Le Conseil d’orientation des retraites (COR) a alourdi sa prévision de déficit du système des retraites pour 2070, passant de 1,4 % à 2,4 % du PIB. Pour y faire face, les experts présentent une simulation avec un report de l’âge de départ à 67 ans et 6 mois
L’essentiel à retenir :
- Comme chaque année, le Conseil d’orientation des retraites (COR) dresse un bilan et des perspectives pour le système des retraites en France
- Dans son rapport 2026, il revoit à la hausse le déficit à long terme du système des retraites pour 2070, en raison, notamment, de nouvelles hypothèques démographiques (baisse de la natalité, vieillissement de la population...)
- Le Conseil d’orientation des retraites simule un scénario dans lequel l’ajustement, pour stabiliser les finances du système des retraites, reposerait uniquement sur l'augmentation de l’âge de départ, conduisant à un âge moyen de 67 ans et 6 mois à l’horizon 2070.
Quelle évolution pour le système des retraites ?
Le Conseil d’orientation des retraites (COR), instance indépendante, présentera, ce jeudi, son projet de rapport annuel sur l’évolution du système des retraites en France, sur la viabilité duquel il est chargé de veiller, et ses projections à l’horizon 2070.
260 pages qui doivent être validées par les membres de l’institution et dans lesquels, selon l'Agence France Presse et France Télévision(1), qui ont pu en avoir connaissance, les experts dressent un bilan et des perspectives pour les décennies à venir. Parmi celles-ci, la prévision de déficit du système des retraites que le COR a revu à la hausse : il atteindrait 2,4 % du PIB en 2070, au lieu des 1,4 % envisagés dans le rapport précédent.
La prévision de déficit à moyen terme (2030 et 2045) reste, quant à elle, stable, à 0,2 % et 0,9 % du PIB.
Un report progressif de l’âge de la retraite à 67 ans et 6 mois ?
Afin de faire face à cette hausse du déficit du système des retraites, le Cor imagine notamment un scénario avec un report progressif de l’âge de départ à la retraite : à 64,4 ans en 2030 puis 65,8 ans en 2045 pour atteindre 67,6 ans en 2070.
Dans son précédent rapport, en juin 2025, le Conseil d’orientation des retraites avait scénarisé un report de cet âge de départ à 66,5 ans en 2070.
Baisse de la natalité et vieillissement de la population
Les experts du Conseil d’orientation des retraites expliquent cette révision de leur prévision pour 2070 par :
- Les hypothèses démographiques, avec une poursuite de la baisse de la natalité et l’accentuation du vieillissement de la population française : en 2025, le taux de fécondité a atteint son niveau le plus bas depuis 1918, tombant à 1,56 enfant par femme. Pour tenir compte de cette évolution démographique, le COR a abaissé son hypothèse de taux de fécondité pour les prochaines décennies à 1,45 enfant par femme (contre 1,8 enfant par femme jusqu’à présent). Avec moins d’actifs pour plus de retraités, le financement du système des retraites par répartition sera forcément impacté.
- De nouvelles règles de revalorisation pour l’Agir-Arrco : les partenaires sociaux ont récemment défini de nouvelles règles « plus favorables » de revalorisation des retraites complémentaires Agirc-Arrco à partir de 2038 ce qui aura également des conséquences financières sur le système des retraites.
Le COR appelle à « rester prudent »
Le Conseil d’orientation des retraites appelle cependant, dans ce projet de rapport, à « rester prudent dans l’analyse de ces perspectives de long terme, les évolutions de la natalité au-delà de 20 ans demeurant difficile à anticiper de façon robuste ».
Et de préciser que s'il y a dégradation du solde en raison du vieillissement démographique, les chiffre "ne corroborent pas" pour autant "l'idée d'une progression des dépenses de retraites qui échapperaient à toute maîtrise"
Par ailleurs, le doublement de la prévision de solde migratoire (estimé à + 176 000 par l'Insee, selon un document de préparation publié par le COR en avril 2026(2), contre 70 000 par an dans l'ancienne hypothèse, ) et une augmentation moins rapide que prévue de l’espérance de vie pourrait contribuer à empêcher la dégradation du déficit à moyen terme.
Les autres scénarios du COR
Dans ce projet de rapport, le Conseil d'orientation des retraites précise également que d'autres moyens existent afin d'agir sur le rééquilibrage des comptes, en agissant sur les pensions ou le taux de prélèvement, notamment.