmiers à domicile (SSIAD).
Le lien intergénérationnel comme solution ?
Des colocations ou un mentorat entre un retraité et un étudiant, des activités partagées entre les enfants d’une crèche et les résidents d’un établissement pour personnes âgées, des projets de mémoires collectives entre des collégiens et des anciens combattants… Les exemples sont nombreux. Et variés. Depuis plusieurs années désormais, les initiatives intergénérationnelles se multiplient avec, à chaque fois, le même objectif : créer du lien entre des générations pour mieux vivre ensemble.
A l’échelle de l’Union européenne, des partenariats et des projets ont été mis en place afin de développer les liens intergénérationnels (partenariat européen d’innovation pour un vieillissement actif et en bonne santé, Interreg, Erasmus +…) et avec l’objectif de renforcer la cohésion sociale et la solidarité entre les générations.
Une désindexation des pensions de retraite ?
Une solidarité entre les générations qui aurait donc des effets bénéfiques à tous les niveaux. De là à mettre à contribution financièrement les retraités eux-mêmes ? C’est en tout cas ce qu’a proposé, le 29 mai 2026, le ministre des Petites et moyennes entreprises, du Commerce, de l’Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d’achat, Serge Papin. Interrogé par « Sud Radio », Serge Papin a notamment évoqué la désindexation des pensions de retraite élevées proposant un seuil de 3 000 euros au-dessus duquel les pensions de retraite ne bénéficieraient pas de la revalorisation annuelle. Le ministre a également fait part de son souhaite de supprimer ou de diminuer la Contribution sociale généralisés (CSG) pour les travailleurs, afin d’augmenter les salaires nets. Les retraités, eux, continueraient à payer ces prélèvements sociaux.
Sources : (1) Rapport annuel - Évolutions et perspectives des retraites en France - Conseil d'orientation des retraites (COR) - juin 2026
(2) Départs à la retraite - Quatre secteurs à forts enjeux - Insee
(3) Recueil statistique du régime général – p10 - Données de l’Assurance Retraite publiée en décembre
(4) Population au 1er janvier - Données annuelles de 1990 à 2026 de l’Insee
(5) Tableau de l’économie française, Insee, publié en 2018
(6) Les retraités et les retraites – Édition 2025, Panoramas de la DREES
(7) L’espérance de vie sans incapacité à 65 ans est de 11,8 ans pour les femmes et de 10,5 ans pour les hommes en 2024 | Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques