Fin de l’abattement fiscal des retraités ? Voilà ce que propose un nouveau rapport

Un récent rapport de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE)(1) recommande d’aligner les contributions sociales des retraités sur celles des actifs et de supprimer leur abattement fiscal de 10%.

Pourquoi l’OCDE a-t-elle publié un rapport sur la France ?

Qu'est-ce que l'OCDE ? 

L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) est une institution internationale créée en 1961. Sa mission est de promouvoir des politiques publiques qui favorisent la prospérité, l’égalité des chances et le bien-être.

L’OCDE compte aujourd’hui 38 États membres(2), qui ont en commun d’être des démocraties et des économies de marché. L’Organisation est souvent présentée comme « le club des pays développés ». Son siège est situé au château de la Muette, dans le 16ème arrondissement de Paris.

Redresser les finances publiques : la priorité de la France

L’OCDE publie entre 300 et 500 rapports par an. Elle réalise une étude économique pour chacun de ses États membres, tous les deux ou trois ans. Le rapport de l’OCDE rendu public le 30 juin 2026 est ainsi consacré à la France.

En 159 pages, le document dresse un état des lieux de la situation économique de l’Hexagone. Avec un déficit budgétaire représentant plus de 5% du produit intérieur brut (PIB) et un ratio de dette publique à 115,5% du PIB, redresser les finances publiques doit constituer la priorité du pays, estime l’OCDE. L’institution propose plusieurs pistes.

Taux d'imposition et taxation des retraités : quelles sont les propositions de l’OCDE sur les retraites en France ?

L’Organisation souligne que les dépenses de retraite représentent à elles seules 14% du PIB français. Pour l’OCDE, elles constituent donc un important gisement potentiel d’économies. L’institution estime également que les retraités français pourraient être davantage imposés, ce qui apporterait des recettes supplémentaires à l’État.

Impôt sur le revenu des retraités : suppression de l’abattement de 10% sur les pensions

Au même titre que les actifs sur leurs revenus professionnels, les retraités bénéficient d’un abattement automatique de 10 % sur leurs pensions (de base et complémentaires) pour le calcul de leur impôt sur le revenu. Cet avantage fiscal représente un manque à gagner de 4,5 milliards d’euros par an à l’État, selon un rapport de la Cour des comptes publié en avril 2024(3).

Or, alors que l'abattement de 10 % applicable aux revenus d'activité est historiquement lié à la prise en compte forfaitaire des frais professionnels (frais de déplacement du domicile au lieu de travail, frais de restauration...), l’OCDE estime que le maintien d'un abattement spécifique sur les pensions de retraite n'est pas justifié. En outre, sa suppression permettrait, selon l'organisation, « une répartition plus juste des coûts liés au vieillissement démographique » et améliorerait « l’équité intergénérationnelle ».

L’alignement de la CSG des retraités sur celle des actifs

En fonction de leur revenu fiscal de référence (RFR) et de leur lieu de résidence, les retraités sont soumis à un taux de contribution sociale généralisée (CSG) de 0% (taux nul), de 3,8% (taux réduit), de 6,6% (taux médian) ou de 8,3% (taux plein). Les actifs sont, eux, assujettis à une CSG à 9,2%. Pour dégager des économies et également instaurer davantage de justice fiscale, l’OCDE propose d’aligner le taux de CSG des retraités sur celui des travailleurs.

L’arrêt de la suspension de la réforme des retraites

La loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) pour 2026 a mis en place un gel temporaire de la réforme des retraites de 2023, qui augmente notamment l’âge légal (l’âge minimum de départ) de 62 à 64 ans et accélère l’allongement de la durée d’assurance (le nombre de trimestres requis pour percevoir une retraite sans décote) à 172 trimestres (43 ans).

L’âge légal à 64 ans entrera désormais en vigueur à compter des générations nées en 1969 (au lieu de 1968) et les 43 ans de cotisation seront appliqués à partir de la génération née en 1966 (au lieu de 1965). L’OCDE propose de mettre fin à la suspension de la réforme des retraites et de rétablir les paramètres votés en 2023.

L’indexation de l’âge légal sur l’espérance de vie

Face au vieillissement de la population, l’OCDE estime que la France devra relever l’âge légal de départ à la retraite. L’Organisation préconise d’indexer cet âge minimum sur l’espérance de vie, comme l’ont déjà fait neuf pays européens (Suède, Danemark, Italie, Pays-Bas, Portugal, Slovaquie, Finlande, Estonie et Grèce). L’âge légal augmenterait ainsi automatiquement au fur et à mesure des gains d’espérance de vie, ce qui permettrait d’équilibrer le système français des retraites.

Sources : (1) Études économiques de l’OCDE : France 2026 - Juin 2026
(2) Allemagne, Australie, Autriche, Belgique, Canada, Chili, Colombie, Corée, Costa Rica, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Irlande, Islande, Israël, Italie, Japon, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Mexique, Norvège, Nouvelle-Zélande, Pays-Bas, Pologne, Portugal, Royaume-Uni, République slovaque, République tchèque, Slovénie, Suède, Suisse, Turquie, États-Unis.
(3) Analyse de l'exécution budgétaire - Dépenses fiscales - Cour des comptes - Avril 2024

Questions fréquentes sur l'abattement fiscal des retraités