Retraite : vers un allongement de la durée de cotisation ? Ce que propose un nouveau rapport

Alors que le débat politique porte régulièrement sur l’âge légal de départ à la retraite (l’âge minimum autorisé pour partir à la retraite), le Haut-Commissariat à la Stratégie et au Plan (HCSP) formule, dans un rapport dévoilé le 10 septembre 2026(1), une autre proposition : l’augmentation du nombre d’années qu’il faudrait avoir cotisé pour une retraite à taux plein.

Qu'est-ce que le HCSP ?

Créé en 2025 à la suite de la fusion du Haut-Commissariat au Plan et de France Stratégie, le HCSP est un service d’études prospectives directement placé sous la tutelle du Premier ministre.

Son rapport ne constitue pas une réforme et sa proposition n’est donc pas, à ce stade, une nouvelle règle applicable aux futurs retraités.

Jusqu’à 46 ans de cotisation ?

L’âge légal et la durée de cotisation sont deux notions différentes. Atteindre l’âge minimum permettant de liquider ses droits à la retraite ne signifie pas nécessairement pouvoir bénéficier d’une pension à taux plein.

La proposition du HCSP consiste ainsi à faire travailler les actifs plus longtemps en augmentant leur durée de cotisation, plutôt qu’en agissant sur l’âge légal.

Actuellement comprise entre 42 ans (168 trimestres) et 43 ans (172 trimestres) selon la date de naissance de l’assuré, la durée de cotisation nécessaire pour bénéficier d’une retraite à taux plein pourrait ainsi progressivement atteindre 45 ans, voire 46 ans.

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Quelles conséquences et pour qui ?

La durée de cotisation correspond au nombre de trimestres nécessaires pour percevoir sa retraite sans décote. Il existe un âge d’annulation automatique de la décote, fixé aujourd’hui à 67 ans. Cela veut dire qu'à partir de cet âge, il est possible de partir à la retraite à taux plein, quel que soit le nombre de trimestres validés.

Lorsqu’un assuré part à la retraite sans disposer du nombre de trimestres requis, sa retraite de base subit une décote. Celle-ci s’élève à 1,25% par trimestre manquant. Elle est plafonnée à 20 trimestres, soit une décote maximum de 25%. Si la durée de cotisation n’est pas respectée, un coefficient de minoration peut également s’appliquer sur la retraite complémentaire.

Une durée de cotisation portée à 45 ou 46 ans entraînerait donc des conséquences très différentes selon l’âge d’entrée dans la vie professionnelle et le déroulement de la carrière. Les personnes ayant commencé à travailler tôt pourraient atteindre plus rapidement la durée requise, tandis que celles entrées plus tardivement sur le marché du travail devraient poursuivre leur activité plus longtemps pour réunir tous leurs trimestres.

La durée de cotisation déjà progressivement allongée

L’idée d’augmenter le nombre d’années nécessaires pour obtenir une retraite à taux plein n’est pas nouvelle. La réforme des retraites de 2014 a déjà porté progressivement cette durée à 43 ans pour les générations nées à compter de 1973.

La réforme des retraites de 2023 a accéléré ce calendrier en prévoyant 43 années de cotisation dès la génération 1965. Après la suspension de certaines dispositions de cette réforme instaurée par le la loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) pour 2026 et entrée en vigueur le 1er septembre, l'allongement de la durée d'assurance a été temporairement mis en pause jusqu'au 31 décembre 2027.

Questions fréquentes sur l'allongement de la durée de cotisation 

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