Retraite : face à une situation « préoccupante », faut-il limiter la hausse des pensions ?

Comment faire face à une situation du système des retraites jugée « préoccupante » d’ici 2045 ? Les experts du Comité de suivi des retraites (CSR) ont, début juillet, émis plusieurs recommandations. On vous explique.

Situation « préoccupante », voire « alarmante » : que dit le rapport du Comité de suivi des retraites ?

Remis le 9 juillet 2026, l’avis du Comité de suivi des retraites (CSR)(1) s’appuie sur le rapport annuel du Conseil d’orientation des retraites (COR) du 11 juin 2026(2). Un rapport dans lequel les hypothèses de projections démographiques et économiques d’ici 2070 ont été révisées avec, notamment, une natalité en baisse et un solde migratoire en forte hausse.

« Avec ces hypothèses démographiques et économiques, les dépenses de retraite en pourcentage du PIB seraient globalement stables entre 2025 et 2045, aux alentours de 14 % […], puis la part des dépenses de retraite serait sur une trajectoire croissante entre 2045 et 2070, pour atteindre 15,3 % du PIB en 2070 », reprend le CSR dans sa synthèse.

« La situation de notre système de retraite est préoccupante d’ici 2045 et alarmante à plus long terme », résument les experts qui estiment que « le partage anticipé des efforts entre les générations permettrait d’éviter des ajustements brutaux ». 

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Quelles sont les principales recommandations du Comité de suivi des retraites en 2026 ?

Sous-indexation de la revalorisation des pensions de retraite, montée en charge de la réforme des retraites de 2023, encadrement et renforcement du pilotage du système de retraite… Voilà les principales recommandations du Comité de suivi des retraites pour ramener le système à l’équilibre.

La montée en charge de la réforme de 2023

La première recommandation du CSR est la montée en charge de la réforme des retraites de 2023 à partir du 1er janvier 2028, date à laquelle la suspension temporaire actée par la Loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 prendra fin. Les experts considèrent en effet que cette réforme contribue non seulement à l’équilibre financier du système de retraite, mais aussi qu’elle a « des effets positifs pour l’économie dans son ensemble » grâce à « la hausse des taux d’emploi et de l’âge effectif de fin d’activité » qui en découlent. >> A lire aussi : Tout ce que vous devez savoir sur les réformes des retraites

La sous-indexation de la revalorisation des pensions de retraite

C’est une recommandation que le CSR avait déjà proposée en 2025 : la sous-indexation de la revalorisation des pensions de retraite, c’est-à-dire une hausse limitée à 2 points au moins au total entre 2027 et 2030 et donc plus faible que l’inflation.

Pour les experts, cette mesure permettrait de rétablir l’équilibre financier du système de retraite d’ici 2030 alors qu’aujourd’hui le déficit projeté par le Conseil d’orientation des retraites est de 6,8 milliards d’euros en 2030.

« L’effet récessif d’une telle mesure existe, note le CSR, mais reste limité dans un contexte de forte épargne de retraités ». Et d’appeler « à donner de la visibilité » afin de permettre aux retraités « d’ajuster leurs comportements d’épargne » et aux actifs « d’adapter leurs choix de départ à la retraite ».

En revanche, les experts estiment qu’au-delà de 2030, à l’horizon 2040, « la sous-indexation des pensions ne pourra pas à elle seule assurer l’équilibre du système des retraites ».

Les cotisations, un levier à manier avec « la plus extrême prudence »

Concernant une éventuelle hausse des cotisations vieillesse, le CSR estime qu’il s’agit d’un levier à manier avec « la plus extrême prudence » pour trois raisons principales :

  • Dans son rapport, le COR montre qu’au niveau macroéconomique, une hausse des cotisations aurait un impact plus négatif qu’une modération des pensions de retraite
  • Le décret du 20 juin 2014, dans lequel sont définies les missions du CSR, fixe un plafond pour les cotisations à 28 % qui a déjà été atteint.
  • Les cotisations vieillesse en France sont parmi les plus élevées de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économique) et leur hausse pourrait avoir un effet négatif sur l’économie et l’emploi.
     

Un encadrement du pilotage du système de retraite

L’encadrement et le renforcement du pilotage du système de retraite est donc une autre des recommandations du CSR. Celui-ci propose un ensemble de définir plusieurs règles en ce sens :

  • Une « règle d’or » qui imposerait « le respect de l’équilibre financier imposant le respect de l’équilibre financier assortie d’un coefficient de soutenabilité » ouvrant jouer sur le niveau des pensions liquidées, le taux de liquidation des nouvelles pensions, voire aussi sur l’âge ou la durée d’assurance.
  • Une trajectoire de référence de la hausse de l’âge de cessation d’activité votée par le Parlement
  • La mise en place d’un comité d’alerte dont la mission serait de vérifier, chaque année, le respect de la règle d’or et de la trajectoire de référence avec le déclenchement, en cas d’alerte, des mécanismes correcteurs automatiques.
     

Un renforcement du dialogue social

Le CSR recommandent également, dans les entreprises et les branches professionnelles, de renforcer le dialogue social sur différents sujets :

  • L’augmentation de l’âge de départ à la retraite
  • La transition emploi-retraite
  • La santé et les conditions de travail
  • Les pratiques managériales
  • Le maintien dans l’emploi pour les seniors
  • La prévention de l’usure au travail
  • La pénibilité
     

Sources : (1) Comité de suivi des retraite (CSR) – Avis 2026
(2) Rapport annuel du Conseil d’orientation des retraites - Évolutions et perspectives des retraites en France - Juin 2026